‹ Recueillements poétiquesChapitre 71 sur 126 · LES PAVOTS · texte numérisé non relu

LES PAVOTS

ijORSQUE vient le soir de la vie, Le printemps attriste le cœur ; JDe sa corbeille épanouie s'exhale un parfum moqueur.

De toutes ces tleurs qu'il étale, Dont l'amour ouvre le pétale.

Dont les prés éblouissent l'œil, Hélas! il suffit que l'on cueille De quoi parfumer d'une feuille L'oreiller du lit d'un cercueil.

Cueillez-moi ce pavot sauvage Qui croît à l'ombre de ces blés :

On dit qu'il en coule un breuvage Qui ferm.e les yeux accablés.

J'ai trop veillé; mon âme est lasse De ces rêves qu'un rêve chasse.

Que me veux-tu, printemps vermeil Loin de moi ces lis et ces roses!

Que faut-il aux paupières closes:

La fleur qui garde le sommeil!

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