‹ Recueillements poétiquesChapitre 96 sur 126 · MÉLODIE · texte numérisé non relu

MÉLODIE

JETTE fleur est pour moi la date d'une année Que le fleuve du temps a noyée en son cours; I Vingt fois la même fleur s'est rouverte et fanée Depuis... Mais celle-là me fait rêver toujours.

C'était un de ces jours que jamais on n'oublie, Jour de bonheur suprême, hélas! sans lendemain. Celle que j'adorais, et qui l'avait cueillie, Quand le soir fut venu l'etfeuilla dans ma main.

« Le soleil est couché, mais gardons, me dit-elle. Quelque chose du moins du jour évanoui. L'heure qui vit s'ouvrir cette fleur sous son aile Est la même qui vit mon cœur épanoui.

« Nous ne pouvons, hélas 1 enchaîner à la rive Un seul des flots du temps , qu'il soit amer ou doux ; Mais nous pouvons semer sur l'onde fugitive Nos débris de bonheur en mémoire de nous! n

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