SCÈNE IL MAURICE, MATTÉUS
MAURICE, entrant gaiement.
Bonjour, docteur! (ii tousse.) Ahl seigneur Dieu, quelle cuisine infernale faites-vous donc ce soir, vieux père?
byGoogk
tS RÉDEMPTION.
U A T T É U s , après aroir fermé la porta.
N'est-ce pas, cela sent mauvais?... (iini.) Mais j'ai ouvert la fenêtre... (u lui prend le bras.) Je suis enchanté de te voir ce soir^ mon fils... Mon affection pour toi, la seule que j'aie jamais connue, se développe chaque jour davantage. Oui, vraiment, je t'aime, non pas parce que tu m'as sauvé la vie l'an passé en me retirant du Danube, car tu n'as fait qu'obéir à ton instinct..., mais parce que ta franche et verte nature me plaît, parce que tu me maltraites, et que ta conversation incisive est salutaire à ma vieillesse; elle me préserve de la torpeur... Et toi, méchant enfant, m'aimes-tu un
peu, voyons? (n Ta à sa table.)
MAURICE
Moi? Vous m'intéressez, voilà tout! J'aime à voir trotter devant moi ce fantôme d'alchimiste que j'ai eu le bonheur de découvrir en plein dix-neuvième siècle. Je t'aime enfin, Mattéus, parce que tu es pittoresque... Du reste, je te méprise profondément..., tu sais... (Mattëas sourit.) Eucoro quelque poison qui cuit là, je parie!
MATTÉUS.
Que veux-tu , mon ami ? Il faut bien se distraire. Je sors peu maintenant... je ne fais plus de médecine... J'ai dû me créer quelques amusements dans mon intérieur, (u s'assied dans son fauteuil.)
Quelques amusements, vieux criminel I... (n s'assied sur rescabeau.) Ah çà! Mattéus, explique-moi donc une bonne fois le mystère de ta hideuse organisation !
MATTÉUS.
Mon ami, tu me plaisantes d'une manière un peu vive, mais charmante d'ailleurs. Continue...
MAURICE
Bh bien! voyons. Tu avais reçu de grands dons! pourquoi n'en as-tu jamais fait usage qu'au profit de ton infâme égoïsme? Tu es un savant médecin, et jamais tu n'as soulagé gratuitement une soufiFrance. Tu as amassé des monceaux d'or, et jamais une obole n'a passé de ta main dans celle d'un pauvre... Tu es plein de jours et d'expérience, et jamais un bon conseil n'est sorti de tes lèvres... Tu es un grand chimiste, enfin, et tu n'appliques ta