‹ Rédemption du genre humainChapitre 1 sur 17 · DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

DU TRADUCTEUR

Suivant la poétique expression d'un des plus beaux génies de l'époque,

L'homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux.

Unanimes à cet égard, les traditions, les croyances et les pratiques religieuses des deux hémisphères , confirment ce magnifique témoignage rendu à la dignité originelle de notre nature, ainsi qu'à la grandeur du but auquel doivent tendre nos efforts.

Chrétiens, l'histoire de notre religion nous présente à chaque page, et l'idée d'une chute première , et celle du moyen de salut : chez les ido-

* On a fondu dans ce discours Tarant-propos de l'auteur.

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lâtres même se reproduisent, sinon avec autant de clarté, du moins d'une manière reconnaissable, le souvenir de l'innocence et du bonheur primitifs, et le besoin d'une régénération.

§ I. — Christianisme.

L'existence de Dieu est une vérité de sentiment et d'intuition : le spectacle que la nature étale à nos regards, la nécessité d'un premier principe qui serve de base aux raisonnemens du sage, le consentement unanime de tous les peuples, l'absurdité palpable de l'athéisme, nous dispensent de preuves ultérieures. Mais s'il est vrai qu'il existe un Créateur, il doit exister aussi une ^religion véritable, empreinte d'un divin caractère, conforme à la saine raison, sublime dans sa morale, pure dans sa doctrine. Nés dans le christianisme, il devient naturellement le premier objet de notre examen : s'il présente tous les signes de vérité , apanage exclusif de la vraie religion, il demeure nécessairement la règle de notre croyance, et, par une conséquence inévitable, nous ajoutons foi à l'incarnation du Sauveur, qui en est le mystère fondamental.

Or, en discutant le christianisme relativement à son caractère divin , quels yeux peuvent se refuser à le reconnaître? Le Béni de tous les siècles, annoncé par tant de prophéties, manifestant sa

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divinité par des miracles, établissant sa doctrine malgré les persécutions, la répandant de peuple en peuple, voilà ce que le christianisme offre à l'homme: n'est-ce là que le fait d'un mortel, ou le résultat d'un aveugle hasard? — A moins de renverser toute certitude historique, il faut admettre celle des livres saints, remplis de prédictions sur le Messie : Jacob y bénit le Sauveur du monde, il marque la race de laquelle il prendra naissance dans le temps; Isaïe, Michée, Daniel, fixent l'époque où paraîtra la céleste victime, exposant les détails de sa vie et de sa mort. L'histoire juive constate l'authenticité des Ecritures; le Christ naquit au temps précis qu'elles avaient déterminé , il accomplit toutes les circonstances qu'elles rapportent à son sujet; donc il est le vrai Désiré des nations. — A moins de fermer l'œil aux lumières du simple bon sens , il faut confesser que Dieu seul peut déroger à l'ordre de la nature : mais n'est-ce pas en enfreindre les lois que de guérir soudain les maladies les plus désespérées , de ressusciter les morts, de commander en maître aux élémens, de chasser les esprits impurs, de briser le sceptre du démon? Donc le Christ est la suprême Divinité. — A moins de nier la fragilité humaine, il faut convenir qu'une constance héroïque dans la pratique du bien ne saurait être inspirée à l'homme que par l'auteur de toute perfection : or, en présence des implacables ennemis

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que soulève une religion faite pour mortifier la chair, pour dompter les passions, opposée en tous points au paganisme, le sang des chrétiens martyrs est une semence féconde de chrétiens nouveaux; rien ne rebute le zèle des fidèles; aucun supplice ne peut éteindre leur foi ni détruire l'Église: donc son origine est céleste. — Enfin, douze pécheurs, qui toute leur vie s'étaienUsoutenus du travail de leurs mains, sans pouvoir, sans richesses, sans aucune connaissance des lettres, deviennent tout-à-coup les apôtres d'une religion nouvelle, parcourent les empires, y annoncent un dieu crucifié pour le saîut des hommes, et gagnent de proche en proche à l'Évangile tous les peuples de la terre : isolés d'un appui surnaturel , auraient-ils obtenu un si éclatant succès? Donc, Dieu lui-même, aplanissant les obstacles, a fondé le christianisme.

Empreint d'un divin caractère , il se trouve aussi d'accord avec la saine raison. L'Être infiniment grand est offensé par sa créature; par conséquent, l'offense est infinie, et une victime d'un mérite infini devient nécessaire pour la réparer, pour garantir l'homme du juste châtiment réservé à son crime. Plein d'amour pour nous, Dieu revêt l'humanité et consomme l'auguste sacrifice de notre délivrance: comme par esprit, étranger à la mort, il s'en rend tributaire par l'organisation matérielle qu'il ne dédaigne pas d'emprunter; à

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