‹ RedemptionChapitre 12 sur 54 · SCÈNE \I · texte numérisé non relu

SCÈNE \I

MAURICE. GOTHLEUBEN; il regarde s-il est bien seul a^ec Maurice.

Asseyez-vous, monsieur Gothleuben, et excusez-moi si je vous ai traité un peu rudement tout à l'heure; mais je suis souffrant, agité, et d'ailleurs une conférence mystérieuse entre nous, dans

les circonstances où nous sommes, me paraissait peu convenable.

GOTHLEUBEN.

Monsieur, n'ayant rien que de très-honorable à vous dir?, j'avais pensé...

M A U R I C E , debout et fumant.

Sans doute: mais les apparences!... Au reste, ici, il n'y a plus d'air de mystère. Tous pouvez parler...

GOTHLEUBEN, il s'assied, à droite.

Monsieur, le plus pesant fardeau qu'un homme puisse avoir à

supporter en C3 monde est celui d'un3 conscience délicate et scrupuleuse...

MAURICE

Je souscris à cet axioma, monsiLMir Gollileuben. Ensuite?

GOTIILEUBEN. '

Vous n'ignorez pas, monsieur, que les sentiments de feu Son Altesse à l'égard de la branche de sa famille dont vous êtes le représentant...

MAURICE

N'étiiie:it pas favorables, je le sais.

GOTIILEUBEN.

C'est pourquoi, en supposant que Son Altesse eût cru devoir formuler des dispositions testamentaires, ces dispositions, suivant toute vraisemblance, auraient pour objet de contrarier le cours légal des choses, et de vous déshériter de votre part légitime. N'est-ce pas votre opinion, monsieur?

MAURICE

Oui, c'est mon opinion. Après?

GOTHLEUBEX.

Pour vous initier, monsieur, à toutes les angoisses de mon esprit, il est nécessaire de vous toucher deux mots de la confiance vraiment extraordinaire dont m'honorait Son Altesse. Gothleuben, me disait-elle souvent, il ne me suffit pas que vous me compreniez, devinez-moi! Il ne me suffît pcs que vous exécutiez mes intentions, prévenez-les, interprétez-les!

MAURICE, attentif.

Ah!... ( Il pose sa pipe sur la table et s'assieJ à gauclie. j GOTIILEUBEN.

Or, monsieur, quand j'arrivai ici il y a trois jours, il fut aussitôt évident pour moi comme pour tous que Son Altesse recevait vos soins avec une prédilection marquée qui témoignait d'unretour complet d'affection vers vous. Dans la nuit même de mon arrivée, j'étais | enché sur son chevet et vous dormiez près de là dans un fauteuil. Son Altesse vous désigna de l'œil, sa langue glacée balbutia vainement quelques sons confus; mais son regard,

IMIOLOGUE. <3

attaché profondément sur le mien, me dit et me répéta avec une elFrayantc éloquence : Gullileuben, do\ii;ez-moi , devinez-moi! ( u

sa lire. )

MAURICE, le regan'ant flxco-.ont et baissant la roix , ec itre.

Et que prétendez-vous faire?

GOTIILEUDEN, apiis ut.e h'girc vause.

Lui obéir!

C'est-à-dire supprimer le testament qui me déshérite! ( oothieu-

ben lo rcgarae sans répondre. ) Brcf, pOUT parler HCt, VOUS m'offieZ qUatrC

millions de florins! Combien en demandez- vous?

G G T II L E u B E N , graTcment.

Monsieur, je ne demande rien !

MAURICE

Ah ! on etCUllO ici ! ( u desci-ni à lextiôme gauche et reTient s'a[ipuyer sur le fau*euil en regardant fixement Go'hleuben.. A VOZ - VOUS dcS CnfaU^S , mOH-

sieur Golhleuben ?

GOTIILEUBEN, inquiet et hésitant.

Oui, monsieur.

MAURICE, tenant sa pipe d'ur.e main, prend de l'autre une bougie, et regardant Gothleuben en face.

Vous l'avez sur vous, ce testament ?

GOTHLEUBEN, il le tire à demi de sa poche; ils se regardent encore. UUl , monsieur. ( Lo comte Jean eatre brusquement. Maurice allume sa pipe à la bougie. Gothleuben salue le comte. )

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