SCENE PREMIERE
MAuRlCili, appuyé contre le pilier d'une arcade, régir. îe les mendiants groupi's sur les o.egrcs de la chapelle. Ji A D 11/ L L l ^ H , voilée, ariive à gauche, fait qutijues pas vers le portail, et vedecend la sctce en regardant autour d'elle avec inquiétude.
MAURICE
Vous semblez, mad'imo, chercher quelqu'un? Ne puis-je vous èlro utile?
MADELEINE, sèihement.
Non, monsieur, je vous remercie. (eIIb jette un coup d'œll curieux dans l'intérieur de la chapelle, pui?, revenant vers Maurice qui l'observe:) icirclon,
monsieur, on m'avait assuré qu'à celte heure je pourrais parler à },I. le comte de Gkiibach... je veux dire au respectable prieur de ce couvent, le père Ale.xis, je crois, qui s'appelait dans 1.^ monde le comte de Glaibach. . Je n'ai rencontré personne à l'entrée de cette cour; je ne sais à qui m'adresser.
MAURICE
Madame, vous trouverez le prieur dans la chapeKe, ou si vous l'aimez mieux, vous pouvez l'attendre ici, comme je l'attends moimômo. Il a coutume de traverser celto cour pour rentrer dans le cloître après l'office du soir.
MADELEINE, après un peu dht^itation.
Je VOUS suis obligée, monsieur, je vais attendre. (Ei!e s'assoit sur
le banc et s'enTcloppo dans sa mante.)
MAURICE, après une pause.
Mon Dieu! madame, vous allez me trouver bien indiscret... Veuillez vous en prendre à l'obscurité plutôt qu'à mon naturel... Oserai-je vous demander...?
MADELEINE, l'inlerroroiant.
Permettez, monsieur; ce ne n'est pas un métier lionnète que de se yjlanter h la porte des églis::s pour faire la cour aux dames. Ces galanteries de sacristain ont quelque chose de ridicule, sinon d'odieux. Je vous dis tout de suite ma maniè.^e de voir pour vous épargner des frais d'esprit qui, si peu qu'ils doivent vous coûter, vous rapporteraient moins encore !
MAURICE
Madame, vous vous méprenez, et souffrez que je vous le dise, avant de se mettre sur une si rude défense, une femme devrait b-en s'assurer qu'on l'attaque; autrement elle risque de montrer plus de pruderie que de vertu et de mortifier injustement un galant homme. Excusez, madame, ma sincérité. (ji la saïue.)
MADELEINE
C'est à moi de m'excuser si j'ai eu tort. Vous alliez m'adresser une question, une demande, quoi?
MAURICE
Madame, mon intention était d'offrir au révérend prieur deux souverains pour ses pauvres, et je voulais simplement vous prier de les lui remettre de ma part.
Moi! Pourquoi? me connaissez-vous?
MAURICE, souriant.
Non, madame, et j'ajoute que je serais très-fâché de vous connaître.
MADELEINE
Comment? pourquoi?
Madame, parce que je sais tout le respect qu'on doit dans le