‹ Reflets d'antan [microforme]Chapitre 11 sur 33 · C-rnime le pur encens .l'une fleur printani*r · texte numérisé non relu

C-rnime le pur encens .l'une fleur printani*r

Ver, « beau ciel mmveau d'ci pleuvait la lumiè™

Tu «„ K.„ , Cartier- que c-e« le doi,. de Di^ '

«u., malgnS le< p<Wl,. t'a conduit vem « lieu!

A' nrts du commandant, rtuni. «ur la pcn,,^,

L rcs en/a,a. de, bois f,^ent un joyeux groupe

Leur exU est fini. Bientôt, ««a. I« fortts

Ils vont aller ensemble oublier leurs rcRrets.

Ils i-ntendent des vWx qui montent de la rive Vo,x qui chamiaient jadis leur oreille attenUvë Vous ,«ne. dans leur âme un plaisir inconnu '

C est le style miagé. c'est le naïf lanKage Q^ ont de leurs parent, appris dés le jeune âge Jamais ds n'ont trouvé tant de channes aux b«V Jamais tant de Ix^Acr^e leur vint . la fois

KBFLBTS d'anTAN

»tl

Des guerriers, tout à coup, on voit la sombre foule

Descendre sur les bords. C'est comme un flot qui roule,

Comme un vent qui gémit dans la cime des pins.

De diverses couleurs les visages sont peints.

Les membres sont couverts d'étranges tatouages.

Et les fronts, surmontés de plumes, de feuillages.

Le chef est à leur tête. Ils portent cent canots,

Qu'ils viennent tour à tour déposer sur les flots.

En e;. irant la vague, alors, chaque nacelle

Fait jaillir une écume où le ciel étincelle.

Sortant de leurs wigwams, les femmes, les enfants,

Pour les pâles guerriers apportent des présents.

Les regards sont moins durs, les paroles, plus gaies,

Et la flotte s'éloigne au rythme des pagaies.

Le rapide canot qui porte le grand chef

Laisse derrière lui, tour à tour, chaque nef.

Et se rend le premier près de la Grande Hermine.

Cartier vient au-devant de ce chef qui domine.

Comme un fier potentat, un bourg qui semble heureux.

Il reçoit, tout ému, ses présents généreiuc,

Et lui donne en retour maintes choses de France.

Alors le vaillant chef, d'un ton plein d'assurance.

Lui parie longuement, dans un pompeux discours.

De sa grande bourgade et de ses alentours.

LA DÉCOUVERTE DU CANADA

Il l'invite à chasser au giboyeux rivage; A bâtir un wigwam, comme le fier sauvage Dont nul joug odieux ne fait courber le front Or, pendant qu'il parlait, un sUence profond Comme le calme plat qui précède l'orage Régnait sur le navire, et jusque sur la plage Mais quand Donnacona descendit du vaisseau Quand les canots légers s'éla.icèrent sur l'eau Une immense clameur, que rien n'aurait fait taire Fit retentir longtemps la forêt solitaire.

Pour la première fois Cartier foule ces bords Où d'antiques forêts déroulent leurs décore- Mais il vient en apôtre. Aux portes du village. Le Chef le fait asseoir sur un banc de feuillage Et lui présente, ému, le calumet de paix :

- «Que l'amitié, dit-il, enchaîne pour jamais L'homme libre des bois et le Visage-Pâle.»

Cartier lui tend alors une main amicale:

- «Grand Chef, je vais, dit-il, élever sous les bois. En signe d'alliance, une divine croix.»

Donnacona joyeux, voulut aider, lui-même, A dresser sur le roc le glorieux emblème.

KBrLBTS D'aNTAN

, fl ■:■!

De ce monde rempli de désolation, Le Fils de l'Étemel prenait possession.

Le signe du salut brillait sur ce rivage, La charité brisait les fers de l'esclavage.

Cartier n'est point, hélas! délivré de tout soin. Au bord du même fleuve il s'élève, plus loin. Un autre grand hameau qu'il désire connaître. Ce hameau, l'Indien lui dit qu'il l'a vu naître. Il est dans un pays aussi beau que fécond, Sur la rive d'une île, au pied d'un joli mont. De ce bourg populeux le grand fleuve n'approche Qu'en jetant son écume aux barrières de roche.

Cartier aurait voulu, qu'en ce pays nouveau, L'un de ces Indiens eut conduit son vaisseau. Mais brûlant de fouler d'un pied libre la terre, Suivis de Naia, dans une nef légère, Vers leur hameau lointain, leur hameau tant aimé. Ils s'en allaient tous deux sur le fleuve calmé.

Donnacona songeait. Or, il venait d'apprendre Que vers Hochelaga Cartier voulait se rendre. Il était attristé; ce dessein le troublait. Jaloux de sa puissance, alors il lui semblait

LA DâcOUVERTB DU CANADA

Voir l'étranger s'unir à des tribus rivales.

Ces ententes, peut-être, un jour seraient fatales

Aux guerriers réunis près de Stadaconé.

Il se dirigea donc, par ces soins dominé,

A l'heure où l'oiseau dort la tête sous son aile.

Et semblant déborder d 'amitié fraternelle,

Vers Cartier qu'entouraient ses vaillants matelots

Il Im baisa les bras, puis prononça ces mots:

- «Tu veux, ô vaillant Chef des pays de l'aurore, Laisser notre bourgade et remonter encore Le fleuve impétueux qui baigne nos forêts. Ce fleuve est traversé par des écueils secrets. Où tes bateaux pesants se briseront sans doute. L'Indien ne pourrait en indiquer la route. La bourgade où tu vas est loin, bien loin d'ici. Le guerrier qui l'habite est traître, et fourbe aussi.

«Abandonne, grand Chef, ce dessein condamnable. Si ce puissant motif te trouve inébranlable. Le Manitou m'a dit, - je ne te le tairai pas - Que tu devais trouver un horrible trépas, Panni les flots de neige et les monceaux de glace Qu'en ces endroits lointains un noir Esprit entasse

RB»LET8 d'anTAN

Afin d'ensevelir l'intrépide guerrier.

J'ai dit. Du Manitou respecte le courrier.»

Le grand Chef, satisfait, descendit du navire. Cartier l'accompagna. Son geste et son sourire Semblaient le remercier de son prudent conseil. Mais, le matin suivant, au lever du soleil. Deux vaisseaux s'avançaient dans la belle rivière Qui serpentait au nord de la bourgade altière. Un autre remontait, sous ses blancs pavillons! Le fleuve où le soleil baignait ses chauds rayons.

HOCHBLAGA

Quel rire entendons-nous au fond du noir abtme ? Satan aurait-U donc inventé quelque crime ? Un juste est-il tombé ? L'impitoyable mort A-t-elle d'un pécheur fixé le triste sort ?...

J^D*COUVBRTE DU CANADA

Sur un trône élevé qu'entomwt ses ministres Démons aux yeux de flamme, aux sourires sinistres Luafer tient conseil. Contre le roi du ciel Il décoche, jaloux, des traits remplis de fiel Son esprit infernal ne reste pas inerte: Il a l'espoir encor de consommer ta perte Hardi navigateur qu'au lointain Canada ' Malgré mille dangers. l'Ange de Dieu guida.

- «Nobles amis, dit-il. n'êtes-vous plus les mêmes > Q"e le ael et la terre entendent vos blasphèmes! Etes-vous sans cuurage en face des revers ? Wvou., peur de Dieu? N'êtes-vous plus pervers > Le protégé du ciel a traversé les ondes Il veut changer nos bois en des plaines fécondes. Satisfait, l'Ennemi festoie au fond des deux Et ses adulateurs l'appellent glorieux.

«Mais tout n'est pas fim. Courage, amis, couragel Cartier a malgré nous abordé cette plage Qu'ils y restent toujours, lui, ses marins lussi! Qu elle soit leur sépulcre! Et nous verrons ainsi Ou seront les plus forts et qui se fera gloire D avoir su remporter la dernière victoire ?

IM

MPurrs d'antan

«Voici qu'approche enfin U saison des frimas.

L'hiver, si riguumu dans nos lointains climats,

Va. pendant bien longtemps, sous U neige entassée.

Ensevelir le fleuve et la terre glacée ;

Les serviteurs de Dieu voudront partir en vain;

Ils ne retrouveront, pour s'enfuir, nul chemin. '

Leurs barques, sans agrès, restc-.-ont sur la grève.

Alors, ô mes amis, point de paix! point de trêve!

Soyons actifs, rusés; soyons audacieux.

Glorifions l'enfer! Humilions les deux!

«Éveillons du sauvage et U haine et l'envie. Craignant d'être captif sur sa terre asservie, Qu'il attache au bûcher les pieux matelots. Ou leur perce le cœur de ses longs javelots! Qu'avec les froids hivers d'étranges maladies Achèvent d'épuiser leurs âmes engourdies. Et qu'ils succombent tous au fond des vastes bois. Regrettant leur pays, maudissant leurs exploui, '.

Ainsi parla Satan. Les démons applaudirent. Or. parmi les damnés, plusieurs les entendirent. Ces insolents discours de leur orgueilleux roi. Ils n'applaudirent pas, mais frémirent d'effroi.

LA DtC0UV«RT» DU CANAt

Un vent s'eat élev< qui souffle de l'aurore. Aux rayon» du couchant un nuage se dore Comme un flocon de laine il roule mollement Et sème de lambeaux l'azur du firmament L'oiseau, las des clartés, s'envole à son nid sombre Et sur le fleuve clair flottent des taches d'ombre.

On voit vetiir, là.b<»s, un éldRant bateau

Qui rase, en se berçant, le pied d'un vert coteau

Pour le conduire brille une étoile bénie.

Sa course sur les mers sera bienrOt finie.

Les arbres, balancés comme par un doux vent

Ont mchné vers lui leur feuillage mouvant MiUe petits oiseaux à l'éclatant plumage. Ont, pour le saluer repris leur gai ramage. Emus, les Indiens, dans leurs frêles canots. Pour le voir de plus près ont défié s flots. Vogue, bateau sacré!.,.

Tour à tour il approche D un large banc de sable et d'un écueil de roche Où les flots vont se tordre et rejaillir poudreux. Il entend les échos des rivages ombreux. Où chaque vert rameau se courbe ou se déploie Comme un bras arrondi qu'enveloppe la soie '

RiruTs d'antan

Ou comme le« «rains d'or d'un collier <<grené Sur un tertre qu'au loin ré-able a couronné. "

A la orne d'un cap, à l'ombre des platane,, U voit des Indiens les nombreuses cabanes.

Ce vais.seau qui voguait sur le fleuve surpris Effleurant tour à tour deux rivages fleuris. ' C était VÊmerillon. Des chants, mélancoliques Comme le bruit du soir dans les forêts antiques, ^ pont couvert de monde au ciel d'azur montaient.

Leurs pénibles ennms et leurs amoun, fidèles Quand le vent s'apaisait, repliant ses deux aile, l-omme un énorme oiseau fatigué de voltr Le bateau s'arrêtait. Et, pour le voir aUer' Quand le vent peu à peu gonflait les voiles'blanche, Les guemers accouraient de leurs tentes de branches.

Cependant tout à coup le fleuve s'élargit

Oh! le lac ravissant!... Quand la bise mugit

Queue met en lambeaux son grand voUe'de brume.

On peut le voir brandir ses panaches d'écumebi la bnse s'endort, et si le ciel est pur. C'est un miroir d'argent encadré dans l'azur

LA DicOlVBRTi DL' CANADA

De. Ile. au front vert du sein de. ondes n«l»«nt, Et leur, bords, tour à tc.r, lentetnent app„rai..,ent. Dévaste, bancs de sable, en ,ianKer«,x réseaux, ^erpentent quelqucWs sous le voile des eaux C est là. sur ce Ix.-»,, lac où tout le ciel „ mire. Qt>e les voUes au vent, s'avance le navire Cartier se réjouit du merveilleux succès Qui va. RTÛce au Seipicu, , couronner ses projets Jamais, sous le soleil, si brillante contrée A se» regards surpris ne s'est encor montrée.

- Mais la barque, soudain, vogue plus lentement I^s vo,les et les mâts s'inclinent lourdement- Dans le léger sillon qu'avec peine elle trace ' Le sable, soulevé, remonte à la surface.

Elle touchait. Bientôt, aux ordres superflus Elle resterait sourde et n'avancerait plus L ancre tombe aussitôt afin que davantage Sur le banc dangereux le vaisseau ne s'engage. On allège l'avant. On ferle en même temps Les voiles qu'enfle encor le souffle des autans.

Sur le fleuve incomiu cependant, dès l'aurore Les courageux marins s'avancèrent encore.

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urun o'amtan

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II» k>n(èmrt louvent de venloyanu llou, Dont les pin» oruucillcux et la nanti Ixiulcaux Sur l'onde ae penchaient. Et, «ou» le ciel sauvage. Ils virent poimlre enfin ce iuijctIh; rivage Où se trouvait assis le fxnirK d'HochclaKo. Et rai)idc et léger, le navire vogua.

A l'aspect imprévu du bateau qui s'avance En déployant sa voile ainsi qu'une aile immense, Les Indiens en foule accourent sur les f)orda. Et laissent tous ensemble éclater leurs transports. Jamais telle clameur ne fit trembler la rive. Jamais ces cœura naifs d'une joie aussi vive, Avant ce jour heureux, n'avaient été rempli». Les oracles sacrés allaient être accomplis.

Un vieux jongleur avait, dans un étrange rêve.

Prédit que de la terre où le soleil se lève.

De blancs guerriers viendraient, avant de longs hivers.

Vaincre de la tribu les ennemis pervers.

Et c'étaient ces guerriers qu'on voyait apparaître!

Leurs fronts larges et blancs les faisaient reconnaître.

Mais le jour disparaît. Au fond du firmament Les étoUes de feu scintiUent doucement.

LA DâcOrVBlITi DU CAKADA

Comme I« cierRc» uint» que ie lévite tUumt Sur la plaKe de «hic ot. voit au bin l'écume Semer ,1c blanc, n,«,„, ,^ „„^,g„ ..,^,^^ En chantaia la n«,Hrc allument <lc Kran.U feux Aw. valeureux guerrier, qu'un K,,,rit leur cnv.He il! (lémrcnt |>ar là manifester leur joie.

Aunitôt qu'apparaît laubc ,lu lendemain

II, le. co,..:ui«mt tau,, ,Mir un large chemin

Au milieu de la plaine où la va,te bourgade

S'élève, toute fière, avec aa palis«de.

Et Cartier est ravi de la beauté des lieux

Qui surpaient soudain, comme en rêve, à se, yeux

Ici, le mais d'ot aux aigrettes de soie

Sous le souffle du vent légèrement ondoie'

U, le chêne orgueilleux, «m, le poid, de ses gland,

tourbe vers le gazor. «s long, ramea.-x tremblant,.

Et le, nids réveillés unissent leur ramase.

Le rayon qui descend argenté leur plumage

Et partout les échos redisent des chansons

Et des roses p„rtout étoilent les buissons.

Du village, soudain, s'ouvre l'unique porte

Les femmes, les enfants que I. plaisir transporte,

S avancent pOle-mOle au-devant des héros

Ils tendent sous leurs pas les plus soyeuses peaux

UrUTt DANTAN

lU chantmt toai «Memble. un Joyeux chmnt <]« chamc. En allant le* conduire tu milieu «le la plac-e. Où le chef, que déjà l'âRo a fait im|xitent. Entourt de gucrrien. tout ému, les attend.

Le iol ert recouvert d'une nouvelle natte, Et pendant qu'on ««lit une aKrc«te «onate. Vient l'axKoir, radieux, le chef de* cuerrien blanc». On immole un icvreuil, et le* mcmlm» sanKlant» Rdtiuent avec bniit lur le feu qui les dore; Et le» fils du couchant et les fils de l'aurore, (^l'unit avec my»t*re un décret du destin. Partagent tous lei bois un fraternel festin.

Cependant le vieux Chef, au milieu de la fête, Prend le riche bandeau qui cottronne sa t<te, El le met, tout ému, sur le front de Cartier.

— Voici, dit-il, le Chef du pays tout entier.

Touché de l'action de ce noble sauvage, Cartier lève ver» Dieu son radieux visage ;

— «Maître du ciel, dit-il, non, non, ce n'est pas moi Qui dois assujettir ces tribus à ma loi ;

JL* DicOUVMTB Dit CANADA

0'e.t à vou. de rt,-„cr «.r de. rive, .j I^He, tt d. «„v„, Dieu ,^. ^. p^p,^ .^^ j^j^^

Et, pour que le SdK„cur W„i*^. «^ ,,,^. Il prend le cn,dfix qu'il ,K,rtait sur «„, «in. Et le .u«iHmd au cou du vieillar,! qu'il eml,ra«e-

Et l rt "' !.'"* "'"• ""■"• '■""'"" ""' '« ««•»

lit le Chef indien, fier de cette faveur Pr«->. re.pcctueux, 1, croix contre «m c«ur.

Pt*. du bourK cepen.iant. dominant la can^^^ne. P^ e. aux gai. contour., s'élève une montagne Dont un bo„ odorant couronne le «.mmet Le ^..^ de. ,«>tier. crt doux comme un duvet EUe. o,„aux ont là de. demeure- tranquille.. ^én par le Chef, quelque, guerriers agile. V condm«nt Cartier et «. noble, marins

U, du haut de ce mont, un pay. «n. confin.

Aux regard, ria héro. tout à coup «= déroule.

Etpam,.le.forét,toujounl fleuve coule

Il coule et parfoi. chante en Urçant de. flot, bleu.-

Et parfo.. U .'irrite; et plu, impétueux,

Il heurte, en écumant, un rocher qui ru.s«lle.

Pu.., jette ver, le. deux une plainte nouveUe

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