L ANGE DU CANADA
Monte, vague d'amour, monte, ardente courriète, De la terre lointaine au séjour de lumière Où règne, glorieux, de toute éternité.
Le Créateur du ciel et de l'humanité!
Plus joyeux que le chant de l'aube matinale, Un cantique nouveau des harpes d'or s'exhale. Oh! quels besoins d'aimer, toujours inassouvis, Vous enivrent toujours, mondes et deux ravis!
Le D,.,. que nous chantow. disent le, ch»„Z
De 1 aurore au ponant est di^TlT ^^ ''- «««.
« conseille iJ «vi^ ^ '''' '"««nges.
--.rr-reni-^^rr- ^--^cinua.e:s;ti:""^-
Et devant si bl^r "'°""'"' ^ « ''^'
Q"« la terni le 00^ "°™ «'°"'^'
'«P"«. et qu on le chante aux deux?
R^te des oiseaLTe! V ''""^'^ *^" J""-
tfnangev^t^l'°"**°"*«-«6na„e.
Son P.ed,Z"^^-;'- beauté se fane.
LA DicOUVBRTB DU CANADA
Dégageant un parfum qui vient l'on ne sait d'où,
Retombent moUement et flottent sur son cou.
Il garde, jeune et triste, un aspect vénérable.
Et ion front noble est ceint d'un vert rameau d'érable.
Alors sont suspendus les chants mélodieux; Les luths divins, alors, restent silencieux. Un aimable sourire accueille, A son passage. Cet ange voyageur dont l'auguste visage, A travers les rayons de l'immortalité.
Laisse voir les soucis dont il est agité.
Or, quittant aussitôt la droite de son Père, Vers l'Esprit éploré qui monte de la terre, Se hâte de venir le Fils du Tout-Puissant. Il aime notre monde arrosé de son sang. C'est lui qui vint briser ses entraves funèbres. Et porter la lumière à travers ses ténèbres.
Mais le i.ère du mal, la haine dans le cceur, S'est levt de nouveau contre le Christ vainqueur, Et ses ministres vont, joyeux, par tous les mondés. Semer les noirs conseils, les appétits immondes.
^ Seigneur a choi,i da„L h ""'""' ''"' P'«'-''. «"■ Vient d'en7j.^*"^^ '"r"" '^'^ '^ '--
-«Dieu tout-puissant, dit-il n,v. ^
^-ait, POU, ,^, moniXTj7- '^ """ ^' '^°-
> " ai pas encor vu sur I« i °^^" d'hommase
Oû^Wsolitaire.TéwiV'T""'^^^ ^^ ««urs monte; ver''"'^'°'^«"P^.
J-'^ense Canada, sTr ri^' '°""'*^^-^' -"'ents, N<= voit se promener aue^' "'"'^'''
Malheureuses trih '^""'^ ^"^a^es,
Sevantedeii^f ''""^^^-^- °«t«w.à,amais,da^ssesfers.
LA DtcOlTVMTg DU CANADA
•Naguère cef)end«nt, un des fili de la France,
L'humble et pieux Cartier. apporU l'espéranœ
A mon cœur abattu par les chagrin» amers.
Sur de Wles vaisseaux il traversa le» mer».
Il vint, bravant la mort, «m» orgueil et sans crainte
Aux confins du pays arlwrer la croix sainte.
Alors un vieux guerrier, inquiet et songeur.
Accoste, l'arc en main, l'illustre voyageur:
-«T. veux nos tK>is, dit-il, notre antique hcritar.e '
On pourrait perdre tout, jamais on ne partage.
Si tu me fais du mal, toujours je me souviens
Va donc, Visage-Pâle, au pays d'où tu viens.»
^ous sav.3, 6 Seigneur! l'excès de ma souffrance.
Du retour de Cartier je n'ai nuUe assurance, Et le suave espoir qu'on m'avait apporté. Comme une ombie qu'efface une vive clarté, S'est hélas! tout à coup envolé de mon âme. ' Ne laissez pas. Dieu bon. tnompher cette trame Que les anges maudits, de votre nom jaloux. Au fond de leur abtme ourdirent contre vous.
«Du flambeau de la foi, sur ces rives si belles. Eclaire, ô Jéhova I les pauvres infidèles. . .
uuriBTS o'antam
«Je volerai moi-même au pay» de Cartier.
J'éveillerai la foi de ce roi-chevalier
Qui gouverne aujourd'hui la France catholique.
Il laura te tailler ta part de l'Amérique;
Et voui serex béni Knis ces immenaes boit
Qui, pour VOUI célébrer, n'ont pat encor de voix »
Ainsi parle, à genoux aux piedi de Dieu le Pire, L'Anxe du Canada. Sa voix douce qu'altère Un mélange d'amour et de timidité, A le plaintif accent du filet argenté Qui cherche son chemin dans les rides des pierres. Comme des diamants, sous ses blondes paupières, On voit luiie des pleurs qu'il essuie en secret. Redouterait-il donc d'un Dieu bon le décret ?
Le silence est profond sous les célestes ddmes.
En effluve enivrant se mêlent les arortiL-s.
Et tout le ciel attend avec anxiété
Que le Dieu, trois fois saint, dicte sa volonté
A l'ange protecteur d'une terre nouvelle.
Les accords ravissants de la harpe étemelle
Et les alléluias des esprits glorieux
Ne font pas tressaillir les profondeurs des deux.
Comme le fait toujours la parole du Père.
tA DtcoUVIRTI Dir CANADA
«Minlrtre WnnUmë, dit le Trèi^n.ut. «ip*„. Ton t«le inf.tiK.ble • tu toucher m.„ coeur Je chanKerw bientôt • , peine, en bonheur Tu n'.unu pu en v,.o tmvwllé pour m. glmre Et Luctfer tur nou» n.ura pM la victmre. Cette rive wuv.Ke où tu t'e» exiW, Ce pays inconnu, de bartmrcs peui)lé.
Que l'orgueiUeux Satan tient dani vm eiclavage Echwigera ion joug contre un divin «irvege. Et c'ert de ce p.y,. aujourd'hui tant obicur Qu'un jour je recevrai l'honunage le plu. pur.
•Va. meMager fidèle, au royaume de France V. déjouer l'enfer. Fai. briller l'espérance D'une éclatante gloire et d'un bienfait divin Aux yeux du grand numarque et du pieux marin.»
Et. cesMnt de parler, le Dieu de la sagesse Mit sur le front de l'ange un baiser de tendresse Alors la douce lyre et le clairon d'airain, Et la harpe et le luth résonnèrent soudain.
«De l'aurore au couchant, disaient les chants des anges Le samt nom du Seigneur est digne de louanges!
IIBrLtt» d'ahtah
Dieu parle, et l'univen wr ion axe brAUnt Krfmit d'un laint trentpott et r«dor« en trembUnt. Lui «eul nt étemei. Stm In-M soutient U terre. Il poumùt la briser •comme un jouet de verre. L« voifabond nuage obéit t la voix; Le tonnerre et le vent reconnaiuent set toi*. L'amo\ir et la douceur rayonnent «ur la (ace, Et devant la beauté toute beauté s'efface. Que tout genou fléchine à «on nom glorieux! Que la terre le prie, et qu'on le chante aux cieuxl»
LB VIBUX CHBF INDIBN
C'était l'heure où partout s'éveillent de» murmures: Dans l'onde et dans les air», dans l'herbe et le» ramure» ; Alors que du soleil le matinal reflet Donne au nuu^e sombre un radieux oarlet; Que le pétrel hurdi jusqu'au ciel bleu s'élance, Où sur le» flots berceurs fièrement se balance.
LA oicouvaan du canada
Sur Im borda inconnu* où l« vaillant Cartier, A DiM comnM 4 ion roi h vouant tout entiOT, Etait venu naguère élever la croix aainte, Un «tranice vieillard jetait au vent la plainU.
La tri<teue ridait wn viiage cuivré; Comme un arbre fleuri, comme un U|rii ouvt<, Son cr^pe fauve était peint de figure» Inurret; Et, nouant wt cheveux, let plumes lei plu» rare*. S'élevai^t (ur la t«te en panache édaUnt. Sur le» vugunê d'axur ion oeil allait flottant Comme le fr«lc jonc, comme l'algue Ifgén. Et paraisiait chercher une rive étrangère.
Et quand U était laa de regarde.- les flou,
Ui auui d'exhaler ses lugubre» i . iglot»,
D'une tremblante mai- ban.'«nt »on arc de frêne.
Vers une croix debout dans otte immense arène.
Il lançait, furieux, un trait empoisonné.
De son audace alors il semblait étonné.
Il voyait aussitôt les nids joyeux se Uire,
Et reprenait, pensif, sa marche solftairc.
. Et c'était, ce vieillard, le guerrier dont la voix. Pour repousser Cartier et lenverwr U croix.
RBPLBTS O ANTAN
Naguère avait voulu, sur ces mimes rivages, Éveiller les soupçons des peuplades sauvages. Mais vaine fut sa ruse. Et sa sombre fureur Dans l'âme du marin ne mit point la terreur. Cartier, en s'éloignant de la cruelle plage Emmenait du vieux chef les deux fils en otage.
Le père infortuné suivit longtemps des yeux
Le vaisseau qui portait, hélas! sous d'autres deux.
Ses deux fils. Il revient, au lever de l'aurore,
Promener ses chagrins sur la rive sonore.
La haine et la douleur se peignent sur ses traits;
Pour lui la solitude a seule des attraits.
Il demande ses fils au soleil qui se lève,
Il les demande aux flots qui roulent vers la grève.
Il ne voit pas s'ouvrir, comme une aile d'oiseau,
Sur les flots infinis, la vcile du vaisseau
Qui lui ramènera les fils de sa tendresse!
«Vaillant Dom<.gaya, dit-il, dans sa détresse. Noble Taiguragny, me serez-vous rendus ? Ah! si mon bras, plus fort, vous avait défendus Contre la cruauté de ces Visages-Pâles, Mes chants ne seraient pas que de pénibles râles,
LA DÉCOUVERTB DU CANADA
Nous aurions hors des bois rejeter l'étranger,
Comme le vent balaie un feuillage léger.
A ces rochers déserts pendant combien de lunes
Raconterai-je encore mes tristes infortunes ?
Quand viendrez-vous reprendre, ô fils que j'ai perdus!
Vos carquois pleins de traits et vos arcs détendus ?»
Pendant que sur ces bords, où fleurit le dictame, Le vieux chef indien épanche de son âme Une haine inutile et des regrets amers. Un esprit malfaisant, envoyé des enfere, A pris d'un vieux jongleur la hideuse figure. Et la démarche lente et la haute stature. Il s'approche aussitôt du chef de la tribu. Js sont a .js d'enfance; ils ont ensemble bu. Au mUieu des forêts, à la même fontaine; Ensemble ils ont fait plus d'une chasse lointaine:
«Pourquoi te consumer, dit-il, en vains regrets. Toi, le premier guerrier de nos sombres forêts ? Ton corps est décharné comme un arbre qui sèche. Le chevreuil ne craint plus la pointe de ta flèche... Attends-tu que les Blancs te ramènent tes fils ? Ou bien regrettes-tu d'avoir craint leurs défis ?
ao
RBPLBTS d'aNTAN
Les feuilles jauniront et tomberont des branches La neige, bien des fois, tendra ses nattes blanches Et les petits oiseaux tisseront bien des nids, Avant que tes ants soient ici réunis.
«Te le dirai-je, 6 Chef, oui, j'ai vu dans mes rêves
Cette fatale croix s'étendre de nos grèves
Jw ,ia'au fond des forêts, jusqu'au milieu des eaux
Sur ses bras menaçants se perchaient les oiseaux
Et nos traits aiguisés ne pouvaient les atteindre '
Et nos fiers ennemis semblaient ne plus nous craindre!
«Puis, j'ai vu sur nos bords venir les guerriers blancs
Nous étions devant eux stupéfaits et tremblants
Je t ai vu, vaUlant Chef , -qu'au moins nul ne le sache -
fumer le calumet, puis enterrer la hache
Pour détourner les maux qui vont tomber sur nous.
Hier, ] ai consulté les puissants Manitous
Il faut bannir la croix de nos fortts antiques
La croix où sont gravés des mots cabalistiques-
C est alors seulement que, sous nos bois épais '
Sans craindre d'ennemis nous chasserons en plix.»
Ainsi parle au vieux chef le malfaisant génie Sa voix a du désert la poignante harmonie,
LA DÉCOUVERTE DU CANADA
Et dans ses fauves yeux luit la duplicité. Il s'éloigne aussitôt avec rapidité.
L'Indien le voit fuir au loin, sur le rivage, Et sent se réveiller une haineuse rage. Il jette sui la croix un regard de mi^pris. Et se laisse tomber sous les bois rabougris. Alors, un noir corbeau, du faîte d'un érable, Fait entendre trois fois un appel lamentable; Et, sur l'oiseau sinistre, aussi prompt que l'éclair. Un épervier cruel fondit du haut de l'air.
Le vieillard, plein de trouble entra dans sa cabane. Mais, sur le seuil couvert de feuilles de platane. Cachant dans ses deux mains son front plein de soucis. Il revint. Jusqu'au soir il resta seul, assis.
Les ombres commençaient à noyer le feuiUage, Il passa comme un spectre à travers le village. Ordonnant aux anciens d'assister au conseil. Il voulait jusqu'au jour les tenir en éveil.
Les vieillards, aussitôt, laissent leurs toits d'écorce. Sur les pas de leur chef une invincible force Les pousse tour à tour, pleins de docilité. Leur sagesse, souvent, et leur fidélité
RBFLBTg D'anTAN
Ont gardé la tnbu contre un danger p^bable. Les calumets, remplis d'un tabac délectable Exhalent la fumée en orbes gracieux Pendant qu'assis en cercle, émus, sil«,cieux, Ils écoutent le Chef.
Of' 'ui. d'une parole Plus vive qu'au matin le ramier qui s'envole Il raconte à grands traits son trouble et sa douleur
Et son long entretien avec le vieux jon, ur Après qu'il eut parlé, se voilant le visag Il poussa trois longs cris, selon l'antique usage Le plus vieux du conseil prit la parole alors:
- «Je ne sais quel génie a jeté sur nos bords Ces l^rdis guerriers blancs que tu semblés tant craindx.. ns t ont rav, tes fils: ton grand cœur peut se plaindre Mais ne seraient-ils pas moins cruels que rusés' Ils n ont point bu leur sang dans leurs crânes brisés Ils auraient pu, sans peur, nous déclarer la guerre ' Car leurs mains pour tuer s'emparent du tonnerre' Et, s Us sont les amis des esprits malfaisants. Pourquoi nous ont-ils fait de si riches présents ?
«Ils veulent à tes fils enseigner leur langage Et cette croix, ô Chef! est peut-être le gage
LA DÉCOUVERT» DU CANADA
De leur prochain retour au milieu de nos boi». C'est peut-être leur Dieu: tous vinrent à la fois Se jeter devant elle à genoux sur la terre. Si nous la renversons, redoutons leur colère.
«Mais pourquoi le jongleur u"est-il donc pas ici ? Lui qui se plait, ô Chef, à nourrir ton souci, Il n'ose pas venir nous raconter de songe. Craindrait-il d'être enf?n convaincu de mensonge ? Tapi comme un renard au fond de son terrier, Il ne redoute pas la flèche du guerrier.
«Pourquoi les hommes blancs nous tendraient-ils des Tu reverras tes fils, avant que plusieurs neiges[pièges?... Aient au bois suspendu leurs éclatants flocons. Car le grand Manitou sait consoler les bons. J'ai dit.»
Et le vieillard vint s'asseoir en silence. Il était le plus sage; et sa mâle éloquence Savait faire toujours prévaloir un conseil. Quand il eut pris sa place, un murmure pareil Au grondement lointain d'une haute cascade. Fit trembler l'humble toit du chef de la bourgade. Tous ne se rendaient pas à ses sages avis. Des conseils de vengeance auraient été suivis,...
MtLns d'ahtah
La chariUdivineet.it une inconnue.
Un guerrier dit:
«Un jour une barque est venue «™«<» Chef pieu™ encor sur ses fils, ses amours..
La cabane s'ouvrit. HaleUnte. effarée Comme le cerf atteint d'une flèche acérée, Une jeune Indienne entm soudainement.
Son oeil étin, elait comme le diamant- ^x>n corps svelte, élancé, pliait comm^ le frêne Sur l^a.de et le bras ses longs cheveux d^ne étendaient mollement un voile de pudeur
r>u femllage d'hiver son front mé'ancolique Avait, en ce moment, la teinte métaUique.
Cette femme, c'était la douce Naia Naîa, fiancée au fier Domagaya.
EUe vient vers le Chef.
o- i , . *J^ "^ sais pas. dit-plt»
S. tu daigneras croire à ce récit fidèle
^e va faire à la hâte une naïve enfant N attaque pas la croix, un Esprit la défend
LA DtcOUVIRTB DU CANADA
J'ai vu, tout piJs, assise, une femme plus blunche Que l'écume des flots où la lune se penche, Plus belle que ta fleur éclose le matin. Son langage, plus doux qu'un chant d'oiseau lointain. Faisait, aux alentours, palpiter le feuillage. Ses vêtements de neige, et son noble visage. Brillaient comme un foyer dans les soirs de grands Ses bras avec amour enveloppaient la croix. (froids.
«Écoute, me dit-elle, 6 ma pauvre Indienne,
Écoute les conseils de la Vierge chrétienne.
J'ai porté dans mon sein le Fils du Grand-Esprit.
Le Grand-Esprit peut tout. Heureux ceux qu'U chérit.
Car il ne permet pas que le mal leur arrive.
Il aime les tribus qui peuplent cette rive.
Et c'est pour leur apprendre à saintement prier
Que vers elles, un jour, vint un pieux guerrier.
«Les Blancs sont ses amis. Ils sont cléments et braves;
Ils n'apporteront pas de cnielles entraves
Au poignet vigoureux de l'homme des forêts,
Mais d'un bonheur plus grand lui diront les secrets.
S'il osait cependant renverser la croix sainte,
Le Grand-Esprit du ciel écouterait la plainte
Des guerriers d'Orient qui vont bientôt venir.
Et le ferait alors cruellement punir.
^ PTU U Vierge. Au ch«n,e de « bouche »«»« devenu doux nlui H"»., , : T ™"'™
Mai. eue disp^d^i ,1 1^7 '•^'=**i« I. 1. t . ^^ '** onïD™» du ioir
Je l.che«haa partout et ne pus k^r.
^v«x de Nata.«,„ accent de fr«.chi«,,
L «nour pour 1. vertu qu'on ,„i ««nuT^j,^
Dit aux vieux de son peuple : ^'*^***- Puisque le» Kuerrier,hi '°?^"°™ "°« vengeances,
JACQUBS CARTIB»
3'efforo» T ^' "" ^P"' infernal
o efforce d assurer le triomphe du mal,
lA DtcOUVIRTE OU CANADA
L'Ange du Canada, qu'un ««le immenM cmbraâe.
Travene l'empyr^e. Ardent, rapide, il rase
Mille aatres lumineux dans l'espace semés.
Comme, le long des eaux, les phares allumés,
Afin que sur l'écueil nul navire ne sombre.
Et bien loin, au milieu de ces mondes sans nombre
Qui sont comme des (leurs aux champs de l'infini,
Son regard inquiet voit le monde béni
Où le PUs du Très-Haut vint habiter lui-même.
Et son cœur se remplit dune ivresse suprême.
La moitié de la terre est dans l'obscurité, Mais il a le flambeau dont la douce clarté Doit luire pour tout peuple assis dans les ténèbres. II découvre à la. fois les lieux les plus célèbres.
C'est toi qu'il voit d'abord, iUustre Bethléem. Déicide cité, sombre Jérusalem, Il te regarde aussi, mais ses yeux ont des larmes. 0 fiUe de Judas, qu'as-tu fait de tes charmes ?
Et couronnant tes mont-», sur un glorieux sol. Il voit tes dômes fiers monter comme en un vol, Rome, iUustre cité, trône et tombeau de Pierre... Foyer où luit toujours la divine lumière.
0"e'« lieu» cherche-t-U donc «, r^
J^ pieux matelots chantent l'Ange et Mari. Ma,s quel est donc, là-bas ce m^^ " est a^enoulUé sur le Iml '" '"' ""^ '
«""nd les autres d. ! '""'*''"•
es autres, déjà, reprennent de nouveau
LA DicQtlvuT» PU CANADA
Le chant qui chaque loir «uccède à U prière. Son reitard est rempli de la vive lumière Que jette par Uirrentii l'occident enflammé; Dan» une winte extase il parait aWmé.
Balançant dana les airs son aile diaphane, Au^essus de .on front, un moment, l'ange plane. Puis il vient i»rès de lui su jeter è. «enoux. Il lui parle tout bas un lanKage bien doux, Car le dévot marin, pendant une heure entière. N'entendit ni chanter In jeune batelière, Dont le fragile esquif se berçait tout auprès, Ni murmurer la brise à travers les agrès. Ni gazouiller l'oiseau perché dans les cordages. Ni rire, ni héler les joyeux équipages.
Et, pendant qu'il était à genoux sur le pont. Une auréole d'or enveloppait son front.
Mais nul sur le vaisseau ne vit l'ange descendre; Et pendant qu'U parlait aucun ne put l'entendre.
Quand le marin sortit de son recueillement, Les ténèbres du soir montaient au firmament. Et, sur les flots obscurs, les carènes coquettes A peine dessinaient leurs sombres sUhouettes-
urLBT* o'antam
Sur quelque* bAtimenti tout leinbktt en rep«i»; Sur d'autm t'éveUlaient le* cauitiquea imjiwd. Ou Im «ccenU plaintif» de l'humble comemuie, Ou les chanion» d'anuwr, qu'une naïve mu»e Dictait au jeune mouaie bmùi sur le gaillard.
Deux hommes cependant, «omhres comme un brouil-
Étaient assis ensemble, appuyéi au vaigraKe, (lard.
Et parlaient à voix basse un étrange langage,
Sur l'élégant navire où l'Envoyé divin
Était venu prier, i côté du marin :
C'étaient Téguragny, le chasseur intrépide,
Domagaya. son frère, au pied leste et rapide.
Si le jour eut enco^ illuiim. :»« deux
On aurait vu des pleurs s chapper de leurs yeux;
On aurait vu souvent leur visage de cuivre
Se tourner vers la mer, comme pour y poursuivre
Un fantôme chéri qui s'éloignait toujours.
L'un regrett t son arc et l'autre, ses amours.
Cartier, car c'était lui qu'avait visité l'ange, Éprouvait dans son cœur quelque chose d'étrange. Éclairé par la foi, par l'espoir soutenu. Il se sentait alors poussé vers l'inconnu.
tA DiCO ViliTl OV CANADA
InvWble à «m yeux, f.nge avait à ton Ime Fait enutndre longumipi w parole de fl,mm« Un twuble inexprimable .giuit w. cprit.
Il voyait .'«ever devant m, yeiix wrpri. Comme au mUieu de. mer. un magique mirage Le. bord, voluptueux d'un monde eneor «uvage Dan. ce monde „«,ve.u, bien ,1c, ,«uple, .,b«:ur. Venaient, devant la cro.x. honnir leur» dieux impur.. Et dire au Tout-Puimnt un. ardente pri*«. U «anmeU bienfaiwnt fuyait de w paupière.
Il marchait à grand, pa.. Sur le pont du bateau Son p.ed retenti«ait comme un coup de marteau n utai» obsWo par son n" -; jublime, Et «ntait que le ciel. dan. un langage intime. U preMit de chercher ces rivage, nouveaux Ou il avait entrevu. A l'occident det eaux.
Et. pendant qu'il mai^hait comme un homme en délire
Une longue nacelle aboitla le navire.
Deux marins U guidaient sur les flots ténébreux'
Jalobert, UBreton, deux «mis généreux
Dont les jolis vaisseaux étaient mouUlés en rade.
Ils venaient saluer leur noble camarade
KBPLBT8 O'aNTAN
Cartier, loin de se plaire à cacher son tourment, Les accueiUit tous deux avec empressement. Il leur dit les secrets de son âme expansi-î. Son accent convaincu, sa voix persuasive. En les intéressant surent les émouvoir.
Et faire, dans leur cœur, entrer son doux espoir.