LE DÉPART
L'alouette souvent, pour saluer l'aurore,
A redit sa chanson sur la rive sonore,
Et le soleil du soir sur la mer et le pré,
A souvent fait descendre un long sillon pourpré.
La port de Saint-Malo luit comme une topaze;
Le rapide alcyon d'une aile agile rase
La surface immobile et brillante des flots.
Des bâtiments divers les joyeux matelots
Échangent des saluts que les échos répètent.
Les vaisseaux aux flancs noirs dans les eaux se reflètent,
Comme les noirs enfants du rivage africain.
Dans leurs flots rafraîchis par le vent du matin.
Sur les mâts élancés le pavUlon retombe
Comme un pli de linceul sur les bords d'une tombe.
Le vent ne souffle pas. L'eau dort sur le galet.
Mais le soleil levant, comme un rouge boulet,
"«^l-gTS D'aNTAN
Vi«t de monter soudain à l'horizon sans bruxne- Et le vieux matelot que le repos consume A sent, dam «m cœur se ranimer l'espoir-
Je voguerai, dit-il, avec le vent du soir.
Mais où vont ces vaisseaux avec leur vaillant monde . Cent barques autour d'eux glissent, volent sur l'onde Comme autour d'une ruche un intrépide essaim Un profond grondement s'élève de l«ur sein
mn!r ?'" .'" "'■"""'■ ^^ '«^ -^«^-= d'opale Impatient, s'agite ainsi qu'une cavale
A irïl''d''"?f "'"*'^- "" "°- '^- « -veau. A la cime du mât flotte le blanc drapeau
Le valeureux Cartier commande ce i^vire
Le second, qui, plus loin, lève son ancre et vire
C est la Petit. Herrnine. Auprès. 1' W.7 J '
Se drape avec orgueil dans son grand pavillon.
LeBreton, Jalobert, en sont les capitaines.
Ils escortent Cartier jusqu'aux plages lointaines.
Cependant un doux son fait résonner les air. Et va dans le lointain expirer sur les mer.; C est de 1 airain sacré l'humble voix qui s'empresse D appeler, pour l'adieu, les marins à la messe
LA DtcOUVBRTB DU CANADA
Des vaisseaux pavoises commandants, matelots, Descendent tour à tour dans les nombreux canot». Cartier vient le premier. Le bonheur l'illumine. Sur son front élevé l'audace se dessine. Sa joue est cave. Il prie; et rien en lui n'est vain. Dans son regard profond luit un rayon divin.
Vers l'église qui s'ouvre, à pas lents il s'avance.
Et tous les matelots le suivent en silence.
Le temple s'est paré de riches ornements,
Le prêtre porte alors ses plus beaux vêtements.
Un chant plus solennel monte du sanctuaire.
L'encens est plus suave, et la foi, plus sincère.
Aux colonnes du chœur flottent de grands drapeaux;
Et sur l'autel doré scintillent les flambeaux.
Pendant que le Pasteur offre le sacrifice,
Les marins à genoux, pour se rendre propice
Le Dieu dont l'univers aime et bénit la loi.
Ne cessent de prier avec ardeur et foi.
Et leurs fronts humblement s'inclinent jusqu'à terre,
Au moment solennel où le divin mystère
S'accomplit, à la voix du ministre de Dieu.
Un silence profond règne alors au saint lieu.
Le prêtre se recueille, et, dans sa foi sublime,
Élève vers le ciel la célaste Victime.
UFLBTS O'aNTAN
Adore», 6 mariiM, «doret A genoux
Le Sauveur bien ^i ,„; de«^j p„^ ^^,
II est de tout bienfait l'inépuisable souree
Les anges vous suivront dans votre longue cou«
HabUes, v,goureux, sans craindre les dangers,
Allez, pjeux marins, ver, des bords étrangers!
U mes,s. .ainte est dite. Une foule environne P """,^^ '"«'«'°"'. dont la face rayonne Conune 1 arbre argenté par le givre d'hiver. EUe couvre bientôt la rive de la mer Pendant que les hér^s montent sur leurs navires On vo,t Imre des pleurs à travers les sourires.
Cependant le vent soulHe et soulève les flot.s Sur les trois bâtiments on voit les matelots ' L«ver 1 ancre en chantant, puis, dérouler les voiles
Les orgue,lleux vaisseaux se bercent un moment Et tracent dans la mer un sUlon écumant.
Voguez, braves marins, vers un lointain rivage^ Le monde redira votre étonnant courage Il bémra votre œuvre. Et toi, noble Cartier, Tu révèles ton nom à l'univers entier
LA oicOUVHTB DU CANADA
Vogut , bnivei marin»! Que le ciel voua condui«el
A vs yeux inquieU que son étoile luise,
Pour "'clwrer les eaux et signaler l'écueil!
'£^ q»» l'onde pour vous ne soit pas un cercueil!
L'aNOI DiCHU
Êcumantes, tantôt, de toute part les vagues Semblent jusquea au ciel porter leurs plaintes vagues; E11''s semblent, tantôt, roulant vers le couchant, Du:, troupeaux effrayés qui bondissent au champ. Tel qu'au-dessus des mers, ouvrant leurs blanches ailes. On voit se balancer, camarades fidèles.
Trois cygnes gracieux; ainsi les trois vaisseaux. Déjà bien loin du port, se bercent sur les eaux.
L'onde amère à letir proue étincelle et bouillonne. Comme au mors d'un coursier que le fouet aiguillontu
■«FLlTi o'aktam
Bnlle un flocon d'écwne Att«.,v
^ ^r Us-Té pcut^ . ,"^' « '""««.
L« matelot. dT. '"""'" «K™»-.
Ainsi nou.. voyons fuir, ,vec tron d. •. Us rivages en fleurs dé î^r ""^^
Nous voeuon, heureuse jeunesse.
Nos ™,a... J, tcLXe^"";":" ""'"■"^' Où nos «gères ne Jr™ "'^^ '""«'""'•■
Contre le so^! »™"va,ent un sûr asile
""<: le souffle amer d'iir, ~ j Mais un voile de JZ. "''^ mensor,jer.
"Kc a innocence et H 'o~ I' disparaît bic,v,?e Et ''''^°^^-
S'épuisent à chercher J "°' '"^"^^ "" ?'«"" Lui ,^4„ «^nerchcr ses suaves couleurs