‹ Reflets d'antanChapitre 25 sur 30 · SUR LE FLEUVE · texte numérisé non relu

SUR LE FLEUVE

Nage, nage, guerrier! De tes sueurs prodigue,

Fais gémir l'aviron.

Nage, nage, guerrier! Le prix de ta fatigue.

C'est le sang du Huron.

Sois-nous propice, Esprit du fleuve; Guide sûrement nos canots.

Que d'en haut nul rayon ne pleuve Pour éclairer les sombres flots.

Nage, nage, guerrier! De tes sueurs prodigue,

Fais gémir l'aviron, Nage, nage, guerrier! Le prix de ta fatigue.

C'est le sang du Huron.

Pour nous l'ombre de la nuit plane Pareille à l'aile d'un corbeau.

On n'entend que l'oiseau qui glane Quelques poissons dormant sur l'eau.

Nage, nage, guerrier! De tes suetirs prodigue,

Fais gémir l'aviron, Nage, nage, guerrier! Le prix de ta fatigue,

C'est le sang du Huron.

Nos canots volent sur la lame Comme les chevreaux dans les bois ; Ils sont légers comme une flamme Et les flots dansent sous leurs poids.

Nage, nage, guerrier! De tes sueurs prodigue,

Fais gémir l'aviron.

Nage, nage, guerrier. Le prix de ta fatigue.

C'est le sang du Hiu'on.

Passons, car nul feu ne rayonne Dans la ville où dorment les Blancs.

Du haut rocher qu'elle couronne, La nuit a ceinturé les flancs.

Nage, nage, guerrier ! De tes sueurs prodigue.

Fais gémir l'aviron.

Nage, nage, guerrier! Le prix de ta fatigue,

C'est le sang du Huron.

Passons avant qtie l'aube vive N'éveille les flots endonnis.

Passons ! Abordons à la rive Où sont cachés nos ennemis,

Nage, nage, guerrier ! De tes sueurs prodigue,

Fais gémir l'aviron.

Nage, nage, guerrier! Le prix de ta fatigue.

C'est le sang du Huron.

Une troisième nuit roulait des voix funèbres. Donnant à leurs canots de vigoureux élans. Enfin, les Iroquois, au milieu des ténèbres. Touchaient silencieux, la rive d'Orléans.

Le Huron, retiré sous sa tente d'écorce Rêvait, dans son sommeil, chasse, amour et bonheur. En perdant, par degrés, sa grandeur et sa force, Il avait oublié la vengeance et la peur.

L'orient resplendit d'une aurore nouvelle; L'alouette chanta le réveil du matin.

Pour entendre la messe, alors, de la chapelle Les sauvages pieux prirent tous le chemin.

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