CONSIDÉRATIONS
le Prophète appeUe X abrégé de vos merveilles ; TOUS vous êtes donné aussi grand que vous êtes, mais sous l'extérieur le plus accessible. Il m'est permis , il m*est mâme ordonné de vous approcher , de vous toucher y de vous recevoir , de vous porter dans mon sein.^ Prodige de bonté et d*amour ! ah ! que je ne cesse jamais de le considérer, de Tétudier , de Fadmirer ! d'autant plus , Seigneur démon ame , que j'ai infiniment besoin des influences de cette nuée salutaire oik vous avez renfermé tant de merveilles. nuée céleste , étendez-vous , déployez-vous sur moi ! Le désert où je marche est plus brûlant que celui qui séparoît l'Egypte de la terre promise. J'ai à me préserver , dans cette route, et des feux de l'incontinence, et des fureurs de l'ànfKyur-propre , et des vivacités de la curiosité, et des impétuosités de la colère, et des vapeurs de Forgueil , et des fougues de Thumeur , et de Finsatiabilité des désirs , et de là vanité des prétentions. Quel climat dévorant , ô mon Dieu ! et quel seroit mon sort si Fombre dé votre colonne ne me couvroit, c'est-à-dire, si votre sacrement adorable ne répandoit dans moi la rosée bienfaisante de votre grâce? O Jésus-Christ mon divin -maître, je vous fais la prière du saint Roi (i) : Coimne le cerf altéré court vers le torrent des eaux , ainsi mon ame deséchée s'élance vers la source de votre amott^. Quand viendra le moment où je paroîtrai devant vous , oh je me présenterai dans ce sanctuaire admirable (m vous résidez sans cesse ?.
(t) Ps. 4'.
sua lâ SAi!frB sughabistis. 93
Ah ! le signal au on me donnera pour m'appro-cher de votre table sacrée^ fera tressaillir de joie tout mon intérieur» Je dirai a mon orne de n être plus dans la tristesse, d'espérer en yous, mon Sauveur et mon Dieu.
Mais , Seigneur , ea vain voti^ peuple eÂt-il vu , dans le désert , le prodige de cette nuée qui le couvrolt durant la chaleur du jour , si la nuit eût été pleine de ténèbres. H campoit dans une terre barbare , il étoit environné d'ennemis dé-* terminés à le perdre : quelquefois veus lui ordonniez de lever ses pavillons avant le retour de la lumière , de franchir des montagnes , de se frayer une route à travers des roches escarpées ; il n'auroit pu ni s'avancer en bon ordre y ni se mettre en défense , ni conserver les femmes y les enfans , les troapeaux qui les suivoient , si votre colonne de feu , toujours visible durant les ténèbres , n*avoit affermi ses pas et dissipé ses terreurs. Quelle image plus naturelle de cette vie ?
Je marche , ô mon Dieu , vers l'éternité qui est la terre des vivans , le royaume que vous m'avez promis. Je ne suis instruit ni de la durée de mon voyage , ni des événemens que te cours des années fera naître. J'éprouve que cette roule est pleine de dangers , couverte d'ennemis, coupée de ^entiers difficiles et dont la plupart me paroissent impraticables : je n'ai par moi-même ni la lumière suffisante pour découvrir les obstacles , ni la force et la constance nécessaires pour les surmonter. Je vois
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autour de moi beaucoup d'autres personnes également incapables de m'aider, de me protéger, de me consola; que feroîs-je , et que feroient-ils ti>us avec moi , sàns^ la colonne lumineuse que vous nous ave:^ donnée , Seigneur plein de boj)té , de prévoyance et de libéralité ? Je l'aperçois cette divine lumière, placée dans votre Ë^ise ,. comme à la tjte d'un camp immense : elle répand ses bénignes influences partout; elle éclaire toute la nation sainte, et tous les membres de ce grajid peuple. Je ne puis la méconnoître ; c'est le sacrement de Jésus-Christ , le Dieu fort, le Dieu des armées. Presque au sortir du berceau , il affermit les pas des enfans : durant les orages de la jeunesse > il soutient les foibles , il réprime les imprudens , il rappelle ceux qui s'égarent ; il est le conseil de l'âge mur , la consolation des vieillards , la force d^ infirmes ; et quand il faut franchir le Jourdain , c'est-à-dire , quand le passage de l'éternité vient à s'ouvrir, il accompagne jusqu'au terme , et met en possession de la terre où coulent le lait et le miel. Divin sacrement , eucharistie sainte et adorable , je vous reconnois pour ma lumière infaillible , pour l'astre brillant qui me guide dans l'obscurité de ce pèlerinage trop court et trop long : trop court parce que j'aurois besoin de la vie des patriarches pour pieu-, rer mes péchés ; mais trop long parce que je désire , comme TÂpôtre , le moment de me réu-* nir à Jésus*Christ , vu sans intervalle et sans voiles !
SUR LÀ SAINTS BUGHABISTIS. g5
O Seigneur mon Dieu, que je suis imprudent, que je sais peu estîfaer yo& dons etreconnoître vos bîen£»4s ! Quand ]t réfléchis à vos pieds sur ce qui se passe en moi, leipsque vous dai^ei& entrer dans mon cœur; quand^ fè vous* écoute piMsent ei inûmement uni ai mon* ame, je ne puis douter de votre lumière divine : vo*re sacrement m affecte au point que je convaincrois, ce me semble , tous les hérétiques , tous les ennemis de votre présence réelle ; que je leur démontrerois la vérité de ce grand mystère. Oui , mon Dieu , je suis éclairé , dans ces momens , d'une foi qui ne peut être qu'un rayon de votre majesté présente en moi. £t que devient ensuite ce précieux don , cette perle inestimable , ce saint dépôt de votre vérité ? Je tombe dans la tiédeur, dans l'indifférence ; à peine aperçois-je la colonne de feu toujours brillante sur le camp de vos élus. Je marche alors presque sans guide , je m'égare : et qu'arriver oit-il si vous terminiez ma course dans ce moment d'erreur , dans ces routes inconnues où je m'engage ?
C'en est fait , Seigneur , je veux contempler sans cesse votre sainte colonne , votre nuée bienfaisante , et votre flamme conductrice. J'irai auprès de vos tabernacles ; je verrai Tarche de voire testament , où vous manifestez bien plus parfaitement votre présence que vous ne l'avez fait sur les chérubins du propitiatoire* Je dirai avec le saint Roi (i) : Que vos tabernacles sont beaux , Seigneur Dieu des armées ! mon ame
96 Q015SI5ÉBATIONS , fitc,
désire mec passion d* habiter pris de cous : mon cœur fit mes sens ont tressailli de joie en la présence du Dieu m^t. L Unnoc/ente tourterelle se retire i^ers ses petits , qui sont V objet de son amour: vos autels. Seigneur , font toute ma consolation^ Heureux ceux qui vivent et meurent dans votre sainte maison !
LITANIES
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