DCII
L'éloquence vaut mieux que le savoir.
DGIII.
Ce qui fait que nous préférons très-justement l'esprit
au savoir, est que celui-ci est mal nommé, et qu'il n'est ordinairement ni si utile ni si étendu que ce que nous connaissons par expérience, ou que nous pouvons acquérir par réflexion. Nous regardons aussi l'esprit comme la cause du savoir, et nous estimons plus la cause que son effet : cela est raisonnable. Cependant celui qui n'ignorerait rien aurait tout l'esprit qu'on peut avoir; le plus grand esprit du monde n'étant que science ou capacité d'en acquérir.
DCIV.
Les hommes ne s'approuvent pas assez pour s'attribuer les uns aux autres la capacité des grands emplois. C'est tout ce qu'ils peuvent, pour ceux qui les occupent avec succès, de les en estimer après leur mort. Mais proposez l'homme du monde qui a le plus d'esprit : Oui, dit-on, s'il avait plus d'expérience, ou s'il était moins paresseux, ou s'il n'avait pas de l'humeur, ou tout au contraire; car il n'y a point de prétexte qu'on ne prenne pour donner l'exclusion à l'aspirant, jusqu'à dire qu'il est trop honnête homme, supposé qu'on ne puisse rien lui reprocher de plus plausible : tant cette maxime est peu vnie, quHl est plus a'sé de paraître digne des grandes places que de les remplir.
DCV.
Ceux qui méprisent l'homme ne sont pas de grande hommes.
DCVI.
• Nous sommes bien plus appliqués à noter les con-
tradictions, souvent imaginaires, et les autres faute? d'un auteur, qu'à profiter de ses vues, vraies ou fausses.
DGVII.
Pour décider qu'un auteur se contredit, il faut au*3 soit impossible de le concilier.