XXIX
Le mal que nous faisons ne nous attire pas tant de persécution et de haine que nos bonnes qualités.
1. Var. Il faut déplus grandes vertus et en plus grand nombre pour soutenir la bonne fortune que la mauvaise (1665 — n° 28).
2. Var. Quoique toutes les passions se dussent cacher, elles ne craignent pas néanmoins le jour ; la seule envie est une passion timide et honteuse rçu'on n'ose jamais avouer (1665— n° 30).
3. Var. La jalousie est raisonnable et juste en quelque manière, puisqu'elle ne cherche qu'à conserver un bien qui nous appartient, ou que nous croyons nous appartenir ; au lieu que l'envie est une fureur qui nous fait toujours souhaiter la ruine du bien des autres (1665 — n° 31).
Nous avons plus de force que de volonté; et c'est souvent pour nous excuser à nous-mêmes, que nous nous imaginons que les choses sont impossibles.
Si nous n'avions point de défauts, nous ne prendrions pas tant de plaisir à en remarquer dans les
autres1
La jalousie se nourrit dans les doutes; et elle devient fureur, ou elle finit, sitôt qu'on passe du doute à la certitude*.
L'orgueil se dédommage toujours et ne perd rien, lors même qu'il renonce à la vanité.
* XXXIY.
Si nous n'avions point d'orgueil, nous ne nous plaindrions pas de celui des autres.
*xxxv.
I L'orgueil est égal dans tous les hommes, et il n'y a
1 . Var. Si nous n'avions point de défauts, nous ne serions pas si aises d'en remarquer aux autres (l 665 — n° 34).
2. Var. La jalousie j*e subsiste que dans les doutes : l'incertitude est sa matière; c'est une passion qui cherche tous les jours de nouveaux sujets d'inquiétude et de nouveaux tourments. On cesse d'être jaloux dès que l'on est éplairci de ce qui çausoit la jalousie (1665 — n9 3 5). — La jalousie se nourrit dans les doutes. C'est une passion qui cherche toujours de nouveaux sujets d'inquiétude et de nouveaux tourments, et elle devient fureur, sitôt qu'on passe du doute à la certitude (1666—
DE LAROCIIEFOUCAULD. i i
de différence qu'aux moyens et à la manière de le mettre à jour.
Il semble que la nature, qui a si sagement disposé les organes de notre corps pour nous rendre heureux, nous ait aussi donné l'orgueil pour nous épargner la douleur de connoître nos imperfections1.