DXXII
Il peut plaire à un traducteur^ d'admirer jusqu'aux défauts de son original et d'attribuer toutes ses sot-
1. On peut citer, par exemple, le théâtre de Shakespeare et son prodigieux succès en Angleterre depuis plusieurs siècles, malgré les nombreuses irrégularités de ses pièces.
2. 11 semble que dans cette remarque l'auteur a en vue M. et M"» Dacier, traducteurs d'Homère et d'autres anciens écrivains grecs et latins. C'est principale-
tises à la barbarie de son siècle. Lorsque je crois toujours apercevoir dans un auteur les mêmes beautés et les mêmes défauts, il me paraît plus raisonnable d'en conclure que c'est un écrivain qui joint de grands défauts à des qualités éminentes, une grande imagination et peu de jugement, ou beaucoup de force et peu d'art, etc.; et quoique je n'admire pas beaucoup l'esprit humain, je ne puis cependant le dégrader jusqu'à mettre dans le premier rang un génie si défectueux qui choque continuellement le sens commun.