DLIX
M. de Voltaire^ ne regarde l'Europe que comme une république formée de différentes souverainetés. Ainsi un esprit étendu diminue en apparence les objets en les confondant dans un tout qui les réduit à leur juste étendue; mais il les agrandit réellement en développant leurs rapports et en ne formant de tant de parties irrégulières qu'un seul et magnifique tableau.
DLX C'est une politique utile, mais bornée, de se déter-
1. On sait que les Grecs ont renversé et conquis le royaume de Perse, et que les Romains ont envahi presque toute la partie du monde connue de leur temps . n est vraisemblable que l'auteur veut mettre ici en opposition avec ces conquêtes l'acquisition de la Lorraine faite par Louis XV, roi de France, en 1736. F.
2. Dans son Siècle de Louis XIV, chapitre II, Voltaire développe effectivement cette grande et belle idée. Vauvenargues ne le désignait ici que par la lettre initiale de son nom.
miner toujours par le présent et de préférer le certain à l'incertain, quoique moins flatteur; et ce n'est pas ainsi que les États s'élèvent, ni même les particuliers.
DLXI Qui sait tout souffrir peut tout oser.