‹ Réflexions, sentences, et maximes morales de la Rochefoucauld, précédées d'une noticeChapitre 113 sur 144 · CXCVI1L · texte numérisé non relu

CXCVI1L

Le feu, l'air, l'esprit, la lumière, tout v it par l'action. De là la communication et l'alliance de tous les êtres;; de là l'unité et l'harmonie dans l'univers. Cependant cette loi de la nature si féconde, nous trouvons que c'est un vice dans l'homme; et parce qu'il est obligé d'y obéir, ne pouvant subsister dans le repos, nous concluons qu'il est hors de sa place.

L'homme ne se propose le repos que pour s'affranchir delà sujétion et du travail; mais il ne peut jouir que par l'action, et n'aime qu'elle.

Le fruit du travail est le plus doux des plaisirs.

Où tout est dépendant, il y a un maître 1 : l'air appartient à l'homme, et l'homme à l'air ; et rien n'est à soi, ni à part.

i. Où tout est dépendant, etc. Celte maxime paraît obscure. Il semble que Vauvenargues a voulu prouver l'existence de Dieu par la dépendance mutuelle des différentes parties de l'univers, dont aucune ne peut s'isoler des autres ni subsister par elle-même. On n'entend pas ce que veut dire l'air appartient à l'homme, et l'homme à l'air. L'homme ne peut se passer d'air; mais l'air existerait fort bien sans l'homme. Appartient veut-il dire participe de la nature, etc.? Alors l'idée d'appartenir n'a plus de liaison sensible avec l'idée de dépendance exprimée dans la première phrase. Il y a, je crois, abus de mois. S.

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