‹ Réflexions sur la miséricorde de Dieu (volume 2)Chapitre 106 sur 175 · ONZIEME REFLEXION · texte numérisé non relu

ONZIEME REFLEXION

Demander à Dieu un cœur nouveau et tout embrasé de son divin amour.

^^vQ our commencer donc, o mon Dieu ! ce grand miracle, que Ton peut appeler le chef-d'œuvre de

votre grâce, créez en moi un cœur nouveau, un cœur humble, ferme, constant et courageux , vide du monde et de la créature, un cœur enfin véritablement chrétien, qui fasse que je vous aime quand il faudra exposer ma fortune et ma vie pour la confession de votre nom et rendre hommage à la foiiedela croix, au milieu d'un pays et d'une nation qui la regardent comme un scandale ; Un cœur qui vous aime quand il faudra vous le témoigner en résistant à ma concupiscence, et mortifier, pour Famour de vous,

les désirs déréglés de mes sens et de ma chair 5

Un cœur qui vous aime quand il faudra que je vous donne des témoignages de mon amour par Tamour de mes ennemis, et en leur rendant le bien pour le mal ;

Un cœur qui vous aime et qui se déchire lui-même quand il faudra faire céder la créature au créateur, et étouffer la tendresse de la nature, pour n'écouter plus que la voix de la grâce ;

Un cœur qui vous aime quand il faudra embrasser l'humiliation , et que, pour rendre un véritable hommage à vos opprobres, il sera nécessaire que je vous abandonne ma réputation et mon honneur ;

Un cœur qui vous aime quand il faudra résister en face à la faveur, vous préférer à ma famille et à ce que j'ai de plus cher au monde , pour vous témoigner que je vous aime par-dessus toutes choses.

Enfin , faites , ô mon Dieu ! que je vous aime , non-seulement dans vos bienfaits et

dans raboiidance de vos grâces, mais encore dans le mépris des créatures, dans les souffîances , dans la perte des biens et de toutes sortes de consolations, pour devenir plus conforme à votre divine volonté et pour vous être plus agréable.

Car vous puis-je , Seigneur , donner en cela quelque marque d'amour qui puisse le moins du monde approcher des témoignages que j'ai reçus du vôtre, et qui ne soit infiniment au-dessous des obligations que je vous ai, et de mes devoirs ?

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