‹ Réflexions sur la miséricorde de Dieu (volume 2)Chapitre 159 sur 175 · O Domine^ libéra aiiimam meam. » Psalm. GXIV · texte numérisé non relu

O Domine^ libéra aiiimam meam. » Psalm. GXIV

2. « Libéra me Domine^ et pone me juxta te^ et cujusvis manus pugnet contra me. » Job, xvn, 3.

le poids des souffrances et presque réduite au désespoir, transportons- nous au jardin des Olives 5 suivons-y Jësus-Christ , trnîné ignominieusement, le corps percé, déchiré, tout sanglant, et, par cette foiblesse si douloureuse du Fils de Dieu , nous recouvrerons de nouvelles forces. Mais si l'ennemi nous attaque de nouveau, où irons-nous? A la Croix, où cet Homme-Dieu, attaché par le péché des hommes et délaissé de sa propre puissance , nous mérite des grâces contre lesquelles tout Tenfer ne peut rien. O Croix de mon Sauveur, adorable Croix ! je t'embrasse, je m'attache à toi tout entière nour lui être unie à jamais ! O Croix triomphante ! ô jour de miséricorde î le règne du péché est aboli, le temps de grâce est arrivé, et la nature est réparée. Nous étions assis dans les ténèbres et dans l'ombre de la mort ; la lumière a percé l'abîme, et nous voyons le jour du Seigneur. Je vois sa Croix, comme un trophée de victoire, s'élever jusqu'aux nues : je le vois lui-même assis à la droite

de Dieu son Père, tout rayonnant de gloire et de lumière. Qui me donnera des ailes pour voler jusqu'à lui ? Mais toute notre force ici-bas est dans la Croix de Jésus - Christ. Arborons ce glorieux étendard ; entrons dans la voie. J'y cours, le souffle de Dieu m'emporte ; je l'ai parcourue ; je touche au but. Jérusalem, ouvre tes portes ; portes éternelles, ouvrez-vous ; et vous, ministres du Très-Haut, présentez-moi devant son trône : que je l'adore, que je le contemple , que je m'absorbe en lui , et qu'enivrée des délices de ses Saints, je ne cesse de chanter avec eux, dans l'éternité, ses louanges et ses miséricordes.

Je vous avouerai qu'il est des momens où la grâce agit si puissamment en moi, que je suis comme transportée hors de moimême, que je ne me connois plus. Faut-il que mon esprit soit enfermé dans un corps si fragile et si plein d'imperfections? Tout ce que je pouvois espérer du Seigneur, c'est qu'il me fît miséricorde ; et je suis comblée

de ses grâces !. Je^devois gémir toute ma vie sous la main du Tout-Puissant, et il ne l'étend sur moi que pour réjouir mon âme par ses bienfaits ! Mais que notre pensée est prompte et facile à se laisser séduire ! Je puis prendre pour transport de reconnoissance et d'amour ce qui, peut-être, est Veffet de la présomption et d'une complaisance criminelle. J'ai donc à remercier Dieu de tous les états par lesquels il me fait passer, et je ne dois pas moins le glorifier lorsqu'il abaisse mon âme sur sa propre foiblesse , pour me tenir dans le respect et dans le silence, que lorsqu'il l'élève et la fait triompher. Adieu ; continuez -moi toujours vos bontés, et pensez que je ne reçois aucune grâce à laquelle vous n'ayez part, et dont je n'attribue le mérite à vos soins et à vos prières.

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