‹ Réflexions sur la miséricorde de Dieu (volume 2)Chapitre 43 sur 175 · DE LA VALTJEBE. LXI · texte numérisé non relu

DE LA VALTJEBE. LXI

reilles de diamans, dit la Reine en faisant un signe à la dame d'honneur, est celle que le Roi aime *. »

La malheureuse Reine commençoit à boire l'amer calice qu'elle devoit épuiser jusqu'à la lie. Les amours du Roi pour mademoiselle de LaVallière étoient la première station du lono et douloureux calvaire qu'elle étoit condamnée à gravir avant d'arriver au terme de ses ennuis.

1. Mémoires; t. IV, p. 321. « Esta donzella cori la.^ nrracadas de diamnnte^ es esta que el Rei quiere. »

LA DUCHESSE

Fausse lettre adressée à la Reine. — Disgrâces qui s ensuivent. — Le ballet des Arts et la bergère La Vallière. — Sa première grossesse. — Lettre de Louis XIV à ce sujet. — Colbert et d'Ormesson. — Nouvelles fêtes à la cour. — Louis XIV et la France. — Chagrins de la jeune Reine. — Mademoiselle de La Vallière a un second fils. — Vers qu'elle adresse au Roi. — Elle est reçue par la Reine mère. — Souvent femme varie. — Nouveaux enfans de mademoiselle de La Vallière. — Les légitimations. — Création du duché de La Vallière. — Le \oyage d'Avesnes. — Insolence de la duchesse de La Vallière envers la Reine. — Madame de Montespan devient la maîtresse du Roi. — Naissance du comte de Vermandois. — Madame Colbert.

Si une favorite mérita jamais d'échapper aux sourdes inimitiés que l'air des cours engendre et qui se concilient si bien avec l'affabilité des dehors, c'est mademoiselle de La Vallière. Le seul reproche qu'on pût lui faire, disoient ses anciens amis, c'étoit de les avoir oubliés complètement, de ne vouloir plus les voir, ni même en entendre

DE LA VALLIERE LXTIl

parler, uniquement occupée de sa passion, qui lui tenoit lieu de tout*. Elle avoit fait la paix avec l'altière comtesse de Soissons, qui la détestoit d'autant plus que l'amour du Roi pour la fille d'honneur sembloit grandir chaque jour. De son côté, Madame supportoit avec impatience l'obligation de couvrir en quelque sorte cet amour de son manteau. Le marquis de Vardes et le comte de Guiche partageoient et envenimoient ces sentimens. Vers la fin de 1662, ils imaginèrent d'écrire à la reine Marie-Thérèse, en se servant du nom de la reine d'Espagne, une lettre où se trouvoit racontée dans tous ses détails l'intrigue du Roi avec mademoiselle de La Vallière. La Reine y étoit invitée à se plaindre hautement, le Roi son mari étant, disoit la lettre, un fanfaron qui ne résisteroit point si on lui tenoit tête. Le comte de Guiche avoua plus tard à Louis XIV toutes les circonstances de

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