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ment relevoit encore , ajoutoit chaque jour à la passion du Roi. Qu'auroit-il pu refuser à celle qui , pouvant tout sur lui , ne demandoitrien ni pour elle-même, ni pour les siens*, ni pour ses amis? Cependant, en 1664, elle désira voir les femmes de qualité de la cour. Le Roi pria la Reine-Mère de ne pas faire obstacle à ce vœu de sa maîtresse, et peu de jours après, il la lui mena. Quand la jeune reine sut que le Roi avoit joue avec mademoiselle de La Vallière , Madame et Monsieur, dans la chambre d'Anne d'Autriche , « elle en fut , dit madame de Motteville , excessivement affligée^. » Un autre jour, à Chambord, made-
1. Un parent de mademoiselle de La Vallière, Gilles de la Baume le Blanc, fut pourtant nommé évèque de Nantes, le 12 juin 1668. On voit dans la Gazette de France du 31 juillet 1677 qu'il se démit de ses fonctions à cette époque.
2. Mémoires, t. IV, p. 351 et 338. — Veut-on savoir quelles étoient les impressions de la classe moyenne des provinces sur ces intrigues amoureuses de la cour ? Un bourgeois de Reims , Oudart
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moisellede La Vallière exprima^ dit-on, un autre désir qui dut embarrasser beaucoup moins le Roi. On sait que, dans un de ses momens de tristesse et d'ennui, François P'^ avoit écrit sur lé vitrail d'un cabinet, près de la chapelle, avec la pointe d'un brillant qu'il portoit au doigt, ces deux vers si connus :
jSouocttt femme vav'xc , Mai Ijabil qui a'j) fie.
D'après une tradition locale^ mademoiselle de La Vallière demanda le sacrifice de ces vers à Louis XIV, et celui-ci , déjà
Coquault, a laissé des Mémoires dont M. Louis Paris a publié des extraits dans un joli petit volume de bibliophile, intitulé : Remensiana ; in-32 ; Reims, 1840 — Oudart Coquault raconte dans ses Mémoires, à la date du mois d'août 1663, que les personnes qui avoient été exilées de la cour à cause de la dame Vallière venoient d'y être rappelées, « pour ôter le scandale qui couroit parmi le peuple pour telle chose frivolle. » — « Cette dame Vallière, ajoute-t-il, est accorte, complaisante, et belle et gaillarde. La Reine
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engagé peut-être dans d'autres amours, s'empressa de briser le vitrail dépositaire des rancunes de François I^r *.
La mort d'Anne d'Autriche , arrivée le 20 janvier 1666, délivra Louis XIV de la dernière entrave que ses passions avoient supportée. Les conséquences ne se firent pas attendre, et elles furent, au point de vue de la morale, déplorables pour la monarchie ellemême. L'année d'après eut heu le scandale impardonnable de la première légitimation d'une fille naturelle du Roi et de mademoiselle de La Vallière, Marie-Anne de Bourbon juée le 2 octobre 1666^. Le comte
est cVun naturel assez pesant, de peu d'entretien, joint que l'on dit qu'elle ne parle pas tout à fait bien François. C'est ce qui donne cause à toutes ces petites jalousies et distractions que le Roy prend ; mais ce n'est à faire au peuple à parler de leur Roy en mal, touchant de telles frivoles, » Remensiana, p. 289.
1. Le château de Chamhord^ par L. de La Saussaye. 5^ édit. Blois, 1847, p. 44.
:2. Mademoiselle de Montpensier rapporte ce qui suit au sujet de cet accouchement qui auroit eu lieu