‹ Réflexions sur la miséricorde de DieuChapitre 105 sur 183 · LETTRE XLV · texte numérisé non relu

LETTRE XLV

Ce H mai 1686.

endons grâces à Dieu des dispositions qu'il -met en vous 5 cependant, quelque imparfaite que je sois, comme vous le pouvez juger aisément, je ne laisse pas de voir.mieux sur mes amis que sur moi-même.

Ma sœur Anne-Marie nous a fait part de votre lettre, où nous avons trouvé de grands sujets d'édification 5 je n'y vois qu'une chose

DB BEIXEFO^IDS. 223

à craindre pour vous, c'est ce désir de retraite , auquel je ne crois pas qu'il soit encore temps de tous arrêter. Dieu tous en ouvrira la porte, si c'est par ce moyen qu'il veut vous perFectionner; mais, selon les apparences , il choisira d'autres voies ; ainsi, votre état présent doit seul vous occuper. Demandez -lui humblement des lumières pour vous guider dans ce que vous devez faire, et défiez- vous de vous-même. Mon cceur^ dit le Prophète, s* est obscurci *, et l'on suit bien plutôt ce qu'il inspire que ce que l'on doit. Il y a en nous un fonds d'amour-propre qui sait si bien tourner toutes nos pensées , que nous ne faisons presque jamais que ce qui nous plaît, et de là vient que nous croyons très-souvent agir pour Dieu , tandis que nous n'agissons que pour nous-mêmes.

Je vous ai piié plusieurs fois de n'avoir

1. Cor meum conturbalum est.,., et contexerunt me ttnebrœ, Ps. jliv, 5, 6.

point d'indulgence pour moi, et je vous prie maintenant de n'en avoir point pour vous ; mais quand vous réduiriez votre, corps en servitude , ce n'est rien si vous n'y réduisez pas votre esprit. Captivez votre entendement ; faites la volonté des autres plutôt que la vôtre, quand elle devroit vous tromper. La soumission vaut mieux que toutes nos lumières, parce qu'elle nous rapproche de l'humilité de Jésus-Christ. Mais je retombe encore à faire le directeur, et je m'aperçois même que je le fais durement; je vous en demande pardon. Je vous dis ce que je dois me dire sans cesse à moi-même; mais on s'oublie quelquefois volontiers pour ses amis, et quand on n'a qu'une même foi, qu'un même amour, qu'une même espérance , je crois qu'il est permis de confondre ses intérêts. Priez Dieu qu'il veuille régler mon esprit et mon cœur, et je vous promets de ne rien négliger pour vous obtenir de sa bonté le don de la persévérance.

p. s. Quand je ^chk ai parle de r&xmi^ tes, je n'ai point ^^cniln psokr de retraîles paiticalièr» ^ et surtont de fseUes que vous tûtes avec M. de Greucâile. Cest le deasein Je TOUS y consacrer eaûèrcmeai^ « auront dans ce teinp&-ci ^ que bous n'appouvons pas.

LETTRE XLVI

Ce 6 septembre 46^<t.

1 y a longtemps qiie, par Ift grâce de Jésus-Christ , je suis bien poi*suadée et convaincue du nt^nnt des choses du monde. Mais ce n*oAt point assez si je ne m'occupe uniquement i\vn choses du ciel; et maUiciirouM'meiit, l«Mt que rame est unie au cor^n^ notm U'wtim

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