DE LA YALLIERE. CIII
envioit fort le même bonheur, mais qu'elle n'y étoit pas encore parvenue. Elle avoit cependant profité de leurs dernières conversations et il lui sembloit qu'elle faisoit des merveilles. Le maréchal avoit, aux Carmélites de la rue Saint-Jacques , une tante, alors prieure de la communauté^. Il la^ria d'y admettre la duchesse de La Vallière, et la mère Agnès de Jésus-Maria y consentit. « Vous me donnez une grande joie de m'assurer que je serai reçue, quand j'aurai la force de me tirer d'ici, écrivit madame de La Vallière au maréchal, le 4 novembre 1673: Je crois que cest en sai^oir assez pour le temps présent; je tâcherai de faire une visite à votre retour. » Une lettre du 21 novembre apprit au maréchal, à l'ami dévoué, une bonne nouvelle : « J'ai vu^ depuis votre départ, les personnes auxquelles j'espère al-
i . La mère Agnès de Jésus-Maria f Judith de Bellefonds). — Voir, à r Appendice, pièce n° 11, p. 241, une notice biographique la concernant.
CIY Là DUCHESSE
1er bientôt me joindre pour toujours. Tout m'afTermit dans ce dessein et je crois que bientôt vous ne craindrez plus pour moi. » Un vif sujet de satisfaction poiu* la pécheresse repentante, c'est que, malgré la grandeur de ses fautes, toujours présentes à sa pensée, Tamour divin et non Tobligation de faire pénitence , étoit son seul mobile, ]Vd3eXondom qu'elle avoit vu et à qui elle a voit ouvert son cœur, « la pressoit, ajoutoit-elle , d'exécuter sur-le-champ la sainte volonté de Dieu. » Vers le commencement de décembre, le bruit se répandit à la cour que la duchesse de La Vallière étoit allée faire une visite aux Carmélites et qu'elle avoit le projet de s'y retirer. On devine les questions , les commentaires , les insinuations malveillantes qui suivirent; la lettre de madame de Sévigné en a donné une idée. « Dieu l'a permis pour me mortifier, écrivit madame de La Vallière au maréchal ; cependant , je ne sais pas encore quand je sortirai d'ici. On me fait mille difficultés sur