‹ Réflexions sur la miséricorde de DieuChapitre 60 sur 183 · DE LA VALLIERE. CXXXIII · texte numérisé non relu

DE LA VALLIERE. CXXXIII

gnant toujours que l'expiation de ses fautes ne fût pas complète. Le cinq juin, elle se leva, suivant Vusagç, à trois heures du matin; mais s'étant presque aussitôt trouvée mai, elle dut se laisser porter à l'infirmerie. Il fallut la forcer de quitter la serge pour se servir de linge. Bientôt, tout espoir de la sauver fut perdu. Sans faire entendre une plainte, quoique ses souffrances fussent des plus vives, elle répétait à chaque instant : Expirer dans les plus vwes douleurs , voilà ce qui convient à une pécheresse, La pauvre sœur Louise de la Miséricorde vit au moins sa suprême prière exaucée. Elle souffrit jusqu'à la fin, exhortant des yeux, quand elle ne put plus parler, la princesse de Conti , sa fille, qu'on avoit mandée en toute hâte, et faisant signe à l'abbé Pirot, son confesseur, qu'elle s'unissoit de cœur à sa prière. Enfin, le 6 juin 1710, à midi, elle rendit le dernier soupir. L'heure de la délivrance avoit sonné.

La princesse palatine raconte que, depuis I n

GXXXIY LA. DUCHESSE

son entrée aux Carmélites, sœur Louise de la Miséricorde lui avoit souvent dit que si le Roi venoit dans son .couvent, elle se cacheroit si bien qu'il ne pourroît pas la trouver. « Mais, continue la princesse palatine , elle n'a pas eu besoin de prendre cette peine, car le Roi n'y est jamais venu*.» Mademoiselle de Montpensier dit aussi : « H est vrai que le Roi assista, avec les yeiix fort rouges, à la messe que la duchesse de La Vallière entendit à la cour, avant de partir pour les Carmélites.... On en fut bientôt consolé * . » De son côté , madame de Caylus constate, d'après des souvenirs contemporains, que le Roi vit partir la ducliesse de La Vallière (Tim œil sec*. Ecoutons maintenant le duc de Saint-Simon : « Le Roi avoit conservé pour madame de La Vallière une estime et une considération sèche dont il s'expliquoit même rarement et

Page 1