LA PREMIÈRE ÉDITION
2 uoiqu'un Père de l'Église ait f dit, afec beaucoup de raison, i[ qu'il ëtoit plus rare de trouver des âmes vraiment pénitentes, que d'en trouver qui aient conservé l'innocence de leur baptême , parce qu'il j- en a peu qui se convertissent comme il faut, cependant la bonté de Dieu suscite, de temps en temps, des prodiges de perd-
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tence^ pour faire voir aux pécheurs qu il est un Dieu de miséricorde^ et que^ quelque grand que puisse être leur ed^andonne ment ^ il est toujours prêt à les rece^ voirj s'ils retournent à lui açec un cœur sincère et véritablement touché de leurs offenses. Il ne demande pas la mort des pécheurs f puisqu'il est venu verser son sang pour eux^ mais seulement qu'ils se convertissent et quils vivent.
Si toute U Église a admiré depuis quelques années un de ces prodiges^ en la personne d'un prince dont on peut convparer la pénitence à celle des plus austères pénitens des siècles passés * , nom
* L'auteur de V Avertissement semble faire allusion ici au prince de Gond, frère du grand Condé, qui mourut en 1666, dans les sentîmens delà plus grande dévotion, et dont le fils épousa mademoiselle de Blois, fille de Louis XIY et delà duchesse de La Vallière. Au moment même où le
ArERTISSEMElST,
n aidons pas moins de sujet d'admirer aujourd'hui celle dune dame que la miséricorde de Dieu est allée chercher depuis quelque temps dans la corruption du siècle et parmi les plaisirs criminels du monde y pour en faire un miracle de pénitence. Car il sera facile de connottre par ces pieuses Réflexions qu^on donne au public et quelle a faites avant sa retraite du monde^ après être sortie d*une dangereuse maladie , combien cette âme est pénétrée de la disfine charité^ et qu autant elle avoit été dans V oubli de son salut par ses profondes chutes dans le péché ^ autant est -elle
mariage alloit se faire, le 5 janvier 1 680, madame de Sévigné écrivoit à sa fille, à propos de madame de La Vallière, qu'elle avoit vue la veille au parloir des Carmélites : a M. de Conli l'aime et l'honore tendrement; elle est son directeur ; ce prince est dévot et le sera comme son père. »