EXTRAITS DES JOURNAUX
K> Extrait du Journal de Québec, 1er mai 1874.
► Monsieur Leroy a exposé hier au soir, devant un auditoire d’élite, un nouveau système d’enseignement, fruit de ses longues études. Malgré l’aridité du sujet, il a su intéresser vivement.
Quoique nous ne soyons pas assez compétent pour juger de la chose en elle-même, nous croyons cependant que ce système mérite d’attirer l’attention de tous les hommes, qui s’occupent d’enseignement.
Extrait du journal L'Evénement, 1er mai 1874.
Nous avons assisté hier soir à une conférence donnée à l’école Normale- Laval, sous la présidence de l’Hon. ministre de l’Instruction Publique.
; M. P. Leroy, professeur français, arrivé au
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pays depuis deux mois environ, nous a exposé un nouveau mode d’enseignement, qui simplifie les études. L’espace ne nous permet pas d’en faire l’analyse. Qu’il suffise à nos lecteurs de savoir que M. Leroy se sert de tableaux, et, avec ce secours, l’élève peut en quelque sorte travailler seul. L’expérience qu’il a faite hier devant l’auditoire a parfaitement réussi.
On nous assure que cette méthode a reçu l’approbation des personnes les plus compétentes en fait d’enseignement.
Extrait du journal L’ Echo-de Lévis, 1er mai 1874.
Nous avons entendu, hier soir, l’exposé fait, à l’école Normale, par M. Leroy de son système d’enseignement. Simplicité, clarté, facilité d’application à toutes les langues: tels sont les avantages que l’on ne peut s’empêcher de saisir au premier abord dans la méthode du jeune professeur.
En quelques leçons, un élève apprend la philosophie de la langue, chose que jusqu’ici il avait peine à saisir après plusieurs années d’étude. M. Leroy laisse reposer la mémoire de l’enfant, et au lieu de le surcharger d’un bagage indigeste de déclinaisons et de conjugaisons, qui l’embrouillent et le dégoûtent, il ne s’adresse qu’à son jugement. Il le met ainsi en mesure de faire immédiatement des versions et des thèmes tirés des auteurs. Tout le secret consiste à se rendre compte dès le principe de règles, que les élèves n’approfon-
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dissent et ne raisonnent d’ordinaire qu’aprcs plusieurs années d’un pénible travail; encore, tous n’y arrivent-ils pas.
Nul doute que cette méthode, tout-à-fait nouvelle dans son application, ne produise une réforme importante dans l’enseignement; et n’abrége considérablement le temps consacré à l’étude des langues.
Extrait du journal Le Canadien, 1er mai 1874.
La conférence, dont nous avions parlé dans notre numéro de mercredi, a eu lieu hier soir à l’école Normale-Laval, sous la présidence de l’honorable M. Ouimet, ministre de l’Instruction Publique.
Pendant plus de deux heures. M. Leroy a tenu sous le charme de sa parole la nombreuse société, qui avait répondu à son invitation. Après avoir fait ce qu’on peut appeler l’historique de son sj'Stème, il l’a appliqué avec le plus grand succès.
On ne saurait imaginer rien de plus intéressant qu’une leçon de ce genre, qui semblerait pourtant devoir être assez aride ; mais elle était faite de manière que même les per-, sonnes, à qui la langue latine est complètement inconnue, pouvaient suivre tous les raisonnements.
Un jeune homme n’ayant aucune connaissance du latin, et quo lo révérend M. Lagacé avait choisi lui-même avant la séance, a servi à montrer l’excellence des procédés employés par M. Leroy.
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Avant cette conférence, nous n’aurions pas cru qu’on pût ainsi, sans préliminaires, faire un thème tiré des auteurs; aujourd’hui nous sommes forcé de le croire. En vérité c’est merveilleux et tout le monde a été d’accord pour le reconnaître.
Serait-ce donc enfin cette réforme tant désirée! Tout le fait supposer; et si M. Leroy a eu tant de peine à se faire jour, qu’il se console maintenant. Nous lui dirons comme M. Lagacé: Monsieur, après vous avoir entendu, on ne peut dire qu’une chose, c’est que vous avez raison.
Extrait du Journal de V Instruction Publique, mai 1874.
Nous avons assisté, le 30 avril dernier, à l’Ecole Normale Laval, à une séance présidée par M. le ministre de l’Instruction Publique, où M. Leroy a fait l’exposé et une application partielle de sa nouvelle méthode pour apprendre les langues. La méthode de M. Leroy n’est pas une simple théorie; elle est le résultat pratique d’un travail constant, d’une expérience de tous les jours. C’est l’étude par le raisonnement, mais le raisonnement mis, au moyen de tableaux, à la portée de l’intelligence des enfants.
Trois choses nous ont frappé surtout dans cette manière d’enseigner.
lo. Economie de temps. Elle est incontestable. On peut apprendre parfaitement dans six mois ce que les anciennes méthodes ne parviennent à inculquer que très-imparfaitement dans un an.
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2o. Suppression d’une grande partie du travail de la mémoire au profit de celui de l’intelligcr.ce. Il est bon d’exercer la mémoire ; mais généralement on force cette faculté au détriment des autres. Il vaut mieux pouvoir expliquer avec intelligence cent lignes du premier livre de l’Enéïde que d’en réciter, comme un perroquet, les sept cent soixante vers, sans les comprendre ni les goûter. On retient beaucoup mieux d’ailleurs une chose comprise qu’une chose simplement apprise. Jvt dans les classes, on apprend généralement beaucoup plus qu’on ne comprend.
ou. Association du travail de
l’élève avec
ce iin au maître. Ce point n’est pas le moins important. Avec cette nouvelle méthode, l’élève cesse d’être purement passif. Il n’est r;!i!°' seulement auditeur en classe, il est ao-
l 'rr, partie intéressée. Ordinairement tout le travail se fait à l’étude ; la classe n’est qu’une simple inspection. L’élève vient y faire corriger ses devoirs et recevoir la tâche de l’étude suivante. Avec le système de M. Leroy, l’étude sc fait en classe même, à haute voix, par le maître, par tout le monde ; cela tient autant do l’assemblée délibérante que de la classe: et c’est là le grand secret pour captiver l’élève et le faire progresser rapidement.
Ajoutons que les heures de travail sont considérablement diminuées. Il faut bien le dire, on exige d’nn enfant, dont la force est déjà sérieusement mise à contribution par sa croissance, un travail qu’un homme fait ne peut pas même supporter. Dans un collège
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les élèves ont à travailler de la tête pendant dix et onze heures chaque jour. Aussi, ceux qui n’ont pas une constitution de fer, pour nous servir d’une expression familière, sortent de là épuisés, portant en eux le /renne de toutes loo maladies, qui viennent les assaillir dès qu’ils ont passé la trentaine. Un enfant, comme le dit M. Leroy, ne doit pas, ne peut pas travailler plus de sept heures par jour. Le travail, qu’il tait au-delà do ce temps, nonsouiement ne lui profite pas, mais le dégoûte, et annule les bons effets déjà produits. La question hygiénique, à elle seule, devrait suffire pour donner raison au nouveau système.
Lu somme, nous avons entendu M. Leroy avec infiniment de plaisir. Ce qu’il affirme, il le réalise, non pas en un tour de baguette comme les charlatans, mais à l’aide de principes raisonnés, solides, obtenus par le travail d’un esprit chercheur et bien équilibré. Daus un siècle, où les personnes instruites recherchent de préférence les carrières dans lesquelles on gagne beaucoup de gloire ou beaucoup d’argent, il est consolant de voir un homme, apparemment tout jeune, faire le sacrifice de légitimés ambitions et consacrer ses travaux, sa vue, à une tâche toute de dévouement et d’humilité. A ce seul titre, M. Leroy mériterait l’encouragement; mais il n’est pas nécessaire pour lui d’exploiter la sympathie, car nous croyons que son œuvre porte en ellcmcino de quoi le recommander suffisamment auprès des véritables.amis de l’éducation, de