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LE CIEL SE -COUVRE DE NUAGES

Pour avoir l’explication de ce qui va suivre, il faut savoir qu’à ma première conférence à l’Ecole Normale, plusieurs de mes plus chauds partisans d’alors s’étaient imaginés que je m’en tiendrais à mes travaux de latin. Mais quand ils surent que je mettais à profit le temps qui me restait jusqu’au 1er septembre pour achever une arithmétique et une grammaire française, mes bons amis changèrent tout- à- cou p de sentiments à mon égard et comprenant trop tard qu’ils avaient fait un pas do clerc en m’applaudissant à cette séance : ils ne virent plus en moi qu’un ennemi. J’étais devenu leur bête noire, et chaque soir ils allaient cabaler contre moi chez un nommé Piérard, natif de Belgique, dont j'ai l’intention de buriner le portrait et qui faisait alors des gorges chaudes de mon système II n’avait pas encore senti la vigueur de mon bras et je lui paraissais sans doute un pauvre garçon bien inoffensif. Notre Piérard ayant donc dressé toutes scs batteries n’attendait plus qu’une occasion pour commencer le

POUR ET CONTRE

feu. Elle devait bientôt se présenter. Et en effet l'amiral Thomas^et étant venu jeter l’ancre dans la rade de Québec je me rendis à bord de la Magicienne pour le prier de vouloir bien assister à une nouvelle conférence où Monseigneur Taschereau, l’honorable Ouimet, l’honorable Cauchon, M. le Consul français et d'autres personnes haut placées m’avaient promis de se rendre. L’amiral Thomasset accéda à ma demande et le dix août au soir une brillante société so trouvait réunie à l’Ecole Normale pour entendre de nouveau l’exposé de mon système. Piérard y était en grande toilette avec tous ses acolytes. Le lendemain le Journal de Québec rendait compte en ces termes de cette séance :

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