‹ Réforme de l'enseignement [microforme]Chapitre 22 sur 43 · L'HOMME À LA TÊTE QUI -BRANLE · texte numérisé non relu

L'HOMME À LA TÊTE QUI -BRANLE

Le stylo: c'est l’homme, a dit Buffon, un maitro dans l’art d'écrire; et avant d’avoir vu M. Toussaint, je l'avais déjà jugé à sa prose comme un homme prétentieux et d’un petit esprit. Les hommes de mérite ne sont point si chatouilleux à l'endroit de leurs ouvrages, ctils pardonnent aisément à la jeunesse un peu d’exagération. Car la plus belle prérogative d’un vicillard et surtout d’un Nestor de la science, c'est d’être bienveillant pour les jeunes gens. ‘l'el n’est pas M. Toussaint, le plus grand génie qui ait encore paru!l!

J’aspirais depris quelques jours à l'honneur de connaitre ce grand homme, sans pouvoir l'envisager à mon aise; mais hier j'ai eu la bonne fortune de le contempler à loisir dans tout l'éclat de sa gloire. Il était sur les marches de l'Ecole Normale où il se prélassait avec tant d'importance qu’il avait réellement l'air de faire la rouc. En chapeau de castor, la tôto renversée ca arrière, les mains dans les poches, le ventre légèrement proéminent, sans oublier les lunettes; il était vraiment beau à voir, et pour le croquer dignement,

J'aurais voulu le pinceau de Cham; mais lo plus drôlo de la chose, c’est qu’à un moment donné, il s’est mis à scander magistralement toutes ses paroles, en accompagnant chacune d'elles d'un grand signe de tête. J'en ai compté jusqu’à dix.

Avez-vous vu quelquefois-un de ces petits bonshommes dont la tête mobile, une fois

dérangée de sa position d'équilibre n’y peut lus revenir qu'après une longue suite d'oscilations. Eh bien! tel était M, Toussaint sur les marches de l'École Normale; et voilà ourquoi j'äi intitulé cet article : l'hcmme à a tète qui branle.

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