POUR #T CONTRE LA CAUSE EST ENTENDUE
L'envie est de tous les temps et de tous les climats. Toujou.: inquiète et souvent venimeuse comme la vipère, elle mord ou tâche sans cesse de mordre quelqu'un ou quelque chose. Le succès d'autrui l'empêche de dormir. Nous en avons une preuve toute réconte dans une brochure qui a pour père responsable et putatif un certain M. Lippens, que nous ne connaissons pas et ne désirons pa8 connaitre, mais qui, dans tous les cas, présente au public de Québec, un triste certificat de bonne conduite, de bonne éducation et de capacité. Et ps on nous assure que cette comédie de as fond et do pauvre esprit a été revue et corrigée, chaque soir, chez un M. Fiérard, son alter ego, en rrésence, nous assure-t-on, de la plupart des professeurs de l’Ecole Normale qui auraient, eux aussi, horreur de Ia méthode nouvelle. I] est de toute importance pour eux qu'ils dégagent leur responsabilité de cette production si triste de forme et de fond, et du compagnonnage de ces deux individus, surtout Mia nonv de nie pirates un dde Crete: 0 PUIS avons les noms de ces proïesseurs, mais nous nous abstiendrons de les nommer, pour le moment. S'ils en veulent à M. i:eroy, ce ne peut être une raison pour qu'ils s’accrochent à la première épave que les ternpêtes de là-bas les vents et les courants zeuvent pouss°r sur nos rivages. Si le système actuel, qu'ils pratiquent, leur est cher, ils sont terus d'en prouver l'efficacité par leur enseignement et
non pär des choses comme celle que nous avons sous les yeux.
Le combat loyal dans le champ clos de l’enseignement, voilà celui et le seul qu'ils doivent rechercher et que nous avons consoillé à M. Leroy lui-même, quand il se croyait obligé de rompre une lance avec ses envieux adversaires. Sortir de là, c’est s'avouer impuissant &@b vaincu et se condamner d'avance à une humiliante déroute. Si le 3yatème de M. Leroy est bon, comme nous Île croyons, il triomphera soyez-en sûrs, et vous vous serez fatalement brisé les dents en mordant une lime trop bien trempée pour vous; s’il ne l’est pas, il tombera de son propre poids dans l'oubli ot vous n’aurez rien perdu pour votre système, sans compter que l'on ne pourra vous accuser d'avoir, par préjugé ou par envie, voulu fermer à l'intelligence es portes de la science et de la lumière.
Le secret de cette brochure où nous-mème ne sommes pas épirzne, parce que nous avonz eu l’audace de croire à un système qui a fait ses preuves et obtenu l'assentiment et l’admiration d'hommes autrement posés dans l’enseignement que sex détracteurs, le voici :
Soyons moutons, el pour toute la vie, Mais d’une peau de loup couvrons-nous à propos ‘4 Pour ler à Leroy l'envie De venir nous mangee là laine sur le dos. ”
M. seroy, par son système, “ leur mange ls laine sur le ds ‘’ ei cela ne fait pas leur affaire. Mais qu'est-ce que cela nous fait, si l’enseignement de nos enfants s'en trouve
mieux, ct que ce système soit une sérieuse économie de temps pour les élèves et d'argent pour les parents ? Les partisans de Ptolémée se plaignaient, avec une égale amertume, de Copernic et se servaient même de l’Ecriture Sainte, ce que se. gardera bien de faire M.
Lippens, ‘“ pour lui ôter l'envie de venir lui manger ia laine sur le dos ” ; mais le temps, la science et les faits nnt fini par mettre à leur place ces champions outrés d’une routine séculaire. L'enseignement, de M. Leroy comine les sciences mêmes, pour avoir droit de cité, doit pouvoir subir victorieusement l'épreuve de l'analyse ; s’il y suecombe et si les résultats lui sont contraires, il tombera sans vos épigrammes et vos plates ironies.
M. Lippens se juge bien, quand il cite la fable du singe qui montre la lanterne magique et qu’il s’écrie :
‘ Moi qui suis un dindon j'y vois bien quelque chose Mais je ne sais pour queile cause Je ne distingue pas irès-bien.”
Tous vos raisonnements sont de l'espèce ; mais malgré cela ou plutôt, à cause de cela, ils n'empêchent niles parents d'envoyer leurs enfants à M. Leroy, ni les enfants de l'aimer, de vouloir être toujours dans la classe, à l’encontre de ce que l’on voit ailleurs, et d’apprendre avec une ‘“ nrodigieuse ”’ rapidité.
MM. Täppene et Piérard, avant d’être professeurs, auraient été, dit-on, libraires dans notre bonne ville de Québec. Serait-ce dans ieur librairie qu’ils auraient puisé les doctrines, qu'ils...................,......…0t 1a fable du
LU
sitge ? Mais soyons patients, puisque le succès d'autrui vous est si inconstitutionnel, car
d'autres indigestions comme celles-ci ‘Vous
attendent, et, s’il nous est permis, à nous aussi,
de parodier, nous dirons:
Le fleuve a vu sur ses rivages
De sots pourfendeurs en revers Insulter comme des sauvages
Les raisins qu’ils trouvent trop verts!
Cris d'Iroquois, fureurs bavardes, Tandis que, langues de poissardes, Vous poussez d'indécentes clameurs, Leroy, poursuivant sa carrière
Verse des torrents dé lumière
Sur vous, obscurs détracteurs.
Cr LS ess
fl qui
Pour bien comprendre l’homme, pour savoir quels sont ses besoins légitimes, il ne faut pas l’étudier par un seul côté de son être essentiellement varié; il ne faut pas surtout, au nom de la raison et de la science, se priver volontairement des lumières que la foi nous donne. C’est le défaut de notre époque de vouloir ainsi, par une abstraction impossible en soi, éteindre le seul flambeau capable de nous guider sûrement dans toutes les grandes questions qui intéressent l'humanité. L'homme est un être incompréhensible pour qui ne veut l’étudier qu'avec le scapel de la science, et voilà pourquoi tari de savants, malgré les ressources nouvelles, que l'observation a mises entre leurs mains, restent sans solution en face des s;rands problèmes de la vie. C’est qu’ils méconnaissent le vrai principe sur lequel tout repose et sans lequel il est impossible de fonder rien de durable. Dans leur constante préoccupation à vouloir partout et
toujours se passer de Dieu, ils ont précipité
avec eux dans une longue série d'expériences
funestes, la société contemporaine que, par leur génie, ils étaient appelés à diriger vers le vrai et le bien.
| Le devoir de tout homme, à qui la Provi-
Il dence a départi quelque talent, est de réagir
| contre cette tendance malheureuse; et notre
devoir à nous, dans une œuvre qui peut avoir
tant d'influence sur la destinée des enfants,
est de proclamer hautement comme base de
nos travaux Îles grands principes de la reli-
| gion. Ils ne sauraient être en contradiction ‘He avec les vérités que la science a déconvertes ; 1 et, en les plaçant comme des jalons sur notre route, nous avons la certitude de ne pas nous
4: tromper. Notre méthode consistera donc en Ji deux choses : croire et observer.
. M L'observation est en effet la clef du monde Li intellectuel ; et le temps n’est plus où le génie ne: d'un seul homme suffisait pour arrêter l’essor
de l'inteiligence humaine dans la voie du
ci progrès. L'idole a été brisée et, sur les pas de
ii Descartes, une foule d'hommes éminents, en
A étudiant la nature, ont pu, pierre par pier”+,
(2 élevé ces beaux édifices des sciences physiques
(4 et naturelles qu'il nous est donné d'admirer
14 aujourd'hui.
| A leur exemple, nous secouerons le joug du
; : passé; et, sans nous occuper des contradictions, . te nous espérons prouver que l'éducation, telle
qu’elle est pratiquée, est plutôt nuisible qu’u- Î ile, parce qu’elle ne tient aucun compte des | «osoins généraux de l’homme, qu'elle fait
vivre l'enfant, pendant des années, en dehors des conditions normales, où il peut et doit se développer, et que, par là, elle le condamne à une contrainte continuelle sans lui permettre jamais de se laisser aller à son génie spécial. Cette éducation fatigue l'enfant, elle ne le forme pas.
Le premier reproche que nous adresserons à l’enseignement actuel, et ce reproche tout le monde le reconnaitra comme fondé, c’est de couler tous les enfants dans le même moule, de teile sorte que des enfants, qui plus tard, arrivés à l’âge d'homme, doivent occuper des positions tout-à-fait dissemblables, soient soumis, pendant toute leur jeunesse, aux mêmes études, et, sans avoir une dirertiun spéciale, à des goûts différents et à des aptitudes éga-
Jemént différentes. Or, si chaque chose, dans
la nature, a une fonction parfaitement déterminée, est-il possible d'admettre que l’homme pour qui la nature a été faite, n'ait pas une mission particulière à remplir et, cela étant, que cette mission ne soit pas indiquée de bonne heure à chaque homme à des signes à peu près certains. Si l'enfant, dans les collèges, ne songe presque jamais à son avenir, c'est qu’il regarde comme inutile d'y songer, vu la longueur de ses études. Aussi, au lieu de
se fixer dès le principe à une position donnée,
et d’y consacrer tous ses soins, il bâtit dans son imagination de magnifiques châteaux en Espagne et flotte incertain d’un état à un autre, jusqu'au jour où il faut enfin se décider
Est-ce à dire que nous condamnions les
études générales ? non certes, mais nous croyons que, s’il y a des choses qu’il est nécessaire où même seulement utile de connaitre pour tous les hommes appelés à jouer un rôle dans la société ; il y a aussi des degrés dans les connaissances générales à donner aux enfants d’après Ia position de leur choix.
Qu'un prêtre ou un professeur étudie le latin manière à pouvoir le parler, nous l’admettons très-bien ; le latin étant la langue de l'Eglise et la langue classiqne leur est indispensable, puisqu'ils sont destinés à en faire un usage continuel ; mais nous ne croyons pas que cette langue soit Aussi nécessaire aux autres Positions ; et la meilleure preuve, c’ést que, de tous ceux qui font leurs études, les trois quarts, sans cesser d'occuper dans Ie monde une situation prépondérante, finissent, âprès un temps plus où moins long, par oublier à pou près compiètement les langues classiques,
"est là un fait incontestable et qu’il serait aisé d'établir.
Il fut un temps où le latin était la langue du monde savant, et où non-seulement les livres religieux, mais encore tous les livres de quelque valeur étaient écrits en latin. Dans ce temps-là, pour être au courant du progrès des esprits, il suffisait de connaître la langue latine, et nous comprenons qu’à cette époque le latin fût étudié plus sérieusement qu’il ne l’est aujourd’hui, sans que nous admettions pour cela qu’il fallût, même alors, y consacrer -dix ans. Qu'on sache le latin comm on le savait jadis, nous n’avons à cela aucune objec-
tion à faire, et nous y trouverions même de grands avantages; mais il est constaté, du moins en France, que les élèves, même les meilleurs, et malgré la longueur des études, ne savent qu'imparfaiteñment le latin et fort péu le grec, quand ils sortent du collège. Et pourquoi cela ? C’est qu’au lieu de simplifier les méthodes, on a voulu conserver tout le passé sans tenir compte des besoins nouveaux et légitimes de la société. Car c’est une nécessité imposée par l'opinion publique qu'il faut donner un temps plus considérable à l'étude des langues vivantes et aux sciences, et tel est le sens dans lequel nous travaillerons en précisant ce qui doit être appris.
. Ainsi donc entre l'opinion de ceux, qui, par amour du passé, tiennent avant tout à ne rien changer at vieux système, et qui le considèrent, tel qu’il est, comme étant le dernier mot de l’enseignement ; et l'opinion de ceux, qui, par un extès contraire, et pour rendre, disentils, l’enseignement plus pratique, veulent supprimer entièrement l'étude des langues anciennes, nous croyons qu'il y à un juste milieu.
Vouloir garder l’ancien système, tel qu'il est et sans y rien changer, c’est ne pas tenir compte des besoins légitimes de notre époque ; c’est lutter en vain contre le sentiment général de tous les hommes, qui sans parti pris, étudient cette question. Notre époque si misérable à tant de points de vue, est grande cependant par les découvertes merveilleuses, qui ont été faites dans les sciences physiques
et naturelles; et l’étude approfondie de ces sciences est devenue une nécessité.
Vouloir d’autre part supprimer comme inutile l’étude des langues anciennes, c’est une tendance malheureuse mais réelle, qui, si on n’y prend garde, finira par prévaloir dans beaucoup de familles, parce qu’il est trop généralement admis, avec quelqu’apparence de raison, qu’un enfant, après de longues études, n’est plus apte aux affaires et qu'il est alors condamné, presque par la force des choses, à un petit nombre de positions sociales, De cette façon les études auraient pour conséquence de retrécir son horizon et non de lélargir. Qu'arrivetil en effet? Tous les jeunes gens 1e précipitent vers les positions libérales, qui, dans l’économie de la société, ne doivent pas être encombrées. En sont-ils plus heureux ? Non.
Nous voudrions nous, deux choses : 1° que l'étude dn latin devint plus générale ; 2° que le temps consaeré à cette étude ne dépassât pas (rois ans. Car nous prétendons qu'étant douré un enfant de nenf à dix ans, d’inteliiwence moyenne, travaillant par jour, classes et études comprises, seulement trois heures, indéy:endamment des autres études, cet enfant peut en trois ans acquérir de la langue latine une connaissance eomplète et en tous cas parfaitement suffisante pour remplir dans Ja société n'importe quelle position.
Nous ne disons pas que les études ne doi- “ent durer que trois ans; mais nous soutenons qu’à partir de sa quatorzième année ou
de ces
comme , C'est qui, si r dans t trop arence on Eues u’il est ce des ciales.
lr conion de us les sitions ociété, ont-ils
1° que 2° que Jassât ‘étant
teliilasses ures, nfant latine S parns la
à doisouteée ou
lus tard il est utile de diriger Penfant vers a position de son choix, en donnant une Éd de sa journée à des études spéciales ; ‘autre partie restant consacrée aux études classiques. Où évitera ainsi cette transaction si redoutable du collège à la vie d'étudiant. Le latin doit cependant rester à la base des études, Car cette langue, formée sous l'œil de Dieu, pour être un jour la langue des chrétiens, porte en elle, comme cachet distinctif, I grandeur +évère et la force de ce peuple puissant, qui, par son organisation et ses lois, a laissé dans le monde tant de traces de son passage. Cette langue essentiellement méthodique et 1aturellement sobre d’ornements superflus semble, dans l'agencement si régnlier de ses phrases, n'avoir été faite que pour: les choses sérieuses. C’est vraïment la languc de la raison. Micux que toute autre, en effet, elle se prête d’une manière complète à lPana: lyse et il n’est pas de phrase plus facile à décomposer logiquement que la phrase latine, parce que n'ayant que bien peu d’exceptions clle n'offre point de ces tournures particulières à la langue française et dont il est si difficile à un enfant de se rendre compte.
Mais indépendamment de cette valeur intrinsèque, qui en fait la langue didactique par excellence et la rend en tous pays si utile aux professeurs pour l’explication des principes généraux et philosophiques du langage, elle a d’autres avantages pour tous les peuples dont elle a concouru à former la langue :. tels sont les Français, les Espagnols, les Por-
tugais, les Italiens, etc, et nous allons jusqu’à dire qu’il est impossible à ces peuples de connaître leur langue à fond s'ils ne savent les langués anciennes. Cela est vrai d’une manière toute spéciale pour nous autres Français et nous ne sommss pas de l'avis de ceux qui veulent, (ils sont malheureusement trop nombreux) proscrire dans les collèges comme inutile l'étude du latin. Nous croyons, au contraire, que la langue française, pour être étudiée sérieusement, doit être mise en comparaison avec le latin et le grec, qui lui ont fourni non-seulement ses racines et ses mots techniques, mais encore un bon nombre de ses tournures.
Si en effet nous remontons de quelques siècles en arrière et que nous étudions les premières histoires, qui aient été écrites en langue vulgaire, nous pourrons nous convaincre que la manière des Joinville, des Froissard et des Brantôme tient beaucoup de la tournure latine ; et, si aujourd’hui ces tournures se sont modifiees, il n’en est pas moins vrai de dire qu'aucun de nos grands écrivains n’a ignoré le latin. Maïs nous croyons d’un autre côté, et nous avons des raisons sérieuses à l’appui de cette opinion, nous c:oyons qu’en thèse générale, ces langues : anciennes, que nous reccnnaissons comme indispensables à une bonne éducation, ne doivent être étudiées qu'autant qu’elles sont utiles à la formation de l’enfant et à la connaissance complète des langues vivantes. L'important est de préciser quel doit être le programme à suivre, et après
18 jusles de savent
d'une Fran-
> CCUx t trop omme 18, AU r être | COMui ont
mots re de
lques 8 les 28 en vain- Froisde la nures ‘ai de n’a autre ses à ju’en que les à liées tion des ‘iser près
quelles études on peut dire qu’un enfant sait suffisamment le latin et le grec. C’est ce que nous proposons de développer dans un ouvrage spécial où nous traiterons : lo des professeurs, 2° des élèves, 30 des études ellesmêmes, 4° du temps à consacrer à chacune d'elles. Nous nous proposons aussi de dire un mot de la littérature canadienne, et nous serons heureux si nous pouvons contribuer à faire connaître en France des écrivains et des savants, qui sont appelés, nous en sommes convaincu, à illustrer leur pays.