A CELLE-CI
Si tu veux de ma vie un jour et puis un jour,
Hôtesse passagère, entre dans ma demeure.
Et des pesants soucis qui font mon front si lourd
J'aurai garde qu'aucun te touche ni t'effleure ;
Mais, comme ces vieux vins que l'on verse au retour.
Je verserai pour toi ma gaîté la meilleure,
Si tu veux de ma vie un jour et puis un jour.
Si tu veux de ma vie un mois et puis un moi», Ce pacte de plaisir peut se signer encore.
Nous choisirons Avril et la senteur des bois. Juin et ses douces» nuits avec sa douce aurore.
Puis, nous nous quitterons sans ces sombres émoiSi Fleurs de regret qu'un trop long bonheur fait éciore, Si tu veux de ma vie un mois et puis un mois.
Si tu veux de ma vie un an et puis un an. . . vanité I tout est vanité, dit Tapôtre I Tous nos beaux feux de joie à Téclat rayonnant Pourraient bien être éteints d'une saison à Tautre; Mais tant qu'ils flamberont comme ils font maintenant, Quel sort sera le tieni quel délice le nôtre! Si tu veux de ma vie un an et puis un an.
Mais, si tu veux ma vie entière et pour toujours,
Ohl alors, laisse-moi redevenir moi-même,
Et triste sans contrainte et morne sans détours,
Je t'ouvrirai le fond de ma douleur suprême,
Et ta douleur sera mon suprême secours.
Car c'est ainsi qu'on soufTreet c'est ainsi qu'on aime,
Quand on veut une vie entière et pour toujours.