LIVRE DOUZIÈME
Cyr ' pour arriver à Lauenstein et à Liébenau avant la déroute de Yandàmme; plus malheureusement encore, VandammCy selon l'expression de l'Empereur, n'avait pas laissé une sentinelle sur les monta* gnes^ ni une réserve nulle part; il s'était engouffré dans un fond^ sans s'éclairer en aucune façon. S'il avait eu seulement quatre pièces de canon et quatre bataillons sur les hauteurs en réserve ^ tout ce malheur ne serait pas arrivé, oi Je lui avais donné Tordre positif, ajoute Napoléon, de se retrancher sur les hauteurs, d'y camper son corps, et de n'envoyer en Bohême que des partis pour inquiéter l'ennemi/ » {Lettre de l'Empereur au maréchal Gouvion Saint^Cyr^ datée de Dresde , le 1 •' septembre.)
Le duc de Ra^se a pensé lui-même que Yandàmme n'avait pas fait tout ce qu'il pouvait faire pour éviter le grand désastre dont il fut frappé, tt J'ai depuis étudié ces lieux sur place , dit-il , et j'ai acquis la conviction que Yandàmme aurait pu s'y défendre un contre deux, et certainement il l'aurait fait; mais il y a des limites au possible. Je pense, au contraire , qu'on pourrait lui reprocher de la lenteur et peu d^ ensemble dans sa marche. Ses troupes n'étaient pas réunies le 2tl; et, quoique maître de
» D*après l'auteur anonyme d'un Examen critique des Mémoires du dvc de Ragwe, le maréchal Marmont n'a cm que le maréchal Saint-Cyr pouvait secourir à temps le général Yandàmme que parce quMl a pris Dittersdorf, qui est à six lieues de Culm , pour Ehersdorf, qui en est peu éloigné.
Gulm le 29, avantmidi, il ne peut pas déboucher pour culbuter et mettre en déroute le corps russe, très-tn* férieur en force , isolé dans une position ouverte, sans
appui et sans moyens de résister // y avait un tel
désordre dans r armée alliée en ce moment, que le corps
DE YaNDAMMB seul POUVAIT, EN L* ACCROISSANT ENCORE, AMENER DES RÉSULTATS INCALCULABLES. » (Y, i 68 , 1 69.)
Ainsi^Vandamme eut non-seulement le tort d'abandonner complètement le poste inexpugnable où il avait été placé pour surveiller l'entrée des défilés de la Bohême , mais il commit aussi la faute de s'en-gonffrer, selon le mot de l'Empereur, dans ces défilés, sans avoir réuni ses troupes et fait ses dispositions, pour écraser et anéantir le corps russe qui s'opposa le premier à son passage et qui était trhs-inférieur en force, isolé, sans appui et sans moyens de résistance. C'est le duc de Raguse , son défenseur inattendu , qui constate cette seconde faute, aussi grave que la première, et qui lui impute d'avoir manqué des résultats incalculables que son corps seul pouvait amener.
Napoléon avait donc raison d'attendre , au centre des opérations des armées françaises, les grands résultats qu'il s'était promis des dispositions prises pour fermer les portes de la Bohême aux vaincus de Dresde, puisque ces résultats pouvaient être obtenus par le corps seul de Yandamme plus fidèle à sa consigne ou plus prompt à rallier ses troupes, et qu'il avait eu la précaution de faire concourir au