‹ Réfutation des Mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 2 sur 189 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

l'iCOLI Dl CHA10N8. — Ll SliCK DE TOULON. — LE 13 VEEDillIAIBE.

Il ne faut pas pousser bien loin la lecture des Mémoires de M. le duc de Raguse, pour y trouver la justification de la pensée que j'ai déjà émise sur la longue préparation du superbe maréchal au triste rôle qui lui échut en 1 81 i , et pour demeurer parfaitement convaincu que le signataire de la capitulation de Paris, ou si Ton veut le manœuvrier d'Essonne, ne fut jamais profondément attaché à la cause qu'il servit, même avec éclat, jusqu'à la Restauration.

Au début du livre, le jeune Marmont, simple élève d'artillerie à l'école de Châlons, se présente^

il est vrai 9 comme étant alors tout disposé à se faire une religion des principes de liberté et de patrie. (1 , 24.) Mais il déclare en même temps que ces généreuses tendances étaient combattues en lui par deux sentiments qui faillirent le jeter^ dès 4 792 j sur le chemin de la terre étrangère. « J'avais, dit-il , pour la personne du roi un sentiment difficile à définir^ et dont fai retrouvé la trace, et en quelque sorte la puissance f vingt-deux ans plus tard. » Cependant ce royalisme indéfinissable , qui se réveilla si vivement, en 1 81 4 , au retour de l'auguste exilé d'Hartwel , après avoir dormi d'un sommeil si profond à la poursuite du prétendant de Vérone ; ce royalisme inné qui faisait du monarque un être d'un ordre supérieur, et qui attribuait au mot de roi une magie et une puissance que rien n'avait altérées dans les cœurs droite et purs; ce royalidnie qui avait un caractère presque religieux, comme V amour de la liberté et de la patrie, Mannont ne lui accorde que le second rang parmi les influences qui mirent en danger ses inspirations libérales et patriotiques. Admis dans les meilleures maisons de Ghâlons , il y rencontra une femme cMrmante dont le nom ressemblait beau* coup au sien , et dont le mari , capitaine d'artillerie , avait émigré. Elle joignait à toutes les séductions de la première jeunesse un esprit extrêmement remar^^ qtmble : aussi lui inspira-t^elle promptement une fort grande passion. « Ma belle dame, dit le maréchal ,

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