‹ Réfutation des Mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 36 sur 189 · S VII · texte numérisé non relu

S VII

Cependant Marmont, qui place toujours habilement quelques éloges à côté de ses plus malveillantes insinuations, veut bien reconnaître que son général fit une disposition digne d'admiration en ordonnant l'évacuation d'Arcole , le soir même de son occupation par l'armée française, après un choc si rude et

loi RÉFITATIOIV DES MÉMOIRES DU DUC DE RAGUSE.

si sanglant. « Il fallait être un général supérieur, dit-il, pour renoncer à des succès apparents, afin d'en obtenir plus tard de réels. »

Mais cet hommage à la supériorité du général Bonaparte est encore, comme tous ceux de même nature que le duc de Raguse a placés de distance en distance dans ses Mémoires ^ affaibli par le voisinage de remarques et de réflexions peu admira tives. Selon lui, le sort de Tarmée française avait été compromis dans cette courte et prodigieuse campagne. « Les troupes, dit-il, étaient sous le rapport du nombre fort inférieures à celles de Tennemi, et, d'un autre côté , se battaient mal et semblaient avoir perdu toute leur énergie. » (I, 242.)

Gomment de si beaux et si rapides triomphes furent-ils donc obtenus avec des troupes si inférieures à celles de l'ennemi , et tombées tout à coup dans un pareil découragement? M. Thiers explique en deux mots ce miracle; il montre l'ennemi se retirant, après soixante-douze heures d'un épouvantable combat , découragé , accablé de fatigue et cédant la victoire, non pas à des soldats se battant mal et sans énergie, mais à VhértAsme de quelques mille braves et au génie d'un grand capitaine. ï> (Hi«toire de la Révolution ^ VIII, 471 .)

Marmont aime mieux laisser supposer que , dans l'issue glorieuse de cette étonnante campagne, les fautes de l'ennemi ont encore, comme à Voltri et à

Page 1