‹ Réfutation esthétique de TaineChapitre 3 sur 26 · EN EXPECTATIVE · texte numérisé non relu

EN EXPECTATIVE

Tragédies : orphéb, en cinq actes.

ANDROMÈDE, CD troîs aCtCS.

Drames : gaouostro, en cinq actes.

CÉSAR BOROiA, en cinq actes.

FRANÇOIS D*AssisE, CD ciuq actcs.

RÉFUTATION ESTHETIQUE DE TAINB

quenté les moindres rapins et les plus petits poètes n'ignore pas qu'il existe un état spécial de Tindivida qui cherche à créer ; cet état, fait d'enthousîasnie et d'orgueil, isole, plus qu'aucun autre, de Fambiance. L'homme qui voit dans la femme un modèle et dans l'amour une excitation à écrire, qui préfère un certain rêve à la réalité et contemple la vie pour l'exprimer au lieu de la vivre, dont la jouissance majeure consiste à trouver des lignes et des tons, celui-là, l'artiste, n'a pas le même esprit que le public.

Taine pose cette règle : « Pour comprendre une œuvre d'arty un artiste^ un groupe d'artistes, il faut se représenter, avec exactitude, l'état général de Fesprit et des mœurs du temps auquel ils appartiennent. » Autant dire que l'historien sera le seul esthéticien.

La forme, langue universelle et vraiment perpétuelle, s'entend en dehors de toute érudition. Isdubar étouffant un lionceau, Héraclès en ses travaux, saint Christophe portant Jésus, manifestent, par leur gigantisme, un idéal de force. L'Isis de Thèbes, la saltante d'Ankor, la danseuse pompéïenne, expriment la grâce féminine. Des Vénus de Titien, à la Tribune de Florence, à la Maja de Goya, à la Récamier de Gérard, à la Femme au perroquet de Courbet, il n'y a que des différences de vision.

RéPDTATlON ESTHETIQUE DE TAINB

sur un objet, le corps de la femme. A Venise, à Madrid, à Paris, au xvi® comme au xix^ siècle, l'artiste a aimé et œuvré, dans un état d'âme identique, et s'est proposé un but semblable dans la représentation de la femme nue. Aucune révolution, aucune catastrophe historique ne modifie l'état de concupiscence, ni sa transposition picturale.

Taine ne trouve que deux préceptes à donner : <c Naître avec du génies c^est l'affaire de vos parents; et travailler beaucoup ^ c'est votre affaire. » L'École de la rue Bonaparte, non plus qu'aucune autre, n'a été fondée pour le génie. Ou ce mot à un sens que j'ignore, ou bien il s'en sert étourdiment? Léonard a du génie^ évidemment.

Luini, Beltraffio, Lorenzo diCredi et ceux de la Lombardie en ont-ils ?

Si les musées et même le Louvre se bornaient à l'exposition des génies, que d'espace vide ! Qui fut un peintre de génie au xix® siècle ? Delacroix I Et puis ? on ne s'entendrait pas sur les autres. Parler du génie à des élèves équivaut à évoquer la tiare devant des séminaristes. <y Travailler beaucoup. » Hélas I le travail, méine improbe^ n'aboutit pas sans méthode. Et qu'est-ce qu un enseignement qui ne donne point de méthode?

La science « est une botanique appliquée aux œuvres humaines ».

la RKFUTATIGN ESTHÉTIQUE DK TAINB

On va voir ce que « les principes, les précautions, les /onctions des sciences naturelles communiquent de solidité aux sciences morales ». Et aussitôt surgit une classification déraisonnable : <( Parmi les grands artSy qui sont la poésie, la sculpture, la peinture, l'architecture et la musique, ne consi" dérons d'abord que les trois premiers, »

La poésie n'est pas un art, sinon par la calligraphie ou le dessin des caractères d'imprimerie et la disposition typographique? Le propre de Tart est de tomber sous les sens, et la poésie n'y tombe pas. Optiquement, la traduction en vers de T/mïtation et la Pucelle de Voltaire, une colonne du Bulletins des lois et une page de Balzac sont semblables. On lit la poésie, on voit l'œuvre d'art.

Tout homme voit, mais chacun ne lit que certaines langues dont il sait l'alphabet et les mots. Il n'est pas vrai, en outre, que la poésie soit un art d'imitation, si ce n'est dans les onomatopées, et le c( bréké kékex koax » d'Aristophane tient vraiment peu de place en littérature. La pensée de Pascal, la période de Bossuet n'imitent rien, non plus que la parole dont elles sont les formes durables.

« Il est bien clair qu'une statue a pour objet d'imiter de tout près un homme vraiment vivant... Il n'est pas moins clair qu'un drame, un roman, essaye de représenter des caractères, des actions. »

REFUTATION ESTHETIQUE DE TAIN»? l3

7art n'a qu^un instant pourson expression, il faut donc que cet instant soit significatif au plus haut )oînt : tandis que la littérature prend, s'il lui plaît, son personnage au berceau, et, par une succession de scènes, ne le quitte qu'à la tombe, ou même ne e quitte point, et raconte des épilogues. Homère trouve Ulysse auprès de Calypso et le ramène à Ithaque : il aurait pu commencer, par l'histoire de Laërte et d'Antiglée, et intercaler le voyage de Télémaque à Pylos et à Sparte. Le statuaire ne dispose que d'un geste pour incarner l'astucieux aventurier. Prenez le père Goriot à la table de la pension Vauquer, rien ne le caractérise ; au moment où il tord son vermeil, il s'élève au point pathétique.

Il estbien clair qu'un art qui ne dispose que d'un instant dans la durée, que d'un aspect unique parmi les aspects possibles, obéit à d'autres règles que la littérature, que ne borne aucune condition de temps et qui dispose de la succession des mouvements.

Taine prétend que la carrière d'un artiste commence par une période de sentiment vrai et finit par la manière. Il cite à l'appui le Jugement der^ nier de Michel-Ange. Gelam'impressionnerait, sans c< .te phrase : « On peut faire la même remarque s " une autre vie y celle de notre MicheUAnge fran-

l4 REFUTATION ESTHETIQUE DE TAINK

çais. » Corneille est fort grand^mais sans analogie avec Buonar oui. L'infériorité desdernièrespièces de Corneille vient de Texécution, non du plan; elles ne sont plus de son style, tandis que le dernier croquis du maître de la Sixtine est si léonin que nul ne se trompera sur Tattribution. A soixante ans, Fra Angelico progressait encore!

« Il faut imiter les rapports et les dépendances mutuelles des parties^ » dit notre professeur. Il aurait pu dire plus simplement, les proportions : mais Terreur fût devenue manifeste. Ces rapports sont précisément ce que le modèle donne très rarement. « La logique du corps », bonne expression désigne le travail synthétique de Tartiste qui, en face d'une belle partie, corrige les défectueuses.

Qui oserait, sans hésitation, écrire que Michel- Ange est le plus grand artiste italien et le tombeau des Médicis son chef-d'œuvre? Cette assurance surprend d'autant plus que Taine a mal vu, il appelle V Aurore et la Nuit, des vierges colossales et désespérées ? Les seins de la nuit ont allaité, et son ventre a enfanté !

Dans la kermesse (qu'iront voir les gens de la noce dans V Assommoir) le professeur découvre un chœur de flamands ivres de paix et de sécurité, après les guerres de religion !

Lorsqu'il définit le caractère essentiel, il trouve

RÉFUTATION ESTHETIQUE DE TAlNE

, que celui du lion est d'être un grand carnassier. , Et le tigre? Le lion est un idéogramme de force, de courage et à la fois de magnanimité. Plastiquement, le lion, tout en tête et crinière, correspond à l'idée de majesté; les animaux le reconnaissent comme roi. Au lieu de ces considérations, il donne une phrase de muséum : « Le lion est une mâchoire montée sur quatre pattes.

« L'architecte ayant conçu Tétrangeté, la variété, l'infinité, la fantaisie comme au temps gothique. » Ces mots, de valeurs si différentes, s'annulent les uns par les autres . Il est si simple de dire que la verticale étant la ligne ascendante et spiritualiste par excellence, l'architecte gothique devait l'adopter et l'exagérer. Taine croit à l'amour chevaleresque, il cite André le chapelain, sans se demander à quelle chapelle il appartient d'enseigner (c que l'amour ne peut exister entre époux » ; ce qui doit s'entendre de l'orthodoxie romaine en opposition avec la religion d'amour des Albigeois. « On fit de la femme une divinité ^ » dit-il^ comme si la Dame des Néo-Platoniciens n'était pas la Sophia ou la Gnose I

L'art reflétant les mœurs, l'historien ne manque point de chercher la cour de Louis XIV dans la t agédie classique.

Achille lui paraît un jeune officier aux gardes I

l6 RÉFUTATION SSTHÉTIQUS DK TAINE

Nous avons vu la brutalité de Siegfried qui serait insupportable dans un dranae sans musique. Les bienséances du xvii* siècle sont une des manifestations derhumanisme.

Si Taine avait étudié le théâtre comme auteur, au lieu de le juger par la mauvaise façon dont oa le joue, il se serait aperçu qu'Oreste n'est pas si loin de YOrestie d'Eschyle, et qu'on pourrait l'interpréter helléniquement. Lui aussi, faute d'intimité avec cet art spécial, se laisse tromper par les mots, là où l'intonation est tout.

Gluck soulève le même problème ; chanté à la note et sans flamme, il devient un musicien d'ariette avec ritournelle. Appeler le théâtre de Racine la peinture exquise du grand monde, c'est regarder aux perruques et non aux visages, aux modes et non aux passions. D'où vient que Michel- Ange n'est jamais plus colossal que dans les encognures de son plafond? Ses figures géantes grandissent par le peu d'espace où il les contient. De même, les bienséances de Racine augmentent l'intensité pathétique, et rendent significatifs des mots qui seraient nuls dans Shakespeare.

« V œuvre d'art est déterminée par l'état général de r esprit et des mœurs environnantes. » Cette loi deviendra plus tard une formule scolaire, et on dira : «L'état général doit déterminer l'art. »

Comment caractériser une civilisation? Il faudrait convenir de certains points qui fussent des bases, et bien décrire le personnage régnant. « En Grèce y le jeune homme nu et de belle race ; au moyen-âgey le moine extatique et le chevalier amoureux; au xvi®, le parfait homme de cour^ de nos jour s j Faust ou Werther. » Il se trouve que les principaux chefs-d'œuvre grecs sont féminins : Victoire de Samothrace, Victoire rattachant sa sandale, Parques; que le canon dePolyclète est androgyne, et surtout que la statuaire hellénique est idéogrammatique. Les mouvements y expriment des idées.

Le chevalier amoureux cache un mystique religieux^ un ardent hérétique. Quant au type de la Renaissance, c'est l'humaniste et non le courtisan. Fà«^/ figure l'alchimiste; il est aussi peu représentatif de nos jours que VIphigénie du même auteur.

« Un personnage régnant^ ses dominantes ^ ses formes expressives et acceptées comme telles y voilà la formule qui ne laisse rien hors de ses prises. » Celui qui désignera le personnage régnant de notre époque sera singulièrement perspicace, à moins qu'il ne se contente de l'arriviste ou du jouisseur, qui sont de toutes les époques.

« La plus belle période de l'invention italienne

l8 RÉFUTATION ftSTHÂTIQUE DB TAItlE

comprend le dernier quart duxvi® siècle et les trente ou quarante premières années du xvi^. » Ohl ohl ceci mérite qu'on s^arrête I A première vue et étant donnée l'autorité de l'écrivain, on ne se rend pas compte de Ténormité de cette phrase.

Le dôme de Pise a été commencé en io63; le Baptistère par Diotisalvi, ii35, la Tour penchée, par Bonanno, 1174.

Arnolfo di Cambio, Giovanni Pisano, les architectes d'Orvieto, et ceux du Palais ducal à Venise sont biffés d'un trait. Brunelleschi, mort en i446, ne compte pas, Alberti, mort en i47^> non plus.

L'architecture italienne commence, aux yeux de Taine, avec le Palais Strozzi. Pour la sculpture, les Pisans disparaissent, Donatello est mort à 80 ans, en i466, et Luca délia Robbia en 1482.

En peinture, Giotto et son école, Orcagna, disparaissent avec Fra Angelco et Masolino et Masaccio et Lippi.

Car enfin, le dernier quart du xv«, c'est Tan

Pour Taine, les artistes accomplis sont Léonard, Raphaël, Michel- Ange, Andréa del Sarte, FraBartolomeo, Giorgione, Titien, Sébastien del Piombo, le Corrège. Il serait long de discuter cette succession. « En deçà », dit-il, des chercheurs encore^ frustes y secs et raides^Pollajuolo, Lippi ^Ghirlan-

BÉFUTATION ESTHETIQUfi DE TAINS IQ

c/o/o, Verrochioy Mantegnay Garpaccioj Jean Bellin I » Il suffit d'aller voir au Lourre, la Madone de la Victoire, le Pâmasse, la Crucifixion, pour estimer ce qui est fruste, sec etraidel

« Au delày des disciples exagérés! » Il n'a souci ni des condisciples, ni des élèves de Léonard, ni du délicieux Sodoma, ni de Tintoret, ni de Véronèse. a La floraison dure cinquante ans ! » Quant à Massacio, « c'est un inventeur isolé ï^. Il ignore Masolino, mort en i44o, et ses fresques de 14^8 à Castiglione d'Olona.

Le professeur ne sait pas, et il ne voit pas. Il ne voit pas le paysage chez Léonard, chez Titien, et auparavant chez Gozzoli, Orcagna et Lorenzetti. (( La peinture italienne dédaigne ou néglige le paysage; les arbres j la campagne, les fabriques ^ ne sont pour elle que des accessoires I » Ils n'ont jamais été autre chose jusqu'à nos tristes jours.

« La peinture classique n^est ni mystique, ni dramatique, ni spiritualiste. )> Et « la Dispute » et <i l'Incendie du Bourg » et la triple scène de la prison de Saint-Pierre, pour se borner à Raphaël ? Cet esthète, qui nous cite le Larmoyeur de Schef* fer, se plaît aux plus bizarres mélanges. « On trouvera chez Beato Agelico, Durer, Rembrandt, [etzu, Potter, Hogarth, plus de psychologie, de 4ves intenses... » Mçtzu, Potter et Hogarth, un

intimiste, un animalier et un caricaturiste mêlés aux maîtres, pourquoi pas Delacroix... et Troyonl

« Pour que V homme puisse goûter et produire la grande peinture^ il faut qu'il soit cultivé. » Nullement, il suf6t qu'il soit croyant et que la peinture lui représente un thème de sa croyance; une Bretonne qui ne sait pas lire, mais qui dit son chapelet avec ferveur, goûtera la chapelle des Espagnols et la Madonna dell Arena.

Qui examine les lunettes et les voûtes des appartements Borgia au Vatican ne découvre rien dans cest légendes et ces allégories qui ait le moindre rapport avec les chroniques de cette terrible famille«.

Si Pinturrichio a peint pour Alexandre VI, sans aucun reflet du temps, où cherchera-t-on Pécho des vociférations de Savonarole? Les nudités sont très rares dans la peinture italienne, les obscénités introuvables? Une lunette au Palais du T. !

Gellini, le plus grand hâbleur de son temps, devient pour Taine le type de Tartistc. Il croit tout du ciseleur, même sa prétention d'avoir tué le connétable de Bourbon. Cependant ce ciseleur si rageur fut très sage pendant son séjour en France.

A lire la vie des artistes italiens, on s'aperçoit qu'il n'y eut qu'un Cellini. Le coup de poing de Torrigiani qui cassa le nez de Michel-Ange est

.célèbre : il s'explique par le caractère de Buona- . rotti qui, rencontrant Léonard lui-même, se mani feste, désobligeant et agressif.

L^histoire des petites républiques forme un enchevêtrement de drames sinistres pleins de férocité : le crime s'étale partout et on le juge comme une œuvre d'art ; on décide s'il est bien ou mal réussi. Le sens moral manque en Italie comme Teau manque en Arabie, totalement. On viole, on empoisonne, on assassine, à plaisir.

En accumulant les anecdotes on ferait un tableau d'enfer : voilà la vie ! Regardez l'art de Giotto à Gozzoli, de Sienne à Pérouse, il est doux, il est pur, il est mystîquej il ne reflète rien des mœurs. Léon X fait représenter devant lui la Calandre; il a pour bouffon un moine goinfre qui avale un pigeon d'une bouchée ; il chasse, il fait berner un capucin dont la comédie est mauvaise, de façon à ce qu'il reçoive un grand coup de ventre sur le plancher de la scène. Parcourez les chambres : voici Saint Léon arrêtant Attila, Léon IV étei^ gnant F incendie du bourg avec un signe de croix. Les personnages sont aussi beaux, aussi nobles qu'il convient. L'art italien ne représente jamais que l'idéalité des sujets, et chacune de ses œuvres donne un démenti aux chroniques.

« // reste à savoir pourquoi ce grand talent

TA

vf^

S 2 RÉFUTATION ESTHÉTïC^^,.--''''^ . J l^

pittoresque a pris pour pn^ ^^ àt> rfecW"" . . humain. » L'^^cofe «^^'^^''^f^ge S®"*^ ictv't *^^ Milan sont drapées: Michel-A »^^^ t* le nu. Il faudrait dire que ce S^^^ qttel<î^'

pour sujet la personnalité bo^ ,^^^ ^* ^ 0:01^

« // se passait à peine a^ J^ ^^ to» ^^\«^^^^?"'l ne/i!l< <«É? d Rome. » Il eu ®* ^ïï*®*** »oV^** ^*^ ^ d'hui. Mais on chercherait ^*^^^vi. r«^^* . j^

cothèque romaine un seul laV> viev»*' '^^ «

divers. ^0>*^^'/a P*^*^*^r/'/

Ni Vasari, ni Salviati aO *. ^e <^® ^g l'^f'',^ ' Zuccari dans l'histoire «iomcS^^^^ ^'^\ u»e P'^^'î^te château Caprarola. n'expriK^^^^iet*^^^^^^, /'a^"'^^ que. Ces décadents corresço*»^ ((»*' ^gS et ^ . troublée, tandis que, avEX çVt** ^^0 9t^ ^ j^ gf»» semble œuvrer loin <i-*x "bt»** ^0^ l'ignorance totale de c^ cjvii s» " io^^ 1

place. .utxBi^^ îtBb^'^,.

En vain vous chercl».ex-ez à w» ^ e^ie ^^ j.^vol"'

Burkhardt et Machi aveX . La ^^^^^^^^^^ \,^tt Jt»^**" Cimabué à Raphaël, x-esstent ^^^^j^^*? ^'pjoU»^"'' f. tionset aux attentats ««icxiauX)*'^^ ^jï ^ „r P^ / avait œuvré dans un. xnoutier-^^^ i^^^^e^se^^ ig mythologie se mêle o.«J- "^y®*^*^'* t vo"*^ JioH»""' senter des images I»»-<=^»^^'*" ^b»!"»"' ped^"^ Sixtine, monument des <5olèr«'.®.^,g0veï''P Titan ; mais l'individu salisse ic

les religieux et le spectateur attribue au chrétien [es accents indignés du citoyen.

Comment un chartier,un archiviste a-t-il négligé la chronologie des œuvres au point de se tromper sur des siècles ; comment Tobservateur de Thomas Graindorge ne saisit-il pas les caractéristiques de l'œuvre d'art ? Cette négligence d'une part et cet aveuglement de l'autre viennent peut-être d'une fanatique volonté de positiviste et servent d'hommages à Auguste Comte.

Quelle que soit la valeur de la signature, elle ne sauve pas une proposition comme celle-ci : «L'imagination de V Italie classique est analogue à celle des anciens Grecs et des anciens Romains. » On l'excuserait au xvii® siècle chez Fénelon ; de nos jours, elle scandalise.

Le quattrocento est le grand siècle italien et Taine ne l'a pas su, lui qui a pris une copie d'après Sasso Ferrato pour un Titien et qui parle d'une Lucrèce Borgia par Véronèse.

« Si le grand art et son milieu sont contemporains, ce n^ est pas qui! un hasard les assemble j c'est que le second ébauche j développe j mûrit, guide et dissout avec soi le premier, à travers les accidents du grand pêle-mêle humain et les jets imprévus de P nginalité personnelle. Le milieu apporte ou e/np 'te Part à sa suite. » Voyons : Fra Angelico est

àe

mort en i455, année où il achevait la chapeW^ Nicolas V,au Vatican : Masaccio peignait l'E^ ^^ péché originel, la première nudité féminin^?

i42o, et mourut en 1428. SignorelU, leprécur^ de Michel-Ange, termina la voûte d'Orviéto ^^ mencéepar Fra Giovanni, en 1499, Tannée ou !>• nard quittait Milan. ^^

Prenons Tannée 1 455. Masaccio est mort dep ^ un quart de siècle, Léonard a trois ans et S^é ^v^

ss^^

relli quatorze. Le mysticisme du domimcaiti ^' ^ ^^ au naturalisme et touche au nouveau, rayô^^^ \}S^^ de Léonard. L'un résume le moyea-âige el *^ c^'^^ contient la synthèse du moderne et. »oti ^ ^\, de complexité inexprimable. Le plvis Vngètv^ ^\>^

plus conscient, le pur fol et le Faust. dLe^Yat^ ^i* cèdent si exactement que de la cliLStr^eWe ^^ jj las V à Tange du Baptême par "V^TX-ocbi^' ^^

seulement quinze années ! P f,i^^

Cherchez, entre ces deux dates, ^z^^ mîH^ >. ^ crate qui apporte ou emporte Tart ^ fantastique, vous ne le trouverez^

« La philosophie de Tart en I^t^3^^:»^ï.e w^»' i^^ a^^ de Tarchitecture ni delà sculpt^^^^a-^^^^^» si^^^î^ ^ i^ ,.passant et dans la mesure où un 1- ^^'•-^xé co^^t>^ ^^^ ^ ] ques noms, comme Donatello om^ Jtz^^rmt^* ^ ^

<::;otntftC

le ))t»^V^^..i^^'

la longue lutte de P esprit chn^ païen », cela réédite Topinian

?#i el

i^.Ay^

appelle païen tout ce qui n'est pas chrétien, comme M. Jourdain dît prose ce qui n'est pas vers.

Considérons « la Sainte-Anne » de Léonard : le mystère remplit ce cadre qui ne contredit pas à un retable ; l'expression revêt un caractère csotérique; la foi a pris des traits plus catholiques, c'està-dire universels.

L'humanisme est ce mode de pensée, indépendant du lieu, du temps et de la race, qui cherche aussi vivement à percer Thorizon qu'à fouiller la crypte du passé et qui découvre les identités et les radicaux sous la diversité des images et des terminaisons. L'humanisme fait sa prière en face d'un beau corps et honorele Créateur pour la clarté du soleil ; l'humanisme, c'est le cœur de saint François devenu le cerveau de Léonard, percevant, au lieu des rapports d'attraction, les relations d'harmonie.

Rapprochez le Bacchus et le Saint^Jean, ou demandez à Eleusis la vraie physionomie de Dionysos. Vous verrez que les catégories correspondent à des tempéraments de peuple et d'époque et non à la vérité. L'humanisme affranchit l'idéal non du dogme, mais de la discipHne. Saint François n'étant pas même diacre reçut la profession de celle qui fut sainte Claire. Ainsi l'humanisme s'affranchit de la formule ecclésiastique.

L'Eglise accroupie sur le trésor de vérité répond à l'interrogation : « Je possède et je dors. » Elle ne ment point, elle est la vérité immobile ; mais la vague de vie, obéissant à sa propre loi, découvre aussi des trésors. A la Renaissance, Tartiste, plus mystique en son art que le prêtre en son ministère et le lettré avide de connaissances dépassèrent la culture des égregores; et l'hégémonie sacerdotale s'éteignit.

Lorsque SigismondMala testa rapporte de Morée les cendres de Gémiste Pléthon, le révélateur de Platon, lorsqu'il prépare des tombeaux magnifiques à ses pensionnaires et honore la culture comme d'autres la sainteté, lorsqu'il élève le Tempio Malatestaj il ne fait pas œuvre païenne. L'homme qui met dans son blason l'éléphant et la rose n'est ni épicurien ni positiviste : il appartient à un mysticisme spécial . Pour Ici existent des choses et des hommes sacrés, mais ces choses et ces hommes sont autres que ceux de la vénération générale. Cet excommunié, que la bulle de i46i appelle « prince des traîtres, ennemi des Dieux et des hommes «^pratique une religion ardente : l'humanisme. Elle ne le gêne point pour assassiner sa femme, violer la dame qu'il rencontre et la tuer mênie si elle résiste, Sigismond est un criminel, mais il croit à Platon, non aux dieux d'Athènes

nobles g^y^^y pr^^^^ ^^

Page 1