‹ Réfutations des mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 118 sur 207 · LIVRE HUITIEME · texte numérisé non relu

LIVRE HUITIEME

Jl a su que les Russes s'étaient battus A*ans intelligence ^ oequi avait dû nécessairement faciliter notre succès. Voilà le prince d'Auesperg, le jeune empereur de Russie 9 l'état^major et les troupes russes , bien conyaincus d'avoir fait en Allemagne pour l'empereur Napoléon ce que Beaulieu, CoUi, Alvinzi et Wurmser firent pour le général Bonaparte en Italie. Heureusement le soleil d'Austerlitz brille d'un assez vif éclat dans l'histoire pour s'y maintenir radieux, sans avoir rien à redouter de l'approche des nuages au milieu desquels le duc de Raguse a déjà vainement essayé de faire disparaître le drapeau d'Arcole.

Au livre neuvième de ses Mémoires^ Marmont rappelle son séjour à Gratz jusqu'à la paix, l'occupation du Frioul , ses excursions dans la Carinthie et la Carniole et sur les bords de l'Adriatique , ses visites à Udine, à Venise et à Milan, etc., etc. Mais il ne peut pas se résoudre à entrer dans ce nouvel ordre de faits, sans se retourner une fois encore vers les vainqueurs d'Austerlitz, pour leur répéter que le triomphe retentissant dont ils s'enorgueillissent, dû sans doute à la rapidité des mouvements ^ àla vigueur des atta^ queSj à la bonté des troupes^ fut pourtant aussi grandement facilité par Vincroyable confiance des Russes^ dont la conduite fut contraire à tom les calculs de la

raison y comme il ta déjà prouvé^ et qui compromirent par leur précipitation un succès d'autant plus probable pour eux que le roi de Prusse, erUrfdnépar la violation de son territoire ^ était décidé à entrer en campagne, et à joindre ses armes à celles de la Russie et de rAutriche contre la France. (Il , 362.) Marmont raconte brièvement son séjour à Udine et son passage à Venise; il est pressé d'arriver à Milan pour y essayer le venin de sa plume sur le jeune héros dont il se réserve de substituer plus tard la responsabilité à la sienne dans les trahisons de 1814, sans craindre de révolter la conscience publique. L'habile empoisonneur prend d'abord une attitude bienveillante et une physionomie affectueuse pour aborder l'illustre victime qu'il est impatient de marquer d'un signe fatal. Il parle avec enthousiasme de la grande beauté et des rares vertus de la princesse qu'Eugène Beauharnais venait d'épouser. « Il faut être l'objet de la prédilection du ciel, dit-il , pour rencontrer une pareille femme , aussi accomplie de toutes les manières, quand on est marié par les combinaisons de la politique. Eugène se livrait avec ardeur à l'exécution de ses devoirs. Bon jeune homme, d'un esprit peu étendu, mais ayant du sens , sa capacité militaire était médiocre : il ne manquait pas de bravoure. Son contact avec l'Empereur avait développé ses facultés, il avait acquis ce que donnent presque toujours de grandes

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