‹ Réfutations des mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 17 sur 207 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

vinciblea champions de la régénération sociale. Il avait été républicain en Ym u , par les mêmes rai^ sons qui le firent songer plus tard à la dictature, par la suprême considération de la grandeur du pays et de l'énergie du gouvernement, par le sentie ment profond des nécessités auxquelles étaient at« tachés le salut et le développement de la révolution française, U l'était encore, au même titre, quand il mitrailla sur les marches de Saint-«Koch le royalisme auxiliaire de l'étranger, et qu'il fut amené, par cette victoire môme, aui^ pieds de madame de Beauharnais.

Il continua de l'être sur les champs de bataille de l'Italie, quand il détruisit coup sur coup tant d'armées autrichiennes et qu'il put couronner la plus merveilleuse des campagnes par cette orgueil^ leuse exclamation qu'avait provoquée la diplomatie étrangère : la république française est çom^ne h ^o» leilj malheur g^ qui ne le voit pas! Il le fut enfin aussi longtemps que l'exigea l'intérêt bien entenducle la France nouvelle , aussi longtemps que la représentation collective de la souveraineté nationale ne mit pas en danger cette souveraineté elle-même. Mais ce danger venant à se produire, le républicain de Toulon et de vendémiaire n'était pas assez idolâtre des signes externes et des simples images de la démocratie , pour laisser perdre au fond , et ruiner entièrement la grande et sainte cause de la révolution

française et du progrès universel , sans faire intervenir souverainement son génie libérateur, par respect superstitieux pour des divinités impuissantes, pour des formes dépouillées de leur prestige, abandonnées de l'opinion, abusivement exploitées par les factions, et ne servant plus, contre l'esprit et le but de leur institution , que les desseins et les espérances des fanatiques serviteurs de l'ancien régime, fauteurs de la guerre civile ou provocateurs de coalitions étrangères.

En voilà assez sur la vanité aristocratique et les semblants républicains de Bonaparte. Le sagace aide de camp qui a surpris , sinon imaginé , ce travers et cette dissimulation, dans l'homme et dans le citoyen, n'a pas fait, s'il faut l'en croire, de moins curieuses découvertes dans le général , en faiblesses , en aberrations, en bévues ou méprises de toutes sortes. Suivons donc le héros et son Argus à l'armée d'Italie , et voyons-les tous les deux à l'œuvre dans cette immortelle campagne.

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