‹ Réfutations des mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 20 sur 207 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

de Napoléon disent expressément, non -seulement qu'Augereau maintenait l'ordre et la discipline parmi ses soldats dont il était aimé^ que ses attaques étaient régulihres et faites avec ordre; qu'il divisait bien ses colonnes et plaçait bien ses réserves, mais qu'iL se BATTAIT AVEC mTRÉPiDiTÉ. {Mém. de Napoléon yl, 226.) Le nouveau César mentionne ensuite honorablement, en maintes batailles , le concours glorieux d' Augereau, et il le signale surtout dans les brillantes opérations qui renversèrent les espérances de Wurmser, et qui réduisirent le sacerdoce insurgent de Crémone et de Pavie à s'humilier devant le vainqueur de Castiglione : « C'est en récompense de la bonne conduite qu'Augereau tint à la bataille de Lonato où il commanda la droite, dit Napoléon, et de la manière dont il conduisit l'attaque de Castiglione, qu'il fut depuis duc de ce nom. Cette journée est la plus belle de la vie de ce général. Napoléon n'a jamais voulu depuis l'oublier. » {Mém. de Napoléon^ I, 290.)

Napoléon dictait ces lignes à Sainte -Hélène. La défaillance des derniers jours de l'Empire ne pouvait effacer en lui le souvenir de l'intrépidité des premières années de la République. Ce témoignage enlève toute autorité à celui de Marmont. ■''

Après les portraits de Masséna et d'Augereau, Marmont a esquissé l'austère figure de Serrurier, dont il s'est borné à vanter les qualités morales et à indiquer les opinions aristocratiques , ainsi que les

dispositions à voir tout en noir, sans lui accorder autre chose , pour titre militaire , que sa présence constante auœ avant --postée^ où il s'occupait de ses devoirs et non d'intrigues (I, 150). Napoléon a été plus explicite à l'égard de ce vieux soldat, dont la bravoure égalait la probité. Il a rappelé qu'il avait gagné la bataille de Mondovi et pris Mantoue, ce qui lui valut l'honneur de voir défiler devant lui le maréchal Wurmser. {Mém. de Napoléon^ I, 227.)

Marmont ne consacre que quelques lignes aux autres officiers généraux de l'armée d'Italie. Il dit de Laharpe qu't7 avait peu de tête et pas beaucoup plus de courage^ {Mém. de Marmont j, I, 150); de Steingel , qu'i7 passait pour un excellent officier de cavalerie ^ mais qu'il périt en entrant en campagne * {ib.) ;

' Napoléon a parlé tout autrement de Laharpe. « C'était, dit-il , un officier d'une bravoure distinguée , grenadier par la taille et par le cœur, conduisant avec intelligence ses troupes dont il était fort aimé. » {Mém, de Nûpoléon, I, 206.)

> steingel ne périt pas en entrant en campagne. Il eut le temps de prendre une part glorieuse dans les premières victoires de Parmée française , puisqu'il ne fut tué qu'à la bataille de Mondovi en poursuivant l'ennemi. « Il était adroit^ dit Napoléon, intelligent, alerte; il réunissait les qualités de la jeunesse à celles de l'âge mûr : c'était un vrai général d'avant-poste. Deux ou trois jours avant sa mort , lorsqu'il était entré le premier dans Lezegno, le général en chef y arriva quelques heures après , et , quelque chose dont il eût besoin , tout était prêt : les défilés, les gués avaient été reconnus, etc., etc.; toutes les mesures étaient prises pour former des magasins de subsistances, pour rafratchir les troupes. Malheureusement Steingel avait la vue basse, défaut essentiel dans sa position, et qui lui fut funeste. » (Mém. de Napoléon, I, 186-187.)

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