‹ Réfutations des mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 22 sur 207 · CARACTÈRE, ET DBS QUALITÉS NÉCESSAIRES AU COMHAN · texte numérisé non relu

CARACTÈRE, ET DBS QUALITÉS NÉCESSAIRES AU COMHAN

DBBfBNT, capable seulement d'être un excellent chef d'état-major^ comme il le fut à cette époque^ auprès

d'un bon GÉNÉRAL, (/rf.^ 161.)

Napoléon était donc un bon général ! Marmont n'a jamais prétendu formellement le contraire; il ne lui en a pas même coûté de dire , après avoir énuméré les forces de l'armée austro-piémon taise , et montré combien elles étaient supérieures à celles de l'armée française : « Mais nous avions un homme à notre tête , et il manquait un homme aux ennemis. » (irf.^ 1 54.)

Il s'en faut cependant que ^ par ce mot d'enthou* siasme placé en tête de son récit des campagnes d'Italie , Marmont ait cédé à Timpalience de rendre pleine justice à cet homme ^ d'applaudir sincèrement à sa rapide élévation , et de s'incliner d'avance devant sa gigantesque supériorité , sans se réserver de d'appliquer jamais à élever des doutes sur l'étendue de son géïiie et à faire des brèches à sa gloire.

64 REFUTATION DES MEMOIRES DU DlC DE RAGUSE.

Loin de là. A peine a-t-il salué avec ostentation Thomme de l'armée française , qu'il cherche à démoritrer que les succès inespérés de cette campagne furent dus en très-grande partie aux généraux de l'armée autrichienne. Ici encore Bonaparte triomphe et grandit par l'incapacité des autres plus que par sa propre capacité. Ecoutez plutôt Marmont : « La position des troupes françaises à Voltri était très en l'air, et les mettait tout à fait à la discrétion du général autrichien Le général Beaulieu fut inepte

dans ce début de campagne : au lieu d'aller parader inutilement devant Gênes, s'il avait profité de sa supériorité numérique , de ses forces , et de leur réunion exécutée avant la nôtre , marché vigoureusement sur Savone par Altare, comme le général Colli le proposa (et le moindre succès l'y faisait arriver), il coupait la division Laharpe et la forçait de se faire jour l'épée à la main au travers de l'armée autrichienne, ou de mettre bas les armelS; mais Beaulieu eut la crainte ridicule de voir le général Bonaparte enlever Gênes, et, pour l'empêcher, il voulut couvrir cette ville et occuper Voltri. » (1,156.)

Ce récit n'a pas besoin de commentaire. Bonaparte avait placé les troupes françaises en l'air, à Voltri , et les avait mises entièrement à la discrétion de l'ennemi. Si cette grave imprudence du général en chef n'entraina pas la destruction totale d'une

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