‹ Réfutations des mémoires du maréchal Marmont, duc de RaguseChapitre 28 sur 207 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

que celui d'un vieux général résolu, décidé, et dont la vigueur était ranimée par la présence de l'ennemi I » (I, 162.)

On ne saurait assez applaudir sans doute à ce noble langage ; mais il doit être permis de se demander en même temps ce qui a pu déterminer un mouvement si généreux d'impartialité et d'admiration pour le vainqueur de Mondovi, chez un narrateur toujours si enclin à signaler les défauts et les faiblesses , et à taire ou à diminuer les mérites et les services de ses anciens compagnons d'armes. Comment Marmont, qui vient de s'essayer à enlever à Bonaparte luimême l'honneur des brillants débuts de la campagne , en glissant dans ses récits des remarques et des insinuations évidemment destinées à faire considérer les triomphes de l'armée française comme le simple résultat des fautes et de l'incapacité des généraux ennemis; comment Marmont est-il devenu tout à coup si ardent à rehausser l'habileté et l'intrépidité , les vertus et les exploits de l'un des lieutenants du grand capitaine?

A coup sûr, l'orgueil jaloux qui tourmentait et gouvernait Marmont n'était pas aussi vivement aiguillonné par la position secondaire et la modeste fortune de Serrurier, que par l'étoile éblouissante de Bonaparte. Mais cet infatigable instigateur, dans ses excitations sataniques, n'a pas plus épargné, on le sait, les inférieurs et les égaux du duc de

n RÉFUTATION DES lIÉliOmES DO DUC DE RAGUSE.

Raguse, qu'il n'a respecté le snpérieur de tous. Si la victoire de Mondovi a valu à Serrurier quelques lignes brûlantes d'admiration de la part de Taide de camp du général en chef, ce n*est pas à une courte trêve obtenue de Tenvie qu'il le doit. Ce qui précède et ce qui suit cet hommage exceptionnel l'explique à merveille , non par le relâchement passager d'une malveillance systématique, mais au contraire par la persistance invincible d'une vanité ingénieuse et toujours en éveil. Si le brave Serrurier emporta Mondovi > c'est qu'un aide de camp vint auprès de lui du quartier général pour surveiller les mouvements de sa division^ et que cet aide de camp, qui V accompagna dans f attaque, dont le succhs fut complet, et qui se trouva près de lui dans ce moment périlleux^ tout occupé à l'admirer ^ n'était pas autre que Marmont j dont le concours compléta la victoire que sa surveillance avait sans doute préparée. « L'ennemi culbuté ^ dit-il, nous abandonna sa nombreuse artillerie : je la fis retourner et servir immédiatement contre la ville ^ qui, après une canon^ nade de quelques moments, nous ouvrit ses portes. » (1,162.)

Il n'y a plus lieu de s'étonner que le canon de Mondovi ait eu un retentissement prolongé en l'honneur de Serrurier dans les Mémoires du duc de Raguse.

Cependant le général Bonaparte, pour frapper

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