‹ Regardez-moi ça! [microforme]Chapitre 2 sur 2 · MONTREAL · texte numérisé non relu

MONTREAL

Regardes-moi £a, vous tempérants, pour fortifivr t0S résolutions et vos Pratiques: reyardez-moi ça, c'ous qui vous sentez inclinés à boire, afin que saisis par le réalisme qui se dégage de cette collection de scènes —

heureuses ou tristes, — vous SO\C£ frémunis contre une

Passi + fatale à tous ceux qui lui livrent leur existence;

tous, : rardes-maoi ça, Pour que tous sous soyez sobres.

EUX intérieurs bien différents!

Foyer d'ivrogne, foyer de tempérant.

| Au premier, la Pauvre femme pleurant son semé triste sort, dans un cadre de misère noire, Tout crie la misère, le dénuement le plus complet, et les estomacs crient la faim, La malheureuse mère n’a, hélas, rien à donner à ses Pauvres petits. Qu'ils sont loin les heureux jours des Premiers temps du mariage! Quelles causes ont peu à peu fait du mari un buveur? Je ne sais, mais ivrogne il l’est, et l'existence de qu'un supplice continuel. Pauvre épou Combien le foyer de l’hom celui du buveur! Tout Y annonce l’aisance honnête, l'ordre, la paix, le bonheur. La croix de tempérance

règne à ce foyer, et c'est elle qui, fidèlement gardée, est à son tour gardienne du bonheur domestique.

la femme n’est plus se, pauvres enfants!

me sobre contraste avec

O sainte croix, Puisses-tu pénétrer dans tous les. foyers chrétiens de ce pays! y pénétrer et y régner en

Souveraine! Tu es le gage assuré du bonheur en cette vie et du bonheur dans l'autre!

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N s'amuse ferme à l'hôtel, le samedi et souvent le dimanche, attablé devant un jeu de cartes et des bouteilles.

Dicu est offensé, la famille oubliée, mais on s'amuse!

Le lundi, c'est une autre affaire. Le travail réclame ces bras qui, au lieu de se reposer le dimanche dans un repos réparateur voulu par Dieu, se sont surmenés ct affaiblis dans l'orgie, et les bras, énervés et harassés, se refusent au travail. L'ouvrier n'a plus de muscles, plus de cerveau, plus de sûreté du coup d'oeil, plus de jambes. Et cependant il faut se remettre à l'ouvrage!

Bientôt arrive Je jour où le Corps est incapable «de

tout travail suivi: alors c'est le renvoi de l'atelier, c'est la misère à la maison.

Et que de grèves n'ont pour cause Principale que la Mauvaise conduite des Ouvriers et leurs ivresses du same

di et du dimanche!

Pour satisfaire à la fois Sa passion et jeter un morceau de pain aux enfants, l'ouvrier n'a plus assez de son jrste salaire; il en réclame une augmentation. Si Je patron refuse, c'est Ja grève.

Grève injuste, dont l'alcool est 1

a cause première, et le cabaret le mauvais lieu o

ù elle se fomente, attisée par le whisky ct les incitations des camarades et du buvetier.

Ouvrier, reste à ton foyer le samedi, sers Dieu le dimanche, fuis Je cabaret, si tu as souci de ton bonheur et du bonheur de ta famille !

IER, des jeunes gens partis en excursion sur le fleuve, se sont noyés. L'un d'eux, qui a pu être sauvé au moment où il allait s’enfoncer sous l'eau, raconte qu’à un moment

donné une fausse manoeuvre de l’un des occupants fit chavirer l'embarcation. Ces jeunes gens savaient nager, et l'on ne comprend pas qu'ils n'aient pu réussir à gagner la rive, qui n'était pas éloignée. Les cadavres n'ont pas encore été repêchés.”’

Durant l'été les journaux sont pleines de nouvelles de ce genre,

La cause de ces noyades? La boisson! On boit, on s'amuse, on s'agite, on se querelle parfois, la chaloupe chavire et l'on se noie. Quelle triste Passage de cette vie à l'autre vie!

Combien plus heureuse est cette brave famille d'ouvrier qui, le dimanche, après une semaine «le travail, va se récrécr sobrement et gaiement en un coin de la verte campagne, à l'oml des grands arbres! La boisson est bannie de ce diner sc a feuillée, les heures s'écoulent joyeusement, et le retour s'effectue, comme le départ, sous le regard de Dieu et sous la garde de la sainte tempérance,

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UEL est le plus âgé des deux ?

Au premier coup d'oeil il vous paraîtra que c'est l'homme de droite, celui qui caresse ce bel animal, Mais si vous êtes quelque peu

physionomiste, vous remarquerez tout de suite que ce ne sont pas les ans qui ont mis au visage de cet homme ces rides, ces traits tombants, cette décrépitude. Ce ne sont pas là les signes d'une vieillesse arrivée à son heure, mais les signes d'une vieillesse prématurée, les stigmates de l'alcoolisme, Un oeil exercé ne S'y trompe pas: cet homme est vieux d'avoir bu, son visage est ravagé par le vice et non par l’âge.

De fait, il est de dix ans plus jeune que l'homme de gauche, que l'on dirait moins âgé. C'est celui de gauche qui est le plus vieux : i! a cinquante ans, l'ivrogne n'en a que qüarante. Mais l'homme de gauche est sobre, i] s’achemine doucement et normaiement vers une verte vieillesse, La tempérance conserve la santé comme elle garde le bonheur et la paix de l'âme.

DA boisson, ça réchauffe!

Oui, ça réchauffe tellement... que ça fait geler. La gravure ci-contre rend frappante | cette vérité. C'est au coeur de l'hiver, il fait très froid. Un habitant de la Campagne, venu au village pour ses affaires, ne veut Pas retourner chez lui le soir sans prendre un bon coup pour se réchauffer, Mais si un coup réchauffe, deux, cinq, dix coups réchaufferont bien plus, se dit notre homme, et il avale une bonne lampée de gin, à même le flacon. “Me voilà bon pour faire le voyage, Maintenant, pense-t-i] : je n'aurai pas froid en route."

Or la température du buveur, d'abord subitement élevée par la boisson, s'abaisse bientôt; engourdi par les vapeurs de l'alcool, il ne s'aperçoit pas de cet abaissement de température ; il a moins chaud, son sang se fige dans ses veines, ses membres se congèlent, il ne s'en rend pas compte, jusqu'à ce qu'enfin il s'affaisse à moitié gelé, sans force pour résister, par une réaction vigoureuse, au froid envahissant de la mort.

C'est ce qui est arrivé à notre habitant. Engourdi, il est tombé de sa carriole, sur la route blanche et glacée, tandis que son cheval galope jusqu’à la maison. Les membres de la famille, inquiets à bon droit de voir revenir le cheval sans son maître, se mettent à Ja recherche de celui-ci; on le retrouve étendu sur la route, barrée par son cadavre: la boisson a tellement réchauffé le pauvre habitant qu’elle l’a gelé à mort.

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GAUCHE, l'oprient hôtelies et sa famille: en face, de l'autre côté de la rue, le client de l'hôtelier et sa famille : l'hôtel, vaste ct cossu, la masure, basse ct délabrée ; l'hôtelier, en

automobile achetée avec l'argent soutiré au pauvre buveur,

celui-ci assis, triste et misérable, sur le pas de sa imaison ; l'épouse du buvetier, fière et parce, la femme de l'ivrogne,

Pauvresse amaigrie par les nrivations : celui que la boisson

enrichit parce qu'il la vend, celui qu'elle ruine parce qu'il

la boit: ceux qui vivent de l'alcool, ceux qui en meurent,

Quel contraste, et combien douloureux !

On a calculé qu'à Montrés', un buvetier, après dix ans de son commerce peut se retirer des affaires avec un capital de $50,000.00. Il lui a cependant fallu déboursei durant ce laps de temps, peut-être $200,000.00—prélevées, comme la fortune qui lui reste, sur le salaire des ouvriers buveurs et de tous ceux qui fréquentent son établissement.

Vous n'aimez pas être taxés, pauvres gens, pourquoi donc payez-vous une taxe aussi énorme aux hôteliers ? Au lieu de boire votre salaire, en tout où en partie, faites donc des économies que vous placerez à la banque ou dans une mutualité, et daris vingt ans vons aurez de quoi devenir propriétaire.

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\FANTS de buveurs, enfants de parents sobres : qui ne les reconnait au premier coup d'oeil!

Au centre, à gauche, le joli minois, aux traits pleins, éclatants de santé! A droite, le pauvre enfant de l'alcoolique, au visage étiolé, maladif! Les galeries du haut et du bas accentuent le contraste, Au sommet, enfants de buveurs : mal conformés, rachitiques, idiots ; au bas, joyeux enfants de parents sobres, rayonnants de santé, de vie et de beauté.

Sachez-le, pères et mères, l'alcoolisme des parents a un retentissement funeste sur leur descendance: les enfiiis sont la moisson des bères! A père sobre, enfant sain; à père alcoolisé, enfant mal venu, taré et souvent vicieux. C'est la loi, et elle souffre peu d'exceptions.

Quelle n'est donc pas la responsabilité devant Dieu et devant la Société, d'un père de famille intempérant !

Pensez-y très sérieusement, époux et épouses, et

pour les enfants que la Providence destine à peupler vos foyers, soyez sobres!

AMEÉDI soir.

Bureaux, usines, ateliers, magasins viennent de fermer : ouvriers et employés ont touché leur paie.

Aussitôt deux défilés sc forment, que l'on peut voir S'avancer, l'un vers la banque de perte — l'hôtel, l'autre vers la banque de gain — la caisse dl'épargnes.

Les premiers y vont boire leur salaire de la semaine, sans se préoccuper de la femme ct des enfants qui à la Maison attendent cct argent pour vivre,

Les seconds vont déposer à la banque leurs petites économies, qui leur donneront, après quelques années de cette vie sobre ei rangée, un joli capital avec de bonnes ù rentes. It puis, que la maladie se présente, qu'un chômage forcé arrive, ils ne Seront pas pris au dépourvu, pas obligés de frapper à la porte de l'hôpital ni de recourir à la charité publique.

Ce sont eux les Sages, assurément. Ce sont eux aussi les heureux. A leur foyer, pas de misère, pas de reproches, pas de larmes: mais le bonheur ct la joie.

Ouvriers, employés, économisez, et sur votre salaire prélevez une part Pour la banque de gain.

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ES étalages de flacons multicolores et de cruches pansues aux vitrines des bars, voilà certes qui fascine le passant et l'invite à la beuverie. Si malgré cette attirance la pratique se fait rare,

le buvetier saura la relancer sur le seuil de son antre. Sourires engageants, gestes introducteurs, obséquieux et prometteur de plaisirs faciles, tout est mis en oeuvre par le gros aubergiste. C'est lui qui offre un coup, c'est lui qui paie! Il sait, le buvetier, qu'une fois entré le pauvre homme ne sortira qu'après avoir rendu la traite avec usure; que le verre de mauvais whiskv qu'il offre lui en fer: vendre dix: que sa victime, une fois amorcée et allumée, laissera sur le zinc du comptoir son dernier sou.

—Quand est-ce qu'un client a assez bu? demandait à son patron un commis de bar.

—Mais, quand il n'a plus le sou, c'est clair!

Oui, c'est clair... Et lorsque le client a assez bu et qu'il n’a plus le sou, on le met gentiment à la porte : Allez-vous-en, ivrogne ! allez dormir chez vous!... Vous

reviendrez demain, n'est-ce pas ?...

Et le lendemain, s'il a encore de l'argent, le buveur retournera boire et se faire dépouiller.

L’être ignoble que ce buvetier!

IEN différentes les deux scènes, ce sont pourtant mêmes personnages.

Avant le mariage le jeune homme büvait, — il n'était pas ivrogne, mais il aimait la boisson, Ct tout faisait prévoir qu'un jour il serait un ivrogne,

La jeune fille le savait, mais à tous les avis, à tous les consciis elle répondait: Je l'aime! — Où encore: Je le convertirai! — Ft Je mariage eut lieu : jour de bonheur, suivi, hélas! d'années de malheur.

Le jeune mari, retenu quelque temps de boire par l'affection tendre qu'il portait à sa femme, se remit bientôt à fréquenter les buvettes, à boire, et sa passion le reprit plus terrible que jamais.

Le ménage si heureux au début s'est changé en enfer. L'homme maltraite sa femme au foyer misérable, et ces scènes sont de tous les jours,

L'aimez-vous encore, pauvre femme, cet homme sans Cocur ct brutal? Avez-vous pu l'empêcher de boire? et l'avez-vous converti AE

Ilélas, hélas! que de jeunes filles se font illusion. L'amour les aveugle, elles n'entendent aucun conseil jusqu'au jour où les brutalités du mari leur font toucher du doigt la folie commise, Il est trop tard, trop tard!

EUX ménages.

Leur contraste dispense de longues explications.

L'un, agréable où tout respire l'ordre, la propreté, la bonne entente. Le mari revenant le soir de son travail, fatigué, Y tréuvera une femme aimante et soigneuse, un bon repas, de la bonne humeur, le repos; aussi lui tarde-t-il d'arriver chez lui, où le bien-être l’attend; cet homme ne Songera pas à aller au cabaret.

L'autre ménage est tout l'opposé de celui-ci, Tout y est en désordre, malpropre, le soûper n'est pas prêt, la femme lit le journal ou bavarde avec les voisines, — Comment voulez-vous qu'un homme ne se désaffectionne pas d'une telle femme et d’un tel foyer, où il ne trouve qu'ennui et sujets de dégoût? Le cabaret est tout près, il ira au cabaret chercher ce qu'il ne trouve pas chez lui: le bien-être et le repos.

Que de femmes chassent ainsi le mari à l'hôtel!

Epouses, votre rôle est grand, et si vous savez le remplir avec intelligence et dévouement, vous garderez votre mari au foyer. Sachez, par la bonne tenie du ménage, par une appétissante cuisine, par votre humeur enjouée, par mille petites attentions délicates, faire aimer le chez soi à votré mari. Autrement se dressera bientôt entre vous et lui une terrible rivale : /a boisson!

IORT de l'ivrogne, triste comme sa vie, Mort subite, foudroyante, parfois. Alors même que la mort est annoncée par la maladie, quelle maladie et quelle agonie !

I! semble que les ivrognes ou les buveurs d'habitude soient tellement abrutis ct endurcis par ce Poison qu'est l'alcool, qu'ils ne puissent plus songer à Dieu, ou que Songeant à lui ils n'aient plus l'énergie de se convertir sincèrement. I] arrive donc que l'ivrogne meure dans une insouciance à faire Îrémir, conséquence de l'abrutissement physique et moral où il est plongé, et qui le fait Entrer dans l'autre vie sans qu'il ait la pensée ou la force de s'en émouvoir.

J'ai connu une de ces malheureuses victimes de la Passion de boire, qui à son lit de mort, dans les dernières heures de son agonie, ne songeait encore qu'à assouvir Sa passion. Pendant même que le prêtre lui administrait les derniers Sacrements et l'exhortait à bien mourir, le misérable tournait ses regards vers une bouteille placée près de son lit et réclamait de sa voix expirante qu'on lui versât à boire ! !

Telle vie, telle fin.

La parole de Dieu se réalise: “Pour les ivrognes et Pour ceux qui se livrent à l'intempérance, Pour ceux-là le royaume de Dieu est fermé.” (Cal, V; 21):

Ï la fin de l'ivrogne est lamentable, combien duuce est la mort du tempérant !

Peut-être avait-il également, celui-ci, un Penchant pour Ja boisson. Mais un jour il a Compris que la Passion de boire, jamais assouvie, mais toujours fortifiée dans la mesure qu'on la satisfait, accumule ruines sur ruines, malheurs sur malheurs, en attendant l'irréparable malheur d'une mort funeste. Eclairé et convaincu, il renonça donc à la dominer son penchant il s’

Il s'est imposé èle à ses réso- Fe re à Sa croix, et il était fortifié contre toutes les tentations.

tout cela ray confiance ses

Mourir sous les des derniers Sacrements,

désirable !

Qu'elle soit Ja vôtre à

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