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RÉGÉNÉRATION DES OS CHEZ L'HOMME

ront une meilleure idée que toutes les descriptions (fig. 3o et 3i).

Ce qu’il y a de remarquable dans cette pièce c’est l'adaptation parfaite des différents os et la largeur transversale de l'articulation. Cette néarthrose représente un véritable ginglyme, un ginglyme parfait, car il n'y avait pas la moindre mobilité dans le sens latéral, et les mouvements antéro-postérieurs avaient à peu près leur excursion normale.

Les ligaments latéraux de l’articulation se retrouvent sur la pièce : ils sont sans doute plus confus qu’à l'état normal, épaissis en certains points et moins brillants, mais ils remplissent parfaitement leur rôle physiologique. 11 n'y a du reste rien de surprenant dans ce fait ; ces ligaments n'ont pas à se reproduire, ils n'ont qu’à persister puisqu'on ne les enlève pas : un des points fondamentaux de notre méthode opératoire consistant à les détacher de l’os en les laissant se continuer avec la gaine périostique, sans les couper en travers.

Quant au degré de la régénération osseuse, il est indiqué par la coupe de l'humérus (fi g. 32) qui montre la néolormalion des saillies condyliennes. En rapprochant cette coupe de l’humérus des pièces enlevées on se rend bien compte du

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degré de la néoformation humérale. Quant à la

Fig. 32. — Coupe de l’hum6rus réséqué.

H, H, canal médullaire de l'humérus oblitéré en partie sur quelques points par des ossilications de la moelle ; a, tubérosité épitrochléenne qui présente, ainsi que la tubérosité épicondylienno b , une consistance éburnôe ; p, niveau où commence la nèoformation latérale, c’est-à-dire le dépôt, à la périphérie de l’os, des couches osseuses nouvelles d'origine périostiquu qui laisse voir très-distinctement à ce niveau l’os ancien ; c, point où l’on ne distingue plus l’os ancien de l’os nouveau : tout ce qui est au-dessous est de consistance Lrès dure ; ce point correspond à un relief que fait l’os ancien recouvert par l’os nouveau ; toute la portion située audessous est duc à la néoformation longitudinale et équivaut à 15 millimètres, excepté au point O qui répond à une cavité qui s'était creusée l’apophyse coronoide nouvelle pour se loger dans le mouvement de flexion.

reproduction de l'olécrane, on en jugera par la

Nous ferons remarquer cependant que la longueur des parties enlevées n’a pas été récupérée,

fig. 3i.

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et pour apprécier la proportion entre les portions enlevées et les portions reproduites, on n’a

qu'à jeter un coup d'œil sur la fig. 33 qui représente, réduites de moitié, les extrémités réséquées. On n’a jamais, à cet âge, de néoformation longitudinale plus marquée. Nous rappellerons encore à ce propos que la partie de l’humérus recouverte de cartilages et dépourvue par cela même de périoste , ne peut jamais être reconstituée par la gaine périosti-

Fig. 33.

Ricce osseuse enlevée dans la résection.

II, extrémité inférieure de l’humérus — , ,

R, tète du railius — C, extrémité supé- Cas, a l âge OU 0 11 1

rieure du cubitus. été opérés les

deux sujets dont nous venons de reproduire les pièces, on ne peut s’attendre à regagner la longueur du membre. La néoformation est principalement latérale, et dans quelques cas elle l’est

que.

Dans aucun

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même exclusivement. Ces tubérosités nouvelles sont dues à l'ossification de la gaine pcrioslique étalée en dedans et en dehors. Au niveau de la partie moyenne, sous les couches sous-périosti- <pies engainantes, on retrouve la coupe du canal médullaire à peine recouverte d’une couche osseuse de nouvelle formation de 2 ou 3 millimètres. Mais malgré cette absence de néo-formation longitudinale, on n’en a pas moins des articulations constituées par des ossifications latérales rappelant par leur forme et leurs saillies les parties enlevées.

C'était absolument différent dans les résections par la méthode ancienne. Les extrémités osseuses restaient telles, ou à peu de chose près, que le chirurgien les laissait après la résection. Si le trait de scie avait porté au-dessus du bulbe de l’os, l’humérus se terminait par une extrémité cylindrique, sans prolongements latéraux, et partant incapable de s’unir solidement avec les os de l’avant-bras. Ces derniers restaient flottants, et n’étaient unis à l’humérus que par une bande cicatricielle plus ou moins lèche ; on pouvait, en explorant le coude en arrière, introduire les doigls entre l’humérus et les os de l’avant-bras. Ces articulations rudimentaires pouvaient sans doute être douées de mouvements de flexion

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énergiques, et surtout très étendus, puisque les muscles lléchisseurs n’avaient pas été intéressés ; mais elles étaient absolument privées d’extension active, tous les chirurgiens avant nous ayant commencé par couper le triceps pour pénétrer dans rarticulation.

La forme la plus fréquemment observée après

la résection sous-périostée du coude n’est pas exactement celle que représentent les fiff. 3o et 3i. Au lieu d’être transversales et d’avoir la forme de condvles, les néoformations latérales se présentent sous l’aspect de cornes divergentes à base large et à sommet plus ou moins pointu, On dirait des malléoles, tant elles ressemblent aux appendices terminaux du tibia et du péroné. Cette forme bi-malléolaire dont nous donnons ici un exemple (fig. 34), est expli-

Fig. 34. — Forme de l’extrémité inférieure de l’humérus après la résection sous-périostée.

RT, humérus longé par le nerf cubital ; a, tubérosité externe enforme de malléole; b, tubérosité interne.

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cable par le prolongement (les ossifications périostiqnes dans les ligaments latéraux et, en ou Ire par l’absence de reproduction de la partie des condyles normaux recouverte de cartilage.

Ce changement dans le type anatomique ne nuit en rien au fonctionnement de l’articulation ; il augmente au contraire la solidité latérale, et le ginglyme n’en est que plus parfait. Il arrivequelquefois, chez les jeunes sujets, que ces ossifications se prolongent trop bas, et font une saillie douloureuse sous la peau. Nous avons été obligé de combattre, par l’excision des pointes saillantes, cette exagération du processus ossifiant.

Les deux fig. 35 et 36 représentent les os de l’avant-bras du même sujet qui nous a fourni la fig. 34-

On voit le radius surmonté par une petite télé de nouvelle formation (fig. 35).

Quant au cubitus, il est terminé par un olécrane épais et solide sur lequel s’implante le

Fig. 35. — Radius sui monté par un col et une petite tète de nouvelle formation.

R, radius ; f, muscle biceps, i r/, tête osseuse de nouvelle formation ; h, rendement au niveau de la section de l’os.

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tendon du triceps. La portion néoformée se continue à un angle obtus avec la diaphyse, et con-

Fig. 36. — Os de l’avant-bras vus parle côté cubital.

C, cubitus ; R. radius : e, biceps ; c, oléorâne ; d , saillie de l’apophyse coronoïde ; t, triceps renversé en arrière.

stitue un crochet rigide qui limite l’extension de l’avanl-bras.

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