LETTRE DE CACHET
De par le Roy.
SA MAJESTE , ayant eftimé à propos de reunir les deux troupes de Comédiens ellablis à l'Hollel de Bourgogne et dans la rue de Guenegaut, à Paris, pour n'en faire à l'auenir qu'vne feuUe, affin de rendre les reprefentations des comédies plus parfaides par le moyen des aéleurs et adirices auxquels Elle a donné place dans fad'' Troupe, S. M"' a ordonné et ordonne qu'à l'auenir fesd" deux troupes de Comédiens François feront reunis pour n'en faire qu'vne feidle et mefme Troupe, et fera compofée des aéleurs et acl:rices dont la lifte est cy deffus arreftée par S. M'*; et, pour leur donner moyen de le perfeélionner de plus en plus, Sad" Maj'" veut que lad^ feuUe Troupe puiffe reprefenter les comédies dans Paris, faifant deffences à tous autres comédiens françois de s'eftablir dans lad' ville et fauxbourg de Paris fans ordre exprcz de fad' Majefté ; enjoint S. M"' au S' de la Reynie, Lieutenant gen"' de Police, de tenir la main à l'exécution de la prefente ordonnance. Faicl; à Verfailles, le 21'"^ joiu- d'Oclobre 1680;
Signé : LOUIS, auec le cachet de Sa M'% et au bas : Colbert.
Les ordres du Roy cy deflus font defpofez en original chez M' Loyer Nottaire , et attachez au Contratl de Société de la Compagnie, en datte du 5 Januier 1681, où le tout eft plus au long expliqué.
BREUET DU ROY
d'vne pension de douze mil liures.
Aujourd'huy 24""" jour du mois d'Aouft 1682, le Roy eftant à Verfailles, voulant gratiffier et traiter fauorablement la Troupe de Tes Comédiens François, en confideration des feruices qu'ils rendent à les diuertiflemens, S. M" leur a accordé et faid don de la fomme de douze mil liures de penfion annuelle et viagère, pour en eftre payez fur leurs fimples quittances par les gardes de Ton Trefor Royal prefens et à venir, chacun en l'année de Ton exercice, en vertu du prefent Breuet que S. M''' a pour afTurance de fa volonté figné de ia main , et faid contrefîgner par moy, Con"', Sec''' d'Eftat et de fes Commandemens et Finances. Signé : LOUIS, et au bas : Colbert.
M'" de Corneille, Racine, et Quinaut ont difpofé leurs pièces de Theaftre affin que les acleurs et adrices n'euffent point de difpute pour les rofles. Par ordre du Roy.
La penfion receue par la Trouppe eft mentionnée à la fin du mois de Mars 1682. Vide