N° II
En un mol, les deux gouvernements de France et d’Angleterre désirent que leurs forces navales armées agissent comme si elies appartenaient à une seule et même des deux nations. Je compte que, pour ce qui vous concerne, vous ne perdrez jamais de vue cette règle de conduite , et que vous saurez la pratiquer de manière à cimenter davantage encore, s’il se peut, l’intime union des deux pays.
Tant que les hostilités entre la France et l’Angleterre d’une part , et la Russie de l’autre , n’auront pas commencé, ou que la déclaration de guerre n’aura pas été faite, vous vous dispenserez de prendre l'initiative des mesures d’agression, et vous vous tiendrez sur la défensive. J’aurai soin , aussitôt que le moment sera venu, de vous transmettre les instructions nécessaires pour l’attaque.
Recevez l’assurance de ma considération très-distinguée.
Le ministre secrétaire d’État de la marine et des colonies ,
Théodoke Ducos.
II. — Déclaration faite au Sénat et au Corps législatif, le 27 mars 1854, par ordre de l'Empereur.
Le Gouvernement de l’Empereur et celui de Sa Majesté Britannique avaient déclaré au cabinet de Saint-Pétersbourg que, si le démêlé avec la Sublime Porte n’était pas replacé dans des termes purement diplomatiques, de même que si l’évacuation des principautés de Moldavie et de Valachie n’était pas commencée immédiatement et effectuée à une date fixe, ils se verraient forcés de considérer une réponse négative ou le silence comme une déclaration de guerre.
Le cabinet de Saint-Pétersbourg ayant décidé qu’il ne répondrait pas à la communication précédente, l'Empereur me charge de vous faire connaître cette résolution, qui constitue la Russie avec nous dans un état de guerre, dont la responsabilité appartient tout entière à cette puissance.