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L'INVITATION A LA PROMENADE

Mets tes bijoux roses et noirs Comme les heures du souvenir ; Mets ce qui s'accorde, ce soir, A ce qui ne peut revenir :

Ta robe de crêpe léger Plus incertaine qu'une charmille Oui fait trembler dans les vergers L'herbe frileuse à tes chevilles ;

Ton chapeau garni d'asphodèles, Tes gants parfumés de jasmin Qui gardent, en leurs plis fidèles, La vie inquiète de tes mains.

Et viens par l'odorant mystère Qui sut envelopper sans bruit Le beau jour, tombé comme un fruit Où des guêpes se désaltèrent.

Le soir a la saveur du miel, L'ombre tiède qui nous attend.

Pour fiancer la terre au ciel Polit la bague des étangs.

Dans le bruit d'ailes du silence L'azur noir semble méditer Les étoiles, dont la cadence Meut les âmes vers la Beauté !

La grande nuit, timide encor.

Etire au ciel nu sa stature ; L'âme romantique du cor Fait rêver tout bas la nature.

Mets tes bijoux, roses et noirs Comme les heures du souvenir ; Mets ce qui s'accorde ce soir A ce qui ne peut revenir.

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