UN POEME DE LA SOLITUDE
(Première partie)
Les continents de ses grands yeux Par où le ciel se peut décrire, L'adieu Des lyres De sa voix grêle au fond du parc,
Sa lèvre en arc, Habile à décocher le rire ;
Le matin de ses cheveux blonds Envahissant d'une herbe folle Son front D'idole, — Rocher perdu dans le soleil —
A mon réveil, Me laissent triste et sans parole.
POÈMES PARUS DANS DES REVUES iSq
Athanaël — i*ai-je nommé ? — Vit de mon intime lumière ;
Sommé
De taire Jadis, un orgueil foudroyé,
A mon foyer 11 vient s'asseoir (plus solitaire
Qu'une larme aux doigts fuselés De l'heureuse et vaillante épouse),
Sur les
Pelouses De mon gai savoir endormi,
Plus qu'à demi Déjà cerné d'ombre jalouse.
Il vient du moins calme ciel, d'où Part la flèche des hirondelles ;
Un doux
Bruit d "ailes L'annonce et me fait tressaillir,
Tant le désir De le posséder me harcèle.
Athanaël — l'ai-je compris ? — M'offre une énigme à quoi répondent
Mes cris
Qui sondent
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En vain, comme un astre la mer,
Son cœur d'éther Et l'amphore où ses jours se fondent.
Est-il de ces veilleurs de tours Qui, debout, 1 "épaule à l'épaule, A tour De rôle, Lancent Tappel qui vous induit
Du haut des nuits A frapper le mur de nos geôles ?
Pur esprit, vient-il protéger La science aux pétales doubles
Que j'ai.
Sans trouble, Reçue au sommet de mes chants
D'un arbre ardent Et que j'effeuille en l'onde trouble ?
Amour qui dors sous les arceaux D'églantier d'un matin fragile,
D'un saut
Agile, Rejoins-le, lorsqu'au ras du sol,
Il prend son vol Pour nager au ciel d'île en île.
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Suis son sillage de lait pur Tracé parmi les violettes
D'azur ;
Volette Autour de ses flancs d'enfant roi
Puis, oh dis-moi En quel vol bleuit sa retraite.
Peins-moi son domaine. Sût-il Masquer de feuilles sa fenêtre,
Subtil,
Pénètre Dans l'asile qu'il choisit pour
Vivre et parcours Un lieu que nul ne doit connaître.
Ecoute son silence si Pur auquel jamais les tumultes D'ici
N'insultent, Et le sommeil qui clôt ses yeux Offrant aux dieux Un miroir que Vénus consulte.
Pareil en sa morne splendeur Au flot sommé d'une mouette,
Mon cœur
Fouette
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D'une vierge écume son toit De ciel étroit Où n'atteint jamais l'alouette ;
Tous mes cris déployés jusqu'aux Frontières oii l'ombre répète
L'écho
Des fêtes Du soleil, ont jailli vers lui ;
Toutes mes nuits L'acclament roi de mes conquêtes.
Ange ou démon, il est mon bien.
Mais pourquoi le poursuivre ensemble, S'il vient A l'amble De la pendule au Bois dormant, Si les charmants Princes de l'ombre se rassemblent ?
Pourquoi chercher ? Né d'un espoir Nourri par ceux qu'un mal consterne,
Le soir
Hiverne Dans le clair de lune neigeux,
Où les doux jeux Des amants tournent et me bernent.
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Bientôt je le verrai. Bientôt Ses doigts rafraîchiront ma tempe.
Taïaut !
La lampe Chasse déjà, de sa lueur, Les loups flaireurs Des miroirs où ses cheveux trempent.
Tout l'annonce à mon souvenir Fait d'avenirs qui se concertent :
Soupirs
Des vertes Frondaisons, ondoyant propos
De fous pipeaux, Lent coucher des peines souffertes.
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