CHANT POUR LA FEMME
0 toi que je vénère à l'égal des chimères
Qui ont armé tes doigts de leurs griffes d'acier,
0 Femme, aux flancs flétris par Fteuvre de la mère,
Je dépose en tremblant ma louange à tes pieds.
Au fond d'un bouge aveugle à la lumière d'or, Parmi la double horreur de l'ivresse et des rides. Un jour tu m'as tendu l'embûche de ton corps Lové comme un serpent dans les ronces perfides.
Un jour, j'ai recueilli la volupté divine
Au putride relent de ta bouche édentée ;
La vieillesse et la mort qui griffaient ta poitrine
Ont veillé mon sommeil au verger dévasté ;
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Et quand le désir fauve élargissant ses ondes M'a grisé de son vin et souillé de sa lie, Chaque fois, j'ai senti, de la minute immonde, Me remonter aux dents Técume de la vie.
Femme ! j'allais vers toi, pèlerin de ton ombre, Mes vingt ans sonnaient clair sur le monde aux écoutes. Je cherchais dans le rêve aux tragiques décombres Les yeux vers qui l'on va pour prétexter sa route.
J'adulais chastement un idéal rageur El je priais les dieux qui savaient mon amour D'accorder la Très Chère et la Pure à mon cœur Avant qu'il descendît le versant de mes jours.
Ma vie abandonnée aux mains blanches d'Elvire,
L'hymen eût pu m "offrir sa froide majesté, Et, coquebin féru d'un spécieux délire, J'aurais voué mon rêve à la fécondité.
Mais toi qui n'étais pas encore dans ma couche, Mais toi qui m'apportas les fruits clairs de tes seins, Toi qui devais un jour faire saigner ma bouche Lutée à la blancheur perverse de tes reins,
POEMES INEDITS OU INACHEVES lOg
Tu devais m 'enseigner qu'il n'est pas de dictame Plus terrible et plus doux que l'ardente blessure Ouverte dans la chair fragile de la Femme Quand l'orage des sens t'ait tonner la Luxure.
Beaux yeux embus de pleurs, doigts annelés de bagues, Corps ivre du vin noir de la vie enchantée, Vous deviez m 'entraîner, roulé de vague en vague, Vers le rivage en feu dune autre éternité !
Capturé tout entier aux innombrables liens Que tresse sur mon cou ta chevelure torse, 0 Femme ! j'ai dompté en des jours anciens Les fauves qui peuplaient les jungles de ma force.
Sur tes seins divergents qui fleurissent ma bouche,
Maîtresse ! j'ai trouvé le refuge et l'asile
Et je t'ai embrassée en un élan farouche
Comme un python s'attache au torse nu d'un psylle.
Souviens-toi. Le grand lit s'ouvrait dans l'ombre large Pareil au livre austère et longtemps médité Où ton corps fastueux semblait inscrire en marge Le poème du sang et de la volupté !
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Souviens -toi
Par les aubes d'étain ou les midis de plomb,
Ma poitrine ajustée à ton ventre convexe
Que semblait couronner la mousse d'un vin blond,
Avidement j'ai bu la coupe de ton sexe.
Et les jours effarés fuyaient sous leurs Portiques I
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