‹ RégnerChapitre 66 sur 109 · PARC MORT · texte numérisé non relu

PARC MORT

Dans la clarté des frondaisons, Le parc lunaire, à mi-saison, A le faux air d'un Trianon.

Le rêve est net comme l'allée Crépusculâtre et d'affilée Entre deux songes d'azalées.

Où sont les rythmes des guitares, Les madrigaux subtils et rares Et les voluptueuses tares ?

Les êtres esquissant, fluets, Les pas menus d'un menuet Avec des gestes désuets.

0 Passé ! Passé ! Ombre étanche,

Rien ne subsiste à ta revanche,

Pas même un frisson dans les branches !

Bonheur ! négation d'autrefois, Je crois éperdument en toi !

Les frissonnants épithalames Des arbres verts me vont à l'âme.

Douceur de la sentir à moi.

Rose dun pue'ril émoi ;

De voir, dans les herbes petites, Les yeux naïfs des marguerites ;

D'entendre frémir le silence Alourdi des plaines immenses

Où l'alouette, ivre de vie, Clame une joie indéfinie.

Je ressens, après tant de larmes, La bienveillance de ces charmes,

Et comme au chant des barcarolles, Je me complais à ses paroles.

PAGES ANTHOLOGIQUES

Page 1