‹ RégnerChapitre 69 sur 109 · MORT PAISIBLE · texte numérisé non relu

MORT PAISIBLE

Toute beauté sur terre est le souffle d'un mort. J. B. CiJoiH.

Le soir est beau comme une femme Qui aurait mis tous ses parfums, Le vent pleure comme quelqu'un ; Je voudrais assouvir mon âme !

PAGES ANTHOLOGIQUES

0 Mort ! paisible et souveraine, Délivre-moi d'un corps obscène.

J'entends pleurer en moi les peines De ma pauvre enfance claustrée, Dont j'ai passé les heures vaines En une attitude prostrée.

0 Mort ! paisible et souveraine.

Délivre-moi d'un corps obscène.

Du fond de mes années moroses, Je te revois à mes côtés Epris de toi parmi les choses Dont tu ternissais la beauté.

O Mort ! paisible et souveraine.

Délivre-moi d'un corps obscène.

Entends le siècle par ma voix

S'éperdre vers ta nuit suprême,

Mon corps est lourd comme un blasphème

Qu'il me faut traîner jusqu'à toi.

0 Mort ! paisible et souveraine.

Délivre-moi d'un corps obscène.

Depuis trop longtemps on me leurre D'espoirs lointains en l'Harmonie, Je ne pense, l'âme ravie, Qu'à la majesté de ton heure.

0 Mort ! paisible et souveraine, Délivre -moi d'un corps obscène.

Le soir est beau comme une femme Qui aurait mis tous ses parfums, Le vent pleure comme quelqu'un ; Je voudrais assouvir mon âme.

Page 1