ABDIQUE, 0 ROI
Abdique, ô roi, ô petit roi de Chimérie, Tes peuples sont partis, rués à tes bastilles. Laisse là tes mignons, tes velours et tes filles. Prends la poste pour les frontières de la vie.
Ton âme assise au clair de sa fenêtre vive Attendrait-elle encor l'amoureuse Isménie Et n'entend-elle pas la canaille vomie Rugir aux parcs ésolériques de ta ville ?
Fuis ! fuis, en te gardant, ô roi, des mines neutres De ceux qui n'ont pas eu sur le front le grand feutre Des gueux et des aventuriers, aimeurs de filles ;
Pour qu'un grand de ta cour ennuyeuse et perfide Puisse crier dans la basse-taille des psaumes : « Le roi s'en va... Il avait mal à son rovaume. »
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