ACTE II , SCÈNE IL ai
J'ai dit : aux vains transports le calme a succédé , Et d'un commun aveu le peuple a décidé Qu'avec moi Régttlus viendrait sur ce rivage Présenter aux Romains les offres de Carthage. Ainsi donc à vos vœux il peut être rendu ; Mais sur sa téteencor le glaive est suspendu. Si le Sénat est sourd à l'espoir qui m'anime^ Les dieux carthaginois réclament leur victime. Régulus a juré d'accomplir leurs décrets; L'oracle est inflexible, et les bourreaux sont prêts.
LICINIUS
Ainsi, par vos rigueurs déshonorant la gloire , Du meurtre des vaincus vous souillez la victoire. Même après le combat toujours prêts à frapper, Votre victime en vain semble vous échapper.
Sans pitié, sans pudeur, votre lâche furie La poursuit jusqu'au sein des dieux deJa patrie.
AMILCAR
Le temps presse. Calmez cet imprudent courroux. N^ Pour maîtriser le sort soyez maître de vous. ^ Sur celui d'un héros quand ma voix vous éclaire , Je fais pour le sauver phis que je ne dois faire. Vous m'avez entendu. Songez que désormais On proscrirait sa tête en refusant la paix.
( Il sort. )