ACTE II , SCÈNE IV. aï
PUBLIUS
Sur son front immortel déjà le fer se lève-
ATTILIE.
Ciel !
PUBLIUS-
Le Sénat , dit-on, s^appréte à refuser La paix que dans ces lieux &n. va lui proposer. Ce refus, d'un héros consommera la perte.
S'il nous quitte, à Carthage où sa tombe est ouverte, D'implacables bourreaux ont juré son trépas.
LICINIUS
Cet horrible forfait ne s'accomplira pas.
J'en jure par vous, oui. Rebelle autant qu'impie ,
Si le Sénat est sourd aux vœux de la patrie ,
Je vous réponds du peuple ; éclairé par ma voix,
De la nature en pleurs il vengera les droits.
(A Publius.)
Je cours Fy préparer. Du haut de la tribune Où Rome par mes yeux veille sur l'infortune , Tandis que mes accens vont encor retentir, Rejoins nos légions, va, cours les avertir De Forage imprévu qui gronde sur nos têtes.
Qu'à marcher au besoin leurs cohortes soient prêtes; Le courage s'illustr'e en servant le malheur. Le Sénat vient ; sortez : mais bravant sa rigueur , Tribun , je puis m'armer d'un privilège auguste. Et combattre ses lois s'U cesse d'être juste.
ATTILIE.
O Mars, daigne écarter les maux où nous touchons.
a4 ftÉGULUS,
LICINIUS
Ne désespérez pas. Il est des dieux.
PUBLIUS
Marchons.
ATTILIE.
Oui^ du peuple et des lois invoquant la puissance. D'une famille en deuil embrassez la défense ; Et montrez à l'État qui vous prend pour soutien Un grand homme sauvé par un vrai citoyen.
LICINIUS
Je vous suis.